Chris Froome (Vuelta 2011)
Christopher Froome s'était imposé au sommet de Pena Cabarga | JAIME REINA / AFP

La Vuelta, là où tout a commencé pour Chris Froome

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En officialisant sa participation au prochain Tour d’Espagne, Chris Froome rejoint un parterre de favoris à couper le souffle (Quintana, Valverde, Nibali, Aru, Van Garderen). Il revient aussi là où tout a commencé pour lui, en 2011. Retour sur la naissance d’un champion.

Mise à part sa chute aux championnats du monde espoirs de 2006, qui pouvait prétendre connaître Christopher Froome avant la Vuelta 2011 ? Certes, le futur britannique avait participé au Tour de France en 2008 (84e sous le maillot de la Barloworld), certes il avait pris la deuxième place du contre-la-montre des championnats de Grande-Bretagne en 2010, mais pour quelques spécialistes exceptés Froome est un inconnu quand il prend le départ de Benidorm cette année-là. Au sein de la Sky, Bradley Wiggins (3e du Tour de France 2009 après disqualification de Lance Armstrong) est attendu même si le caractère très montagneux de ce Tour d’Espagne ne sied guère à ses qualités imagine-t-on.

Froome déjà plus fort que Wiggins

Avant l’heure, la Vuelta 2011 est une copie du Tour 2012. Un Chris Froome bien plus fort, mais personne ne le pense alors, se sacrifie pour Bradley Wiggins. La première semaine est passée sans encombre par les deux hommes, Wiggins est l’incontesté leader de la, pas tout à fait encore toute puissante, Sky et Froome est son second. Jusqu’au premier accroc dans le plan : le contre-la-montre de Salamanque.

En pleine forme après avoir enfin soigné la bilharziose, ce parasite diagnostiqué en 2010 et disparu en juillet 2011 (ce que Froome révélera après la Vuelta), le futur double vainqueur de la Grande Boucle domine Wiggins sur l’épreuve solitaire (de 23 secondes) et prend le maillot rouge de leader. Coup de théâtre ! Wiggins est dominé dans son épreuve fétiche. La situation rentre dans l’ordre le lendemain, l'homme aux rouflaquettes se pare de la couleur sang. Le mal est fait, le ver est dans le fruit.

Un doublé historique ?

L’Angliru sera le juge de paix. Les terribles pentes du mont des Asturies ne mentent pas. Si Juan José Cobo, le futur cauchemar de Froome, dompte le mieux les passages à plus de 20%, ce n’est pas Wiggins qui file vers le ciel pour la Sky mais bel et bien Froome. A distance respectable de Cobo (48 secondes) mais loin devant Wiggins (33 secondes). Le leadership bascule. Sky doit miser sur un nouveau poulain. Mais Froome est encore trop tendre, sa pédalée fantastique n’est pas celle du Ventoux ou de la Pierre Saint-Martin. S’il s’impose à Pena Cabarga, Froome va venir mourir à treize maudites secondes du coureur juan Jose Cobo, le vainqueur surprise. Mais une minute et 26 secondes devant Bradley Wiggins.

Par deux fois donc Christopher Froome aura fait éclater son talent au nez et à la barbe de Bradley Wiggins, son encombrant leader. La Vuelta 2011 n’était que les prémices de ce qui allait se passer neuf mois plus tard sur les routes françaises. Quatre ans après sa folle envolée, Froome n’a toujours pas remporté le Tour d’Espagne. Dans l’histoire, ils ne sont que deux à avoir réalisé le doublé Tour-Vuelta (Anquetil en 1963 et Hinault en 1978). Le Tour d’Espagne se disputait alors en avril-mai. Ce qui rend possible une première dans l’histoire si Froome passait la ligne en vainqueur à Madrid le 13 septembre. Pour boucler la boucle.