Isabelle Patissier (au centre) avec Thierry Delli-Zotti lors de la journée de repos à Copiapo
Isabelle Patissier (au centre) avec Thierry Delli-Zotti lors de la journée de repos à Copiapo |

Isabelle Patissier

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Figure du Dakar depuis désormais dix ans, Isabelle Patissier reste un des personnages les plus intéressants du rallye, par son parcours atypique, et son attachement à l'épreuve. Seule femme pilote auto, elle ne fera sans doute pas mieux que l'année dernière (16e). Mais convaincue qu'elle a fait de son mieux, même si cela ne la satisfait pas, elle garde toujours le même attachement au Dakar.

Championne du monde d'escalade à 21 ans, Isabelle Patissier s'est ensuite tournée vers l'automobile et a connu une ascension vertigineuse sur le rallye-raid. En 2002, elle participait à son première compétition, et l'année suivante elle courait son premier Dakar.

Avec son co-pilote et compagnon à la vie, Thierry Delli-Zotti qui participe au Dakar depuis 25 ans, elle s'est engagée en visant une place dans le Top 15. D'autant qu'elle comptait sur une meilleure maîtrise de son Oryx Buggy du Team Dessoude. Cela ne s'est pas vraiment passé comme elle l'espérait mais dit-elle dans un sourire, cela n'a rien à voir avec la préparation..

"Dans tout ce que j'ai fait, j'ai toujours bien préparé les choses. Il est difficile de changer. Je suis venu en Argentine une semaine avant le debut de l'épreuve. Et je me suis mis dans les conditions. Il faut que vous compreniez que les conditions vont se durcir. Vous passez d'une vie confortable avec de la notoriété, des réceptions, à des journées très dures de compétition, avec beaucoup de difficultés, une souffrance mentale et de l'épuisement. Vous vous retrouvez brutalement à vous lever à cinq heures du matin pour attaquer du sable et à changer vos habitudes. Mais c'est ce qu'il faut faire, être dedans en permanence".

"Certains me demandent si j'aime vraiment la course auto ou si j'aime le Dakar. J'aime surtout le contact avec les gens. Mais je ne dois pas trop me disperser et me concentrer sur l'épreuve. Je ne dois pas perdre de vue mon objectif, ni laisser trop d'énergie par ailleurs, ce que j'ai parfois du mal à faire. Quelque soit ce qui arrive, mon premier objectif c'est d'en profiter. J'aime la vie et c'est vraiment un privilège et un plaisir de participer. Viennent après les ambitions sur la compétition. Mais La première raison reste la passion. Je suis une championne qui cherche toujours de nouvelles motivations. J'ai trouvé tous les ingrédients de ce que je cherchais dans le Dakar: les rapports humains, le dépassement de soi, l'engagement; alors j'y reviens chaque fois en essayant d'avancer".

Christian Grégoire