Des partenaires au service des concurrents

Des partenaires au service des concurrents

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Comme dans toutes les épreuves de cette envergure, le Dakar s'appuie évidemment sur un réseau de partenaires, dont certains sont historiques, et qui ont un rôle qui va bien au-delà d'une simple présence de marketing ou de communication. Réunis dans le "Dakar Service Center" ils sont véritablement au service des concurrents.

Les partenaires interviennent et accompagnent les concurrents dans différents domaines, en leur apportant une expertise et un savoir-faire technique.
Que ce soit en matière de fournitures et d'approvisionnement de carburant dans les meilleures conditions, d'étanchéité, de soutien et de conseil sur les amortisseurs ou le nettoyage, ils apportent sans aucun doute une valeur ajoutée que les concurrents recherchent volontiers. "Bien sûr, c'est une opération de partenariat, donc c'est une vitrine", explique-t-on chez Total. "Nous sommes là depuis toujours et nous installons notre image. C'est de la communication. Mais c'est surtout une présence. La marque que l'on vante, elle représente pour tout le monde ici quelque chose de concret". Même son de cloche chez BF Goodrich. Le manufacturier n'est pas là que pour promouvoir ses pneus. Il apporte de précieux conseils et se sert aussi du laboratoire qu'est le Dakar. "Nous nous servons de ce qui se passe et de ce que nous pouvons voir sur des terrains difficiles, en matière d'usure et de résistance pour développer de nouveaux pneus prototypes. Nous fournissons 70% des autos du Dakar et pour mériter cette confiance, nous sommes à l'écoute de ce que nous disent les pilotes. Il faut que nous soyons capables d'analyser et d'améliorer tout ce qui concerne le terrain, les conditions, et les contraintes mécaniques des véhicules. Il faut que tout cela nous soit utile. Nous aidons les pilotes, mais ils nous aident aussi par leurs remarques".Chez Loctite, on se sert de la notoriété du Dakar pou faire la promotion de ses produits et faire de nouveaux essais C'est terrain des plus extrêmesqui leur permet de tester une gamme de produits spécialement conçus pour lamaintenance et la réparation automobile.    

S'ils sont plutôt tranquilles dans la journée sous leurs tentes, les partenaires sont pris d'assaut après l'arrivée des concurrents. C'est alors que débute leur deuxième activité, après celle plus traditionnelle qui consiste à faire flotter leur drapeau au vent de la publicité et à fournir quelques informations par ci par là. Une activité de services dans laquelle ils excellent. Les techniciens répondent volontiers aux demandes des concurrents et les satisfont s'ils le peuvent. C'est une sorte d'atelier secondaire, comme un garage mécanique qui traiterait ses clients.A la différence près que les relations sont particulières, puisque ce sont des gens qui parlent la même langue, qui ont le même souci technique et savent où ils veulent aller. Ils ont surtout les mêmes intérêts. Que la réparation soit réussie, que le service soit efficace pour que la voiture puisse repartir le lendemain dans les meilleures conditions. C'est la satisfaction d'être nécessaire et utile pour les partenaires, et pour les pilotes celle de pouvoir compter sur des produits adaptés, et d'excellents équipes techniques pour résoudre leur problème. C'est en quelque sorte un échange de bons procédés, où l'on cherche des solutions pour rester dans la course. C'est d'autant facile que le Dakar est un village où tout le monde finit par se connaître et par échanger.

Le partenariat tel qu'il est conçu sur le Dakar n'a donc rien d'un simple contrat d'image. Ce serait plutôt un contrat de service où chacun y trouve son compte.Ces spécialistes de "l'assistance bis" peuvent aider à  résoudre des situations parfois difficiles et permettre aux pilotes, surtout les amateurs toujours en quête de soutien technique, de les associer un peu dans leur aventure. 

Christian Grégoire