Etienne Lavigne
Etienne Lavigne le patron du Dakar | FRANCK FIFE / AFP

Lavigne : "Le Dakar est dur par essence"

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Le Dakar a construit son histoire sur la difficulté de ses parcours. Etienne Lavigne a décidé de garder le côté carte postale des paysages sud-américains mais de corser le tracé pour ses concurrents de la cuvée 2014. "C'est dans la génétique de cette épreuve", a commenté le directeur du rallye-raid.

Ce Dakar 2014 s'annonce corsé. Il fallait muscler le jeu ?
Etienne Lavigne : "Oui c'est un retour aux sources pour les étapes marathons des motos et quads et pour la première fois des parcours distincts pour des compétitions différentes. Trois pays, deux itinéraires, treize jours de course, 9.000 km dont 5.000 de spéciales et la promesse d'avoir des territoires assez fabuleux pour dérouler ce Dakar 2014."

Pour sa 6e édition en Amérique du Sud, le Dakar s'est-il enfin adapté à  l'Amérique du Sud ?
EL : "Quand on regarde dans le rétroviseur entre la première édition en 2009  et maintenant, on avait quand même acquis assez d'expérience et de maturité au  bout des deux premières années, par rapport à la géographie très particulière  de l'Amérique du Sud, pour offrir des paysages encore plus audacieux. Ce  changement a été bénéfique. Sur le Dakar, il y a 50 nationalités, on n'a jamais été aussi international, que ce soit en terme de concurrents ou de diffusion TV. L'an passé, au moins un milliard de personnes a vu des images de la course. Le rayonnement est énorme".

Quel élément vous satisfait dans le tracé de cette édition ?
EL : "Ce qui me fait plaisir cette année, c'est de faire découvrir la Bolivie  à une partie des concurrents, les motards, parce qu'on plonge là vraiment au coeur du continent sud-américain. Avec des terrains absolument incroyables de  variété et de difficulté, on est un peu dans la génétique de cette épreuve. Ce  qui nous motive c'est d'emmener les gens à travers des pays différents, qu'ils  ne connaissent pas. Clairement on est dans l'aventure, ça laisse une part au  hasard, au risque. On est à plus de 5.000 km de spéciales, donc c'est une belle  virée, en partant quasiment de la rive la plus à l'est de l'Atlantique pour  finir sur le Pacifique, c'est assez exceptionnel. Le Dakar reste le plus grand  rallye du monde, le plus dur par essence, couru en plein été avec des chaleurs  infernales. C'est indiscutable à la fois par le plateau, mais aussi par le  nombre de véhicules d'assistance".

L'image du Dakar est liée à la pollution alors que l'organisation  compense l'impact carbone de la course...
EL : "On aide en effet une association qui lutte contre la déforestation de  l'Amazonie. C'est clairement un volontarisme budgétaire même si on le fait  parce qu'on pense que c'est important. Les pays qu'on traverse communiquent  toute l'année sur leurs paysages et leurs beautés naturelles, ils nous mettent  une grosse pression - légitime - qu'on accompagne volontiers pour faire les  choses proprement et correctement, avec notamment un suivi archéologique sur le  parcours. Nous sommes les seuls à faire ça alors que notre impact carbone  correspond à deux GP de F1. Donc le regard que certains portent sur l'image du  Dakar est décalée par rapport à la réalité de son organisation aujourd'hui".

Que vous inspire le nombre stable des participants ?
EL : "Ce sont des chiffres exceptionnels quand on connaît le contexte actuel.  En moto, depuis plusieurs années maintenant, on sélectionne les motards pour  contrôler le niveau. Cette année, on a refusé environ 50 concurrents car on  estime qu'ils ne sont pas prêts. Cela se ressent dans le nombre de motos et de  quads qui terminent, parce qu'on a des gens bien mieux préparés qu'il y a une  quinzaine d'années sur le plan physique et mental. On les accompagne davantage,  par exemple avec des hélicos supplémentaires, et on les sensibilise beaucoup  plus. On organise deux sessions de préparation à Paris et à Buenos Aires et ils  peuvent également aller sur notre site intranet avec des modules de formation".

La Bolivie va faire des envieux
EL : "Il y a certainement des jaloux. On ne peut pas emmener tout le monde pour des problèmes d'itinéraires et de logistiques. Pour monter à Uyuni, il faut une vraie volonté car c'est haut, escarpé. On monte à plus de 4.000 m dans certains cols et il n'y a qu'une piste pour y aller. On est très nombreux sur le Dakar et cette année ce ne sera que pour les motos et quads."

Quel plateau pour cette édition 2014 !
EL : "Une grosse baston en moto avec les meilleurs pilotes de la discipline répartis chez KTM, Yamaha et Honda. C'est un rendez-vous qui est acté. En auto, il y a l'armada des onze Mini X-Raid face aux buggys de SMG de Carlos Sainz et Ronan Chabot. C'est une très belle voiture réalisée par Philippe Gache, très profilée. Ford et Toyota sont eux toujours en quête d'un podium."

Il ne manque que Peugeot…
EL : "Il y a beaucoup de rumeurs. On verra s'ils viennent ou pas en 2015…"