Une page de road-book
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Le road-book, la bible du pilote

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Un Dakar est plus qu'un rallye, c'est une construction. Un travail de longue haleine pour dessiner un itinéraire. Mais après la conception du parcours, il faut l'écrire: c'est le fameux road book, le programme détaillé étape par étape. Une bible très précieuse que doivent suivre avec précision les concurrents. C'est l'itinéraire officiel.

Kilomètre après kilomètre, les cases du road-book se remplissent, signalant la traversée d'un rio, le changement de direction, les points particuliers, les carrefours, les chemins glissants ou les trous pouvant être dangereux. Un puzzle patient qui donne lieu à des croquis précis puis l'établissement du livre définitif qui deviendra le compagnon indispensable de tous ceux qui veulent s'attaquer au rallye.

Car quelques concurrents, et on l'a déjà vu sur ce Dakar, ont parfois de douloureux égarements. Pourtant tout est inscrit sur le road-book. Les pilotes savent normalement ce qui les attend et comment ils doivent aborder les mètres à venir.  Ils savent aussi qu'ils doivent obligatoirement passer par des "waypoints", des points de passage prédéfinis et utilisent pour cela leur GPS. En temps ordinaire, ce GPS n'a pas d'activité sur le positionnement et la cap, mais fonctionne comme une simple boussole. Il se met d'abord en fonctionnement normal lorsqu'un concurrent entre dans un rayon de 3 km du waypoint; puis il intervient sur les points de passage en enregistrant automatiquement  la validation du waypoint lorsqu'un véhicule passe à moins de 200 mètres de celui-ci. Mais là encore attention ! Comme pour les CP sur les spéciales, chaque waypoint manqué entraîne une pénalité de deux heures.

Rouleau de papier distribué chaque soir pour l'étape du lendemain, le road-book est donc d'une importance primordiale puisque non seulement il indique l’itinéraire que chaque concurrent doit suivre scrupuleusement, mais aussi des indications précieuses sur les dangers qu'il lui faudra surmonter.

Jean-Pierre Fontenay, double-vainqueur de l'épreuve, aujourd'hui en charge des reconnaissances, raconte une drôle d'aventure à Arica: "Outre l'amplitude thermique (35° au plus chaud de la journée et 4° la nuit) nous sommes passés à Arica peu après une journée historique. Des pluies torrentielles venaient de s'abattre sur la région et avaient mis fin à une sécheresse centenaire. C'est donc dans un paysage transformé que nous avons dû nous frayer un chemin pour essayer pour réaliser le road book d'être le plus fiable par rapport aux conditions de course. Ce fut aussi un rare privilège de voir un Atacama couvert de fleurs et de verdure. Une prairie en plein désert, en quelque sorte".  

Christian Grégoire