François Pervis
François Pervis heureux de son deuxième bronze aux Mondiaux de Minsk | AFP - KIRILL KUDRYAVTSEV

Une troisième médaille mondiale pour Pervis

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Après le titre du kilomètre, et le bronze en vitesse par équipes, François Pervis a conquis la médaille de bronze de la vitesse lors des Championnats du monde sur la piste de Minsk. Battu par le Russe Dmitriev en demi-finale (2-1), il a aisément dominé le Néo-Zélandais Sam Webster (2-0) pour monter sur la boîte.

Il était venu avec l'objectif de trois médailles. Et François Pervis repartira de Minsk avec le sentiment du devoir accompli. A 28 ans, il est devenu pour la première fois champion du monde du kilomètre, puis a raflé deux médailles de bronze, en vitesse par équipes et en vitesse individuelle. Certes, il lui restera les regrets d'avoir été déclassé en keirin, alors qu'il pouvait accrocher une breloque supplémentaire. Mais ses Mondiaux sont largement réussis. Et il a encore prouvé qu'il avait de belles ressources, tant physiques que mentales, pour accrocher ce bronze en individuel. "Je manque de pratique au plus haut niveau mondial en vitesse, je  ne l'ai pas souvent disputée aux Championnats du monde", admettait-il après cette nouvelle médaille. "Je ne passe pas loin de  la finale, mais j'ai commis deux erreurs. Mais je suis très content du bilan de  ces Mondiaux. Le regret, c'est bien plus le keirin que la vitesse. J'ai commis  une faute en keirin, c'est entièrement de ma faute. Mais c'est dur... Il faut  convenir que le règlement a été appliqué à la lettre."

Car en demi-finale, le Mayennais a été nettement battu dans la première  manche. Dans la deuxième, Pervis  a retardé au maximum le sprint pour devancer  son adversaire. La "belle" s'est conclue à l'avantage de Dmitriev qui a imposé  un sprint long. "J'ai déjà grillé beaucoup de cartouches, j'ai affaire à des coureurs  frais, il ne faudra pas m'en vouloir si je fais quatr(ièm)e", avait annoncé Pervis  après son quart de finale victorieux. Malgré cette élimination, il a su repartir au combat pour dominer le Néo-Zélandais Sam Webster, révélation de la compétition. A seulement 21 ans, le Kiwi s'est offert le scalp du Britannique Jason Kenny, l'énorme champion olympique de la discipline à Londres l'été dernier qui n'avait laissé aucune chance à Grégory Baugé, le grand absent de cette épreuve.

"Conscience de la chance que j'ai"

Avec ces Mondiaux, François Pervis a peut-être changé de catégorie. "Les Jeux de Rio ? Je ne  veux pas y penser, on se prendra bien la tête en 2015 et 2016. J'ai conscience  de la chance que j'ai. Je vis de ma passion, je prends énormément de plaisir à  ce que je fais. Je vais retourner au Japon en avril (pour la tournée du  keirin). Au Japon, c'est un univers très clos. Vivre ça de l'intérieur, c'est  exceptionnel. Mes priorités sportives ? Je mets tout au même niveau entre le  kilomètre, la vitesse par équipes et le keirin. Cette année, j'ai eu la chance  d'avoir un programme des Mondiaux parfait pour moi, avec le kilomètre d'entrée.  Je ne sais pas si ce sera possible les prochaines années. Il faudra déjà que je  me qualifie car le niveau est élevé en France."

Le titre est revenu à l'Allemand Stefan Botticher, véritable survivant. Sixième temps des qualifications (sur 200 m lancé), Botticher a dû passer  par les repêchages en huitièmes de finale, après sa défaite contre le champion  olympique, le Britannique Jason Kenny. Par la suite, l'Allemand a battu deux Néo-Zélandais, Simon Van Velthooven   puis Sam Webster, pour accéder à la finale. Et là, il a simplement remonté à chaque fois Dmitriev, la seconde fois de  justesse. Né le 1er janvier 1992, le jeune sprinteur au gabarit de 1,82 m pour 83 kg  a enlevé les deux médailles d'or de la vitesse à Minsk, par équipes jeudi  dernier puis en individuel. L'Allemagne, qui figure parmi les grandes nations du sprint, n'avait plus  gagné le titre mondial individuel depuis Rene Wolff en 2005.