Le parcours de la Vuelta
Le parcours de la Vuelta | MIGUEL RIOPA - AFP

Présentation de la Vuelta 2013

Publié le , modifié le

Troisième et ultime Grand Tour de la saison, la Vuelta débute ce samedi par un contre-la-montre par équipes de 27,4km à Vilanova de Arousa. En l’absence de Froome et Contador, les regards seront tournés vers Nibali, Rodriguez et Valverde sur un parcours taillé pour purs grimpeurs qui devraient livrer un scenario emballant.

Généralement connu pour être le parent pauvre des trois grands tours, la Vuelta s’est dotée d’une crédibilité suffisante pour se faire une vraie place dans ce match à trois vampirisé par le Tour de France. Contador, Froome et même Wiggins, les grands leaders n’hésitent plus à venir s’affronter sur les routes espagnoles. Si ni les frères ennemis de la Sky, ni « El Pistolero » ne sont présents cette année, le plateau a de quoi faire rêver. Vincenzo Nibali est en course pour réaliser le doublé Giro-Vuelta après son succès chez lui en mai dernier. Ce doublé, loin de passionner les foules, est pourtant rare dans le monde du cyclisme. Le dernier à l’avoir réalisé n’est autre qu’Alberto Contador, en 2008, du temps où il était persona non-grata sur la Grande Boucle. Avant lui, il faut remonter à Giovanni Battaglin en 1981 et évidemment à Eddy Merckx vainqueur du Giro et de la Vuelta en 1973. Le « Requin » de Messine sera-t-il l’égal du Cannibale ?

Les grimpeurs à l’honneur

Entre Galice, Andalousie, Catalogne et Asturies avant le final royal à Madrid, les 198 coureurs de la Vuelta auront énormément d’occasions de faire le spectacle. Le contre-la-montre inaugural (27,4km) tracé entre Vilanova de Arousa et Sanxenxo devrait être le détonateur nécessaire à la grande bagarre. Pas moins de 11 arrivées au sommet, soit une étape sur deux, jalonnent les trois semaines de course ! S’il faudra attendre dix jours de course pour la première étape de haute montagne avec l’arrivée au sommet de l’Alto de Hazallanas, Nibali, Rodriguez et autre Valverde pourraient en découdre bien avant sur l’une des quatre arrivées au sommet de la première semaine. La gestion de l’effort jouera un rôle primordial. Il faudra en garder sous la pédale pour affronter le terrible Angliru, la veille de l’arrivée, et ses pentes à 23% ! Avec un seul contre-la-montre individuel sur 38 kilomètres vallonnés, les grimpeurs au petit gabarit sont heureux. Ne leur reste plus qu’à offrir un spectacle digne du joli parcours dessiné par les organisateurs.

Et les sprinteurs ?

Ce parcours taillé pour grimpeurs laisse (très) peu d’espace pour les fauves, les sprinteurs, adeptes des arrivées plates comme la main. Et sans surprise, ils sont très peu à avoir fait le déplacement en Espagne. On retiendra, Theo Bos pour la Belkin, Farrar pour la Garmin-Sharp, Matthews pour l’équipe Orica-GreenEdge et ce n’est pas tout à fait ce que l’on peut appeler le « gratin mondial ». Un degré en dessous, Adrien Petit, le puncheur-sprinteur, de la Cofidis aura un bon coup à jouer sur des arrivées où les lévriers manqueront de « punch ».

Placée deux semaines avant les Mondiaux, la Vuelta ne devrait pas échapper à l’exil classique en fin de deuxième semaine, voire début de troisième pour les coureurs souhaitant jouer un rôle sur les Championnats du monde de Florence. Quelle sera l’attitude d’un Vincenzo Nibali dont on sait qu’il a fait des Mondiaux, sur ses terres italiennes, l’un des objectifs de la saison. Jamais un vainqueur sortant de la Vuelta n’a décroché le maillot arc-en-ciel par la suite. Le dernier à avoir été sur le podium du Tour d’Espagne et Champion du monde à la suite est Cadel Evans (3e en 2009) et avant lui il faut remonter à Olano (2e en 1995). C’est dire si l’enchaînement est difficile. Favori légitime de cette 68e Vuelta, Nibali aura peut-être un choix à faire à l’aube de la troisième semaine.