Vincent Lavenu portrait présentation de l'équipe AG2R La Mondiale en janvier 2011
Vincent Lavenu | AFP - Jacques Demarthon

Vincent Lavenu: "briller sur toutes les épreuves"

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Le directeur sportif de la formation AG2R La Mondiale s'est prêté de bonne guerre au jeu des questions réponses avec les journalistes présents au siège de la société, boulevard Haussmann à Paris. Il s'est montré confiant sur les capacités de ses ouailles à ferrailler avec l'élite de la discipline. Il mise beaucoup sur Nicolas Roche et espère voir quelques jeunes coureurs s'affirmer dans les grandes occasions.

Vincent Lavenu, comment prenez-vous la responsabilité d'être la seule équipe française de l'élite ?
"On a la chance de faire partie de la première division et de pouvoir participer à toutes les épreuves du World Tour. Il faudra briller sur toutes les épreuves. On a bien commencé avec la belle huitième place de Blel Kadri en Australie. C'est un jeune coureur qui a mis l'équipe sur de bons rails pour 2011. On a du potentiel et ça va nous mettre dans une spirale positive".

Comment vous accueillez ce nouveau règlement qui met la pression sur les équipes ?
"Ca met un peu de pression, c'est vrai. Mais je ne connais pas beaucoup de sports professionnels qui n'en mettent pas. La compétition à haut niveau, c'est la pression. Il faut savoir la digérer, l'appréhender, la calculer. Il faut savoir appliquer des stratégies gagnantes. J'ai le sentiment qu'on a fait cela en 2010 même si ce fût parfois limite. En 2011 et 2012, il faudra qu'on marque des points sur les grandes épreuves du circuit mondial. Et si on n'est pas performant sur la première moitié de saison, il faudra se poser des questions en juillet-août pour savoir quel recrutement adopter".

D'autant que la concurrence se renforce…
"La concurrence est vraiment mondiale aujourd'hui. On sait qu'il y a des capitaux qui arrivent de partout dans le monde. Les règles fiscales et sociales qui régissent tout salarié français ne sont pas forcément les plus concurrentielles. On se retrouve en face de capitaux américains, anglais, russes où les équipes emploient des travailleurs indépendants. Nous, nous employons des salariés français avec des règles à respecter: 48% de charges sociales patronales et 21% de charges sociales salariales. Ca fait 69%. Donc quand vous voulez donner 1000 net à un coureur, c'est 1700 en France alors que c'est 1000 ailleurs. Donc on n'a pas la même capacité pour faire venir de gros coureurs étrangers. Ca reste une de nos faiblesses mais c'est vrai dans le foot comme dans le vélo".

Qu'est-ce que vous attendez de votre leader Nicolas Roche ?
"J'attends qu'il confirme sa bonne saison 2010 et notamment sa capacité à se maintenir à un haut niveau. Il a fait des choses extraordinaires l'an dernier. Il faut qu'il trouve le déclic pour gagner des courses. Il lui manque un peu d'expérience et il stresse encore un peu à l'approche de la victoire. Mais il a les capacités physiques, la force mentale, l'envie de bien faire, le sérieux. Il lui manque juste un peu de réussite mais c'est notre coureur d'avenir, notre perle. Il faut absolument qu'on en prenne soin et qu'on l'aide à atteindre le plus haut niveau. Sa 7e place sur la Vuelta montre que ce garçon est capable de jouer très rapidement un podium sur un grand tour".

Vous avez effectué un recrutement assez jeune. A quoi répond cette volonté ?
"On avait déjà pas mal de coureurs d'expérience. Des Sébastien Hinault, des Martin Elmiger. Des garçons solides; On a pris Jean-Christophe Peraud qui a de la bouteille même s'il est jeune. Après, on sait que sur les six jeunes engagés, ils ne vont pas tous exploser en 2011. Peut-être un ou deux démontreront de belles capacités. C'est vraiment valorisant pour un directeur sportif d'avoir un jeune coureur et de le voir évoluer jusqu'au plus haut niveau. Il faut miser sur un Romain Lemarchand, sur un Steve Houanard. J'espère que vous viendrez me voir pour parler d'eux l'année prochaine. Ça voudra dire qu'ils ont fait une belle saison".