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Les jeunes supporters coréens venus encourager les stars de l'athlétisme | Gilles Gaillard

Daegu a manqué d'un peu de saveur

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La page des Mondiaux 2011 se tourne. Des championnats qui ont ainsi donné de nombreuses surprises et de nombreux temps forts sur la piste. Si au niveau de l’organisation l’on ne dénote aucun "couac", l’engouement n’a pas tenu toutes ses promesses. Min Joo, coréenne, et qui travaille à l’alliance française de Daegu, nous explique comment ont été perçus ces championnats en Corée.

Un public qui n’a pas la culture de l’athlétisme, aucune médaille remportée par la Corée lors de ces championnats, une barrière de la langue et une distance pour les supporters étrangers n’ont pas fait décoller réellement la compétition. "C’était un grand événement. Les citoyens de Daegu étaient curieux de pouvoir découvrir les performances des athlètes. Et en quelque sorte, que notre ville puisse faire partie de l’histoire de l’athlétisme", explique Min Joo, secrétaire de direction à l’alliance française.

"Il y avait une certaine fierté d’accueillir ces Championnats du Monde. Après avoir accueilli la Coupe du Monde de 2002 et les Universiades en 2003, Daegu avait les infrastructures pour recevoir ce type d’événement", dit-elle dans un bon Français. "Mais on sent que les citoyens sont partagés. Ce type d’événement apporte également des inconvénients notamment au niveau du trafic. Les habitants de Daegu ne sont pas très friands des embouteillages", reconnaît-elle.

Ici, à part Usain Bolt, qui est la grande star et le "meilleur" coureur de la planète, on n’a pas la culture de l’athlétisme. "Nous aimons bien le marathon. Mais nous suivons plutôt le base-ball et le football l’été. Le basket est également un sport beaucoup suivi l’hiver. A Daegu, c’est la randonnée, la marche qui est la plus pratiquée", indique Min Joo.

Pour le public, il n’était pas non plus évident de se retrouver dans le Stadium, même si les écoles et les enfants ont donné un peu plus de vie chaque matin à l'enceinte. "Au niveau du prix du billet ce n’était pas facile pour de nombreuses familles. Le jour de la cérémonie d’ouverture et de clôture étaient très couteux", déplore-t-elle. "Même si le billet était gratuit pour les gens défavorisés", rajoute celle qui fait également de la traduction à ses heures perdues…

"L’accueil, la nourriture a été estimé très bonne par les athlètes. C’est la barrière de la langue qui crée un côté rigide à nos habitants. Mais en fait nous sommes des gens très ouverts", termine Min Joo.

Gilles Gaillard