Christian Lavieille (Buggy Dessoude)
Christian Lavieille et Jean-Michel Polato (Buggy Dessoude) au départ de Lima | GERALDO CASO / AFP

La nouvelle vie de Christian Lavieille

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Compétiteur dans l’âme, Christian Laveille essaye de cacher sa frustration. Au volant du modeste buggy Dessoude, il suit à bonne distance le combat des chefs en essayant de commettre le moins de faute possible. 18e du classement général, l’ancien champion du monde de moto.

 

Depuis trois jours, le buggy rouge N.318 navigue entre la neuvième et la trentième place. Au gré des infortunes de ses concurrents, Christian Lavieille entretient l’espoir d’un top 20 plutôt inespéré au départ de Lima. « C’est bien avec la voiture que l’on a », confie-t-il.  Plutôt habitué à conduire des protos, le Varois a découvert sa monture en arrivant à Lima. Le buggy avait roulé dix kilomètres avant que le protégé d’André Dessoude ne le test avant le passage aux vérifications. On a connu meilleure préparation avant un rallye aussi exigeant que le Dakar. « Bien sûr, c’est moins excitant qu’un proto mais c’est une très bonne auto rapport qualité/prix. »

Découverte mutuelle

Comme un couple qui se rencontre, Lavieille et son Juke doivent apprendre à se connaître avant d’aller plus loin dans leur relation. Chaque jour, le pilote teste sa machine et demande des ajustements en rentrant au bivouac.  « On a bien modifié l’auto depuis Lima, confirme-t-il. On roule au rythme de l’auto mais je sens déjà où sont les limites des suspensions. » Parmi les points positifs, il y a la découverte du gonflage-dégonflage des pneus autorisé aux deux roues motrices. « C’est sympa de jouer avec ça dans les dunes ».

Condamné au sans-faute

Limité par sa puissance, le buggy N.318 utilise d’autres armes pour briller. Celle des artisans, la régularité. Une tactique qui ne fonctionne que s’il y a de la casse chez les « grands » et qui n’autorise pas beaucoup de jokers. Christian Lavieille et Jean-Michel Polato en ont grillé un dès le deuxième jour sur une erreur de navigation. Une faute et c’est la double peine. Celle du temps et de la position sur la piste le lendemain. « Dimanche, on a perdu une heure bêtement. On n’a pas été bon. Du coup, lundi on s’est retrouvé assez loin au départ. Rouler derrière, c’est vraiment difficile. On a mis dix minutes pour doubler un Iveco. » A Arica, l’équipage a pris la trentième place ce qui ne devrait pas être trop handicapant pour la spéciale en direction de Calama. Ce nouveau couple a encore 6261 kilomètres pour s’apprécier. Et plus si affinités.