Olivier Pain (Yamaha) dans le sable
Olivier Pain (Yamaha) a été l'homme fort de la première semaine du Dakar 2013 | FREDERIC LE FLOC'H / POOL / AFP

Pain : "Je suis un électron libre"

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Pilote de pointe Yamaha au même titre que Cyril Despres, Olivier Pain aborde son huitième Dakar avec de l'ambition. Son passage en tête en 2013 lui a donné envie d'y revenir. Et pourquoi pas rester sur le podium à Valparaiso.

Vous avez passé quelques jours en tête sur le Dakar 2013, Vous considérez-vous comme un favori ?
Olivier Pain : "Comme un favori non mais comme un challenger. J'en ai conscience surtout grâce au Dakar passé. Je veux être dans la continuité. Yamaha m'offre l'opportunité de continuer mon challenge. J'y vais par étapes. L'an dernier, c'était le top 5, là c'est le podium. Et quand on se prépare pour le podium, toutes les marches sont accessibles. C'est tellement long et aléatoire sur un Dakar qu'on peut tout espérer mais je préfère rester sur ma logique, ma hiérarchie pour durer."

Vous pensiez aller aussi haut en 2013 ?
OP : "Je n'ai jamais été très ambitieux ou assez confiant pour me le dire. Parfois, il faut des Dakar comme ça pour en prendre conscience et continuer à aller de l'avant. Entre ce qu'on rêverait de faire et ce qu'on fait, il y souvent une marche. Il y en a qui se surestime. Moi je suis plutôt en dessous. Mais je sais que j'en suis capable et c'est pour cela que j'essaie de me préparer au mieux chez moi. C'est difficile de tout analyser et ne rien oublier car, même si je suis pilote officiel Yamaha, je reste amateur et je suis obligé de continuer à travailler à côté. Heureusement, l'entreprise familiale me permet de dégager un peu de temps à cette période-là. On verra le 5 janvier."

Quelle a été votre préparation pour accrocher le podium ?
OP : "Ca commence à être des petits détails. J'ai regardé autour de moi ce que faisaient les leaders. Aujourd'hui, il y en a un qui est avec nous (Cyril Despres, NDLR) et je vais essayer de prendre des leçons, de prendre ce qui me intéresse. Cyril a sa manière de faire. Moi j'ai la mienne. Ça fait quelques années (8e Dakar) et j'ai pris quelques petites notes sur le terrain. Aujourd'hui, j'ai essayé d'optimiser la préparation physique avec un préparateur. J'ai aussi travaillé ma technique, la nutrition. Plein de petits détails en fait. On rentre dans le très haut niveau, pas très loin du professionnalisme. Il ne me manque plus que le budget pour être un vrai pro. Mais je reste un passionné et je vois la partie résultat avant la partie financière."

Qu'apporte Cyril Despres depuis son arrivée chez Yamaha ?
OP : "Pour moi, pas grand-chose car je n'ai pas changé d'équipe. Les mêmes mécanos me suivent. De plus, Yamaha me permet de conserver un guidon pour jouer une place et pas pour faire porteur d'eau. Après, Cyril, avec ses cinq Dakar, amène de la pression sur Yamaha. Du coup, tout a été optimisé dans la préparation et la logistique. C'est un plus pour tout le monde. Je vais bénéficier du même matériel que lui. J'ai fait beaucoup de développement depuis 2011 et je connais bien la moto. Je ne vais pas forcément prendre ses réglages et je suis libre de faire ce que je veux."

L'avantage pour vous, c'est que la pression sera sur Cyril
OP : "On reste dans l'esprit d'une structure familiale. On n'est pas aussi fermé que peuvent l'être nos concurrents. Ça me convient bien. Je vais être un électron libre. Beaucoup plus que si Cyril n'était pas venu. On m'aurait peut-être mis la pression pour accrocher le podium à tout prix. Ce n'est pas le cas et ça me laisse l'esprit libre, concentré sur ma préparation, plutôt que d'être crispé sur la moto."

Ils seront nombreux les candidats à la victoire en moto
OP : "On voit ça depuis le renouveau du 450. Les marques recommencent à s'impliquer. Nous avons commencé en 2011 avec la nouvelle 450 YZF. L'implication de Yamaha France était minime avant de revenir plus fort aujourd'hui. C'était le starter. Aujourd'hui on voit d'autres marques s'investir et ça va faire une belle course. Avant on voyait une course monomarque avec toujours les mêmes pilotes qui gagnaient. Là on va être une quinzaine à espérer un top 5 voire un podium. Il va falloir jouer des coudes et être vigilant sur les deux semaines de course."

Comment vous voyez la course avec autant de prétendants ?
OP : "Le scénario idéal pour moi serait de faire comme l'année dernière mais à l'envers, c'est-à-dire en prenant la tête à quatre étapes de l'arrivée. Pour l'instant ce n'est qu'un rêve mais je l'ai dans un coin de ma tête. Il faut se méfier car il y a une étape marathon dès le troisième jour qui va aller haut en altitude. Il y aura des étapes sinueuses, d'autres sur le sable où il fera très chaud voire des orages. Ensuite il y aura la 2e étape marathon en Bolivie puis le redescente du Chili par les grosses dunes et le fesh fesh. Ça va encore être assez varié. Il va falloir se méfier et être au contact tous les jours. Je ne suis pas un énervé de la gâchette alors je vais essayer de gérer ma course, d'être régulier. Un peu comme l'an dernier et en deuxième semaine jouer des coudes pour faire sa place sur le podium."

Les étapes longues, ça vous fait peur ?
OP : "Par rapport aux autres rallyes préparatoires d'une semaine où les journées sont moitié moins longues, un Dakar comme ça, ça use. Quelques fois, il peut y avoir plus de liaisons que de spéciales mais il faut quand même les passer ces heures sur la moto. C'est comme ça que j'aime le Dakar. Je préfère l'endurance car il va falloir gérer plus son temps plutôt que de faire 200 km à fond sans trop se fatiguer. Ça me convient mieux."