Castera Dakar
David Castéra. | FRANCK FIFE / AFP

Castera joue la carte de l'alternance

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Il n'y a pas que le sable dans un rallye-raid. Sans les dunes péruviennes, le Dakar 2014 va prendre un autre visage, un autre relief. C'est le jeu des équilibres et de l'alternance que prône David Castera, directeur de course du rallye et concepteur des tracés sud-américains du Dakar.

Pour ne pas lasser les concurrents et la caravane, il ne faut pas s'éterniser trop longtemps dans les mêmes endroits. "Avec la Bolivie et le Pérou, on a la possibilité de jouer sur quatre pays, avance Etienne Lavigne, le grand patron du Dakar. Il faut que ça soit cohérent, beau." Tête d'affiche en 2013, le Pérou et ses océans de sable sera donc absent du parcours 2014. Une pause pour mieux revenir et s'aventurer plus au nord. "La volonté, c'est d'alterner. A partir du moment où on part d'Argentine et qu'on arrive au Chili, on ne peut pas aller au Pérou, explique David Castera. Le Pérou est un entonnoir, on ne peut que partir ou finir de là-bas. On peut aller jusqu'à Arequipa mais la partie Pérou sud est la moins intéressante. On ne va pas y aller pour dire qu'on passe par le Pérou. On fait l'impasse cette année et on verra l'année prochaine…"

Un marathon pour les autos ?

L'alternance, ça veut dire différent, pas moins bien. Pour continuer à surprendre, ASO travaille sur le parcours et les journées de course. La traversée de l'Atlantique vers l'Amérique du Sud a ainsi permis de sortir du format classique et conservateur du Dakar africain. "On ne s'interdit pas de changer les formats classiques, connus, ajoute Castera. On travaille sur des choses nouvelles, à des formes de navigations différentes, pour toutes les catégories. En auto, on pourrait imaginer une étape semi-marathon avec un temps de travail limité. Rien n'est encore écrit mais on réfléchit."

Encore plus dur en 2014

Ce qui est certain en 2014, c'est que le rallye sera corsé, même si les dunes seront moins présentes. "On va trouver le sable ailleurs, rigole Castera avec malice. Ce sera plus dur car dès qu'on est plus long, c'est forcément plus dur. Quand on commence à dépasser à 300 – 400 km de spéciale pendant plusieurs jours et qu'on arrive tard au bivouac, avec la répétition ça devient difficile. Et en 2014, il y aura au moins trois spéciales à plus de 550 km et trois étapes marathon." Un vrai Dakar à l'usure. A l'ancienne diront certains. "Ce Dakar sera plus un marathon, un Dakar débrouille, endurance, économie du matériel, résistance. Ce sont aussi les valeurs du Dakar", conclut Castera.