buggy Qatar Red Bull
Le buggy de l'équipe Qatar Red Bull | DR

Al-Attiyah donne des ailes à ses envies

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Nasser Al-Attiyah a renoncé –provisoirement- à courir le Dakar avec Citroën. En revanche, jamais à court d'idée, le vainqueur de l'édition 2011 a décidé de créer sa propre équipe et de faire courir deux buggys. Le Qatari sera donc au départ du Lima-Santiago le 5 janvier prochain. Il ne sera pas seul. Grâce à son sponsor, il a réussi à faire sortir Carlos Sainz de sa retraite. Les deux hommes se retrouveront ensemble comme au bon vieux temps de Volkswagen.

La guerre des Mini aura peut-être lieu mais en deuxième semaine. Avant d'en découdre entre eux, Peterhansel, Roma et Holowczyk auront surement un œil sur les buggys Qatar Red Bull. Ces voitures n'ont pour l'instant rien prouvé mais avec deux anciens vainqueurs au volant, Nasser Al-Attiyah (2011) et Carlos Sainz (2010), on est certain d'avoir du spectacle. Le projet germait dans la tête du Qatari depuis le retrait de Volkswagen en rallye-raid. Entre le WRC et les JO de Londres (Al-Attiyah a obtenu le bronze du skeet), il restait une toute petite fenêtre pour le Dakar. "Après le rallye du Qatar, j'ai décidé de fonder ma propre équipe", a expliqué Al-Attiyah. Le projet porte sur trois ans et est fortement soutenu par le Qatar et Red Bull. L'équipe arrive toutefois sur la pointe des pieds avec une voiture assez simple dans sa conception. "J'ai voulu faire quelque chose de nouveau et la meilleure voie était un buggy à deux roues motrices car c'est moins compliqué sur le plan technologique, a expliqué le Qatari. Notre objectif est de gagner trois ou quatre étapes cette année et de gagner le Dakar dans le futur. Si on peut faire un podium, on ne va pas se priver."

 

Un buggy made in USA

Inspiré par son expérience dans le Hummer de Robby Gordon, Al-Attiyah est allé dénicher son buggy dans le Nevada, à quelques kilomètres de Las Vegas. Pas en passant une petite annonce mais presque… "J'ai cherché sur internet des gars qui pourraient construire ma voiture. Ce ne sont pas des "famous guys" mais ils sont très bons en châssis. Je n'étais pas intéressé par un gros team même si ça permet de travailler plusieurs voies en même temps. Ces gars avaient la possibilité de construire la voiture en quatre mois alors qu'une usine met parfois 6-7 mois. On n'a pas pu mettre notre expérience dans cette voiture car elle a été fabriquée aux USA. Elle est lourde et solide. Une grande partie de notre équipe travaille à rendre le buggy plus léger. Il pèse actuellement 1400 kg." Doté d'un moteur standard (7 litres Corvette), il développe environ 320 cv. Après un premier test concluant de 1600 km, l'équipe poursuit le développement du buggy et effectuera un dernier gros roulage de 1000 km début décembre.

Sainz voulait revenir

Derrière le volant, Al-Attiyah ne roule pas que pour lui. Sa deuxième auto sera conduite par Carlos Sainz. On ne pensait pas revoir le "Vieux Lion" en rallye-raid mais il faut croire que le désert lui manquait. "Carlos voulait déjà revenir l'an dernier mais il n'a pas trouvé de solution, raconte le Qatari. Quand j'ai créé l'équipe, je me suis demandé s'il fallait faire une voiture test ou en faire une pour un autre pilote. Quand Red Bull m'a proposé de faire courir Carlos, c'était un bon deal pour nous." On est toutefois assez loin du confort que les deux hommes ont connu chez Volkswagen. Sur la piste, les deux buggys seront seuls. "Nous n'avons pas d'assistance en course, révèle Al-Attiyah. Si je suis derrière Carlos, je l'aiderai car j'aurai les pièces de rechange. Si c'est l'inverse, on essaiera de choisir le meilleur moyen de s'en sortir." Le défi est relevé mais il n'effraie pas le deux pilotes. Après tout, c'est aussi ça le Dakar.