Les pays soignent leur image

Les pays soignent leur image

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Depuis l’Argentine, en passant par le Chili, et aujourd’hui le Pérou, les pays hôtes n’ont eu de cesse de mettre les petits plats dans les grands. C’est que la visibilité qu’offre un événement de cette envergure est sans commune mesure avec ce que pourraient espérer ces pays par ailleurs.

Dans la saine concurrence que se livrent différentes nations pour accueillir le Dakar, il y a une volonté farouche de toucher un public le plus large possible, surtout par la télévision. Le Dakar fait plus pour le tourisme et le développement de l’image d’un pays, que n’importe quelle campagne. Alors bien sûr, ces pays sont fiers d’entrer dans l’histoire d’une des compétitions les plus importantes au monde. Beaucoup de responsables politiques ne s’y sont pas trompés en se déplaçant sur les bivouacs, pour rencontrer d’autres décideurs et les organisateurs du rallye dans le carré VIP. Leur préoccupation était sans doute plus générale que sportive. Mais cela importe peu. Ce qui compte, c’est l’exposition médiatique.

Pour les puristes évidemment, l’'âme de Dakar n'est pas seulement une affaire de logistique, de moyens ou de chiffres. L'âme de Dakar s’est forgée principalement dans le courant de sa récente grande histoire par les petites histoires qu’elle a engendrées et par l'affection mutuelle entre le public et les pilotes. Tant au départ à Mar del Plata, que sur toutes les étapes lorsque cela était possible, les petits et les grands enfants ont apporté leur témoignage et manifesté leur admiration à ces nouveaux forçats des pistes. Et ce sera sans doute encore le cas dimanche à l’arrivée à Lima. Mais force est de reconnaître que pour les pays qui ont reçu l’honneur de recevoir l’événement, l’intérêt est bien ailleurs.

Leurs paysages, leurs cultures, le fait même de démontrer leur capacité à assurer cet accueil leur donne une véritable aura sur la scène internationale. Et c’est bien avant tout ce qu’ils recherchent. La vérité oblige à dire que partout, le Dakar est traité de façon très particulière, avec beaucoup de respect et relativement beaucoup de souplesse administrative même si en quelques occasions, une certaine rigidité peut paraître désagréable. Les pays-hôtes doivent soigner leur image s’ils veulent que le Dakar la soigne également. C’est pourquoi à chaque étape, ils en profitent pour présenter leurs particularismes artisanaux, culinaires, leurs richesses artistiques, tout en vantant la beauté de leurs sites.

A cela tout est fait dans les villes traversées pour que le public accompagne la caravane. Dans la région de Tacna, au Pérou, par exemple, le gouvernement régional a décidé que la journée ne serait pas travaillée pour qu’il le soit le plus nombreux possibles sur les points de passage.

Dimanche pour le final, le Dakar fera une entrée triomphale dans la ville des Rois où, en même temps que les machines seront sous le feu des projecteurs, Lima et le Pérou tenteront de marquer un nouveau point pour se positionner pour une prochaine édition.

Christian Grégoire