Aru Valverde Van Garderen Pozzovivo Majka
Trois favoris, au moins cinq outsiders : la Vuelta 2015 sera un grand cru! | AFP

Ils vont enflammer la Vuelta 2015

Publié le , modifié le

Le Tour d’Espagne sera l’occasion pour Nairo Quintana et Vincenzo Nibali de prendre leur revanche sur Chris Froome, impitoyable sur le Tour de France. Mais le plateau de la Vuelta 2015 est à couper le souffle, et nombreux sont ceux qui pourraient profiter du combat des chefs pour créer la surprise au général. Cinq grimpeurs se présentent même comme de sérieux prétendants au podium, le 13 septembre prochain à Madrid.

Fabio Aru

Pour la Vuelta, Astana n’a pas fait les choses à moitié en envoyant ses trois meilleurs éléments en courses à étapes. Vincenzo Nibali, vainqueur du Tour de 2014, sera évidemment l’arme prioritaire de la formation kazakhe, mais Mikel Landa et Fabio Aru ne comptent pas rester trois semaines dans l’ombre du Requin de Messine. Le premier, qui s’est déjà engagé chez Sky pour les deux prochaines saisons, s’était révélé lors du dernier Giro (3e du général, vainqueur de deux étapes) et sera en quête de confirmation. Aru, lui, peut légitimement viser la gagne. A 25 ans, le coureur italien n’a raté aucun de ses trois derniers Grands Tours : 2e et meilleur jeune du Giro 2015, 3e en 2014, 5e de la dernière Vuelta, il promet qu’il n’y aura "aucun risque de rivalité avec Nibali : ce sont les autres qui auront des problèmes". Aru est d’autant plus confiant qu’il se sait capable de monter en puissance au fil des trois semaines. Sur le dernier Tour d’Italie, il avait ainsi remporté la 19e étape, avant de remettre ça le lendemain en lâchant Contador dans l’ascension vers Sestrières.

Alejandro Valverde

L’indéboulonnable coureur espagnol réalise, à 35 ans, une saison 2015 du tonnerre. Intouchable sur les Ardennaises (il a remporté la Flèche Wallonne et Liège-Bastogne-Liège, et a fini 2e de l’Amstel Gold Race), solide sur les courses d’une semaine (2e du Tour de Catalogne, 9e du Critérium du Dauphiné), le vétéran a réussi à en surprendre plus d’un sur le Tour de France en montant sur la 3e marche du podium des Champs-Elysées. "Après une telle année, n’importe quel résultat sur la Vuelta sera le bienvenu", se félicite Eusebio Unzue, le patron de Movistar. La formation espagnole mise tout sur Nairo Quintana, le grand rival annoncé de Chris Froome, mais en cas de défaillance du Colombien – qui n’a jamais enchaîné deux Grands Tours d’affilée…  – , Valverde aura une jolie carte à jouer. Personne ne connaît la Vuelta autant que lui : en neuf participations, il a terminé huit fois dans le Top 5 du général, cinq fois sur le podium, et a même connu l’ivresse du sacre en 2009 (sa seule victoire sur un Grand Tour). Pendant les trois prochaines semaines, il sera comme à la maison. 

Rafal Majka

Cantonné à un rôle de soutien d’Alberto Contador sur le Tour de France, Rafal Majka (25 ans) sera, en l’absence d’El Pistolero, l’unique leader de la formation Tinkoff-Saxo sur la Vuelta. Grimpeur hors-pair, il a pour l’instant surtout brillé sur les deux autres Grands Tours du calendrier : le Tour de France, où il a gagné 3 étapes et porté le maillot à pois sur les Champs, et le Giro, où il a déjà terminé deux fois dans le Top 10 (7e en 2013, 6e en 2014). En Espagne, Majka compte profiter du parcours très montagneux de l’édition 2015, avec neuf arrivées en altitude, pour faire encore mieux que Contador sur le Tour (4e). Ses performances depuis deux ans, à l’image de sa victoire sur le Tour de Pologne 2014, tendent à montrer qu’il en est capable. L’ex-patron de l’équipe, Bjarne Riis, assure que "personne ne sait jusqu’où il peut aller, pas même lui".

Domenico Pozzovivo

La Vuelta sera pour Pozzovivo l’occasion de tourner définitivement la triste page du Giro. Victime d’une lourde chute qui l’avait immobilisé sur le bitume pendant de longues minutes, l’Italien s’en était sorti avec un traumatisme cranio-facial grave. Aujourd’hui remis, le leader d’AG2R-La Mondiale aborde le Tour d’Espagne avec l’ambition de "faire un Top 5 au général" et de "gagner une étape". Avant son abandon en Italie, Pozzovivo était d’une régularité impeccable, intégrant le Top 10 de toutes les courses auxquelles il prenait part. Le coureur d’expérience n’a pas dérogé à la règle sur le Tour de l’Ain (10e). "Mon physique est intact, rassure-t-il. J’ai toujours aimé la Vuelta. Après ce qui s’est passé sur le Giro, c’est devenu mon principal objectif de la saison". Lors de sa seule participation au Tour d’Espagne, en 2013, le petit grimpeur (1,65m) s’était illustré en prenant la 6e place du général.

Tejay Van Garderen

Autre revanchard du peloton, Tejay Van Garderen aura à cœur d’effacer le douloureux souvenir de son abandon, le mois dernier sur le Tour de France. A quatre étapes de l’arrivée sur les Champs, alors qu’il occupait la 3e place du général, l’Américain avait dû se retirer de la course, fiévreux, incapable d’encaisser la traversée des Alpes. Un mois de repos (il n’a plus couru en compétition officielle depuis le Tour), et voilà "TVG" reparti par un Tour. Avec beaucoup moins de pression, mais non sans ambition. "Nous n’avons pas d’objectif précis, nous n’avons pas pu reconnaître les ascensions de la Vuelta comme celles du Tour, ça n’est pas notre objectif principal cette saison, a même admis le manager de BMC Jim Ochowicz. Mais Tejay est un compétiteur". Le coureur, qui a lui-même choisi de doubler Tour et Vuelta ("c’est ma décision, à 100%"), aura pour soutien de luxe Samuel Sanchez. Le vétéran espagnol, 3e du général en 2007 et 2e en 2009, "connaît toutes les ascensions de la Vuelta", assure Ochowicz. Pour Van Garderen, c’est aussi, peut-être, l’une des dernières occasions de briller sous le maillot de la BMC avant l’arrivée de Richie Porte la saison prochaine.

Mais aussi : 

Troisième du dernier Giro, Mikel Landa tirera-t-il son épingle du jeu derrière ses deux équipiers, Nibali et Aru? L'Espagnol s'offrirait bien un baroud d'honneur avec Astana avant de filer chez Sky... A 36 ans, Joaquim Rodriguez (Katusha) n'a toujours pas gagné le moindre Grand Tour, mais ses résultats sur la Vuelta restent bluffants : pour sa 12e participation, fera-t-il aussi bien que ces trois dernières années? (3e en 2012, 4e en 2013 et 2014)... A suivre également : Andrew Talansky (Cannondale-Garmin), discret 11e du Tour en juillet... Côté Français, Pierre Rolland (Europcar) a une belle carte à jouer au général, tandis que Kenny Elissonde (FDJ) revivrait bien les mêmes émotions qu'en 2013, où il avait dompté le terrible Angliru en solitaire...