Marc Coma et Cyril Desprès
Marc Coma (à gauche) et Cyril Desprès (à droite) | Maragni M. KTM Images

Desprès-Coma et les Mini à la fête en Argentine

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La neige ayant contraint les organisateurs à annuler la 6e étape du Dakar, c'est donc en convoi que les participants ont quitté l'Argentine pour rallier le Chili. Après cinq jours de course, deux constats s'imposent. En motos, le duo de triples vainqueurs, Cyril Desprès et Marc Coma, sont à des années lumières des autres motards (4 victoires en 5 spéciales). En autos, les Minis ont également fait 4/5, et trustent les 3 premières places du classement général.

Cela fait six ans qu'ils s'échangent les victoires sur le Dakar. Depuis 2005, personne n'a réussi à mettre fin à la suprématie de Marc Coma et de Cyril Desprès. Trois victoires chacun dans le plus dur rallye-raid, ce duo n'a pas été perturbé par le départ d'Afrique pour l'Amérique du Sud. Bien évidemment, les disparitions tragiques de Richard Sainct et de Fabrizio Meoni, la supériorité incontestée des KTM, ont participé à cette suprématie. Ce n'est donc pas une surprise de voir les deux hommes aux deux premières places, d'autant qu'ils ont remporté quatre des cinq premières spéciales chronométrées. Du coup, le premier concurrent, en l'occurrence Helder Rodrigues sur Yamaha, se trouve relégué à plus de 45 minutes au classement général. Pour les autres motards, la course se fait donc uniquement pour la 3e place, à moins d'un gros problème du duo de tête. Pour la victoire, l'avantage va pour l'instant à Cyril Desprès, qui a bien géré son début de course et qui n'a surtout pas commis d'erreur, au contraire de l'Espagnol. Plus de 10 minutes de perdues lors de la 3e étape pour un problème de navigation, cela coûte cher face à un tel adversaire. Mais rien n'est fait entre les deux hommes après l'Argentine.

Dans la catégorie des autos, la suprématie des Volkswagen a été remplacée par celle des Mini. Contrairement aux motos, les écarts ne sont pas encore définitifs, mais là-aussi, quatre victoires sur cinq spéciales sont venues récompenser leur rapidité et leur fiabilité. Avec un pilote différent pour chaque victoire en spéciale, le suspense reste entier. Mais avec ses neuf victoires au compteur dans cette épreuve (6 victoires en motos, 3 en voitures), Stéphane Peterhansel sait gérer le temps et surtout les périodes de vache maigre. Pour égaler le record d'Ari Vatanen (4 victoires en autos), il sait qu'il ne fait pas forcer sa chance. Avec Holowczyc, Roma et Novitskiy, le Français est confronté à trois adversaires redoutables, équipés de la même monture. Comme chaque année, les Hummer étaient très attendus, surtout avec le tenant du titre Nasser Al-Attiyah au volant de l'un d'eux. Mais malchance et petits problèmes ont renvoyé le Qatari, qui a découvert sa voiture juste avant le début du Dakar, à plus de cinquante minutes de "Peter" au général, alors que Robby Gordon, toujours aussi offensif et spectaculaire, demeure en embuscade à 13'32. Quant à Giniel de Villiers, vainqueur de l'édition 2009, la première sur le continent sud-américain, sa Toyota est elle-aussi proche de la lutte, à 21 minutes du leader. Il paraît néanmoins peu probable que la lutte pour la victoire concerne une autre voiture qu'une Mini.

Avec encore plus de 2800km de spéciales, le Chili et le Pérou à traverser, les concurrents ont encore bien des occasions de perdre du temps, ou d'en gagner.

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Thierry Tazé-Bernard @thierrytaze