Le Dakar change de continent
Le Dakar change de continent. En 2020, ce sera le Moyen-Orient avec l'Arabie Saoudite au programme | FRANCK FIFE / AFP

Le Dakar pose ses roues en Arabie Saoudite

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C’est désormais officiel : après 11 éditions sud-américaines, le Dakar change de continent. Cap sur le Proche-Orient et l’Arabie Saoudite, 30e pays traversé par le plus célèbre – et le plus contesté - des rallyes raids. A la clé, on évoque un contrat mirifique de 5 ans.

On parlait d’un retour aux sources. De l’Afrique du Sud, de la Namibie, voire de l’Algérie. Ce sera l’Arabie Saoudite ! « Le Dakar est un nomade, explique David Castera, le nouveau patron du rallye. L’idée première, c’est la découverte, l’aventure. C’est une attente de tout le monde. On a eu l’Afrique puis l’Amérique du Sud. On va écrire l’acte 3 du Dakar au Moyen-Orient. » Une 42e édition disputée exclusivement dans le pays hôte - à l’instar du Pérou l’an dernier - avant, pourquoi pas, une possible ouverture aux pays voisins, comme la Jordanie. « C’est grand comme quatre fois la France, on va pouvoir y passer un peu de temps, reprend Castera. Il y a des pays voisins qui pourront être ajoutés petit à petit. Tout un Moyen-Orient s’ouvre à nous pour les années à venir. » Ce qui est sûr, c’est que la région ne manque pas de sable. Le rallye posera ses malles quelques jours dans le  « quart vide »,  la plus grande étendue de sable au monde. « C’est des dunes à perte de vue, presque trop », rigole déjà Castera. Côté Mer Rouge, c’est plus montagneux. « On va avoir un vrai rallye, assure-t-il. Grosse richesse de rallye-raid : sable, navigation, découverte, montagne. »

« Je n’ai jamais mis les roues là-bas ! » s’amuse Cyril Desprès, quintuple vainqueur moto. « J’ai jeté un œil sur Google, j’ai regardé quelques images, à première vue il y a un peu de tout ! C’est un nouveau gros chapitre qui s’ouvre. » « Découvrir un nouveau pays, c’est toujours excitant. C’est le principe même de la discipline » note Christian Lavieille, fidèle de l’épreuve. « On part dans l’inconnu. On entend tellement de choses sur l’Arabie… » A bout de souffle, parvenu à la fin d’un cycle (11 ans en Amérique du sud après 30 ans en Afrique), le Dakar se devait de se réinventer. De proposer autre chose. « Ça va permettre de relancer la machine. Sportivement, ça va être très intéressant », s’enthousiasme Mathieu Baumel, vainqueur sortant avec Nasser Al-Attiyah. « Cette région, c’est le terrain de jeu de Nasser ! N’oublions pas qu’il compte 14 titres du Moyen Orient –un record !- en rallye traditionnel. Ça promet d’être sympathique !» Une équipe de travail est déjà sur place, avant les reconnaissances -2 phases de 15 jours- programmées en septembre et octobre.

VIDÉO : David Castera, nouveau patron du Dakar, explique ce choix

Jackpot pour ASO, Réveil matinal pour les copilotes

Ces deux dernières années, Chili et Argentine en tête, les pays sud-américains rechignaient à remettre chaque année la main à la poche. Le chèque demandé - de 2 à 5 millions de dollars, selon les sources - était de plus en plus dur à signer pour des gouvernements ayant d’autres priorités. Les chiffres les plus fous circulent sur le nouveau contrat : on parle de 15 millions de dollars par édition, sur une durée possible de 5 ans. L’EuroMillions à coup de pétrodollars pour ASO ! Sur le plan sportif, les grands gagnants sont les ...copilotes. Il faut remettre la navigation au centre, justifie David Castera. C’est l’essence même du rallye-raid.  On travaille sur la remise du road-book pour qu’il y ait une égalité entre les concurrents. » Si rien n'a filtré officiellement, l’autre grande nouveauté du Dakar 2020 devrait être la distribution du road-book …le matin même aux équipages ! Histoire de mettre un terme aux « embrouilles » des dernières années et aux fameux road-books « clés en mains » livrés chaque matin en 3D par les mapmen des écuries officielles. « C’est une bonne chose », considère Mathieu Baumel. «Qu’on nous le donne 15 minutes avant le départ ! On vérifie qu’on a bien toutes les pages, on note 2/3 gribouillis et on s’en va. Je suis pour !» Une solution radicale testée récemment sur le Merzouga Rally, et dès octobre prochain au rallye du Maroc, dont l’organisateur n’est autre que David Castera, le nouveau boss du Dakar !

Nasser Al-Attiyah et Matthieu Baumel, les vainqueurs du Dakar 2019 sur Toyota
Nasser Al-Attiyah et Matthieu Baumel, les vainqueurs du Dakar 2019 sur Toyota © ERNESTO BENAVIDES / AFP

>Son prédécesseur, Etienne Lavigne, est lui dans le viseur de la justice bolivienne. Elle accuse l’ancien patron de la course de « falsification de documents et usage de faux ». A l’origine de la requête, une plainte déposée par Juan Carlos Salvatierra, pilote bolivien de la catégorie quad, dont la participation au dernier Dakar a été refusée par ASO pour une question d’homologation… Autre signe du renouveau amorcé, le Dakar et le Silk Way (le « Dakar » de l’Est) devraient réintégrer le calendrier officiel de la Coupe du Monde des rallyes raids, dés 2020. Départ de Riyad, arrivée à Djeddah, où l’inverse : il faut encore patienter pour connaître les subtilités du tracé. On en saura plus le 25 avril prochain, jour de la conférence de presse officielle, organisée…sur place ! Pour le reste, comme le dit Nasser Al-Attiyah, tenant du titre, « le sport est au-dessus de la politique. » But OK…

Par Gaël Robic et Xavier Richard

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