Dakar 2020 : Le Français Mathieu Serradori (SRT Racing) s'offre la première victoire de sa carrière devant Fernando Alonso (Toyota)

Publié le , modifié le

Auteur·e : Emilien Diaz
Mathieu Serradori
Mathieu Serradori | AFP

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Un pilote français peut en cacher un autre. Alors que Stéphane Peterhansel (Mini) s’était illustré jusque-là avec deux victoires d’étape, c’est Mathieu Serradori (SRT Racing) qui s’est imposé ce lundi chez les autos, lors de la 8e spéciale disputée autour de Wadi Al Dawasir. Au volant d’un buggy sud-africain, le Varois a devancé Fernando Alonso de 4’04 et Orlando Terranova (Mini) de 6’19. Sa première victoire en rallye-raid. L’étau se resserre au général au terme d'une journée compliquée pour les leaders.

Il n’était pas le plus attendu cette année mais l’air de rien, Mathieu Serradori fait son petit bonhomme de chemin. Régulièrement placé depuis le départ de Jeddah (8e au général), à l’affut de la moindre faute des leaders, le Français a profité d’une journée mouvementée chez les cadors pour décrocher la première victoire de sa carrière. Efficace dans la navigation, il a franchi la ligne d’arrivée après 3h48 et 23 secondes devant un Fernando Alonso (Toyota) qui n’en finit plus de surprendre et Orlando Terranova (Mini). Le trio de tête Sainz, Perhansel, Al-Attiyah termine loin, avec des écarts importants synonymes de resserrement significatif au général. Rien n’est encore joué dans ce Dakar 2020 !

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Premier à s’élancer ce lundi matin, Carlos Sainz (Mini) a dû ouvrir la piste en redoublant d’attention. L’absence de traces, conséquence de l’annulation de l’étape moto/quad après le tragique accident de Paulo Gonçalves, a sérieusement compliqué la tâche au leader du classement général. Il n’a pas mis longtemps à être rejoint par son dauphin Nasser Al-Attiyah (Toyota) et son coéquipier Stéphane Peterhansel, vainqueur à Riyad vendredi.

Les favoris en difficulté

Sur ses terres, c’est le Saoudien Yazeed Al Rajhi (Toyota) qui a pris la tête de la spéciale en premier. À l’aise sur un terrain difficile, condensé d’obstacles entre montages et canyons, le 4e du général comptait près de 15 minutes d’avance sur Carlos Sainz au km 158. "C’est une étape compliquée. La navigation n’est pas facile en particulier car il n’y a pas de motos ce matin. Le sable est très mou donc ça ne facilite pas les choses" a justement souligné Stéphane Peterhansel, seul pilote parmi les trois leaders avoir réussi à s’accrocher à moins de trois minutes jusqu’à la neutralisation.

La surprise est finalement venue d’un autre Français. Auteur d’un très bon début de Dakar au volant de son buggy sud-africain (SRT Racing), Mathieu Serradori a profité du relâchement des favoris pour briller à son tour. Sur les talons d’Al Rajhi aux côtés d’un Fernando Alonso décidément en forme pour son premier rallye-raid, le Varois a pris les commandes de la course au km 212, juste devant le Saoudien pointé à 49 secondes.

Carlos Sainz
Carlos Sainz © AFP

Serradori a carburé 

Aux côtés de son copilote belge Fabian Lurquin, Serradori a très bien négocié la deuxième moitié du parcours, profitant d’une ligne droite de 40 kilomètres « plein gaz » pour accroitre son avance avant d’arriver dans les dunes. Presque novice sur le Dakar en catégorie auto – après un abandon à la 4e étape lors de sa première participation l’an dernier - le pilote de 40 ans a maintenu le cap tandis qu’à l’arrière, Peterhansel continuait de grappier du temps à Sainz et Al-Attiyah.

Le plus rapide en fin de spéciale, Fernando Alonso aurait pu rêver d’une première victoire en rallye-raid. Arrivé le premier à Wadi Al Dawasir, l’Espagnol double champion du monde de F1 a dû attendre l’arrivée de Mathieu Serradori pour connaître le verdict. Le Français l’a finalement devancé de plus de quatre minutes, et s’offre la première victoire de sa carrière sur le Dakar. Une belle réussite pour celui qui se présente comme l’un des outsiders de cette 42e édition.

15e de la spéciale avec 19 minutes de retard sur le vainqueur du jour, Carlos Sainz a finalement limité la casse a général. Le vainqueur des éditions 2010 et 2018 a calqué son rythme sur ceux de Nasser Al-Attiyah (11e) et Stéphane Peterhansel (9e) pour perdre le moins de temps possible. Le Français lui reprend tout de même quasiment sept minutes au général. "Monsieur Dakar" n’est désormais plus pointé qu’à 13’09 de l’Espagnol au général tandis que le Qatarien est à 6 minutes du leader.

Tout reste donc possible d’ici à l’arrivée à Qiddiya. De longues étapes se profilent avec la traversée de l’Empty Quarter - la plus longue bande de sable continue au monde - dans lequel s’élanceront les pilotes ce mercredi. Cela pourrait jouer des tours aux favoris. Personne n’est à l’abri d’un contretemps ou d’ennuis mécaniques qui pourraient bouleverser la course. Vainqueur lundi, Serradori est désormais 7e du général.