Le buggy SMG piloté par Ronan Chabot
Le buggy SMG piloté par Ronan Chabot | FRANCK FIFE / AFP

Gache, l'artiste du buggy

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Loin des budgets colossaux de Mini et Qatar Red Bull, l’écurie SMG se bat pour exister. Spécialisée dans les buggys, la structure de Philippe Gache commence à pointer le museau dans les premières places. Tout proche de la victoire, Ronan Chabot a finalement pris la 4e place de la 2e étape, position qu’il occupe également au général.

Le coup n’est pas passé loin. Sven Quandt, patron de X-Raid qui engage les Mini officielles, a regardé Luc Alphand en lui demandant « Mais c’est qui ce Chabot ? » Si l’état major de Mini n’est pas le plus fun du Dakar, il déteste surtout voir des « petits » buggys lui voler la vedette (lire Gache répond à Quandt). Les voitures de SMG dans la cour des grands, c’est l’un des contes de fée de ce Dakar 2013. Son patron Philippe Gache a savouré quelques secondes avant de se remettre au travail. « Globalement on est content car on sait qu’on peut animer la course, explique Gache. On a des bonnes voitures, des bons pilotes et copilotes. Il faut faire du bon travail maintenant. » Le podium ou même le top 5, on ne veut pas y songer. Il est beaucoup trop tôt. « On va vivre au jour le jour, reprend le boss de SMG. Ce rallye est trop long pour faire des pronostics. Maintenant, pour enfoncer le clou, il faudra faire quatorze belles journées. Il en reste encore douze…"

Enfoncer le clou

La prudence de Gache vient de ces petits pépins qui peuvent gâcher une belle journée. Tout peut arriver sur un Dakar et l’équipe l’a vécu dimanche avec un bilan final contrasté. Chabot était devant mais le problème de Chicherit, qui a cassé une transmission après un banal gonflage de pneu, a coûté cher. « Oui c’est une journée très contrastée car on a une très belle place de Ronan Chabot mais dans le même temps Gerlain Chicherit a eu des petits soucis. C’est embêtant car ça lui a coûté une demi-heure. Il ne faut plus que ça arrive donc on travaille dessus. » Chez SMG, pour rivaliser avec les meilleurs, on a moins le droit à l’erreur. Mais on ne changerait pour rien au monde la philosophie du team.

Buggy Spirit

Depuis dix ans, SMG construit des buggys pour le Dakar. Un choix auquel le patron s’y tient en faisant évoluer ses autos d’année en année. « On est vraiment spécialisé, on progresse et on ne reviendrait pas en arrière. Ce sont des voitures très plaisantes à conduire et sans doute les plus spectaculaires. C’est aussi plus télégénique et ça doit plaire aux téléspectateurs. Et puis les gens adorent ce côté Goliath contre David. » Le buggy de Chabot, c’est le 22e construit cette année par SMG. Le plus beau ? Forcément. « La dernière voiture est toujours mieux que l’avant-dernière. C’est de la compétition et il faut progresser sans cesse, nous explique Gache. C’est tout le temps évolutif et la prochaine voiture sera encore mieux. Et l’année prochaine encore mieux. Il faut aussi s’adapter aux règlements. On est en recherche permanente et c’est ce qui rend les choses sympas. »

Patron à plein temps

Et si 2013 était l’année d’un buggy ? Depuis 2000 et Jean-Louis Schlesser, pas un seul deux roues motrices ne s’est imposé sur le Dakar. « On y arrive doucement. Il y  a aussi eu le choix des constructeurs de venir en quatre roues motrices. Ce sont eux qui mettent le plus de moyen. Ils ont tiré les T1 vers le haut mais on rattrape notre retard petit à petit. » Rangé du pilotage sauf pour mettre au point son buggy, Philippe Gache est un ambassadeur de choix pour ce type d’auto. « Il faut savoir rester à sa place. J’ai des responsabilités. Pour mener les voitures à un certain niveau et être professionnel, on ne doit faire que ça. Le volant, ce n’est plus ma place. » Il est vrai qu’avec Chicherit, Chabot, Errandonea et Sousa, le team SMG a déjà du beau monde pour accrocher le top 5.

Vidéo : présentation du Buggy Team SMG

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