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Johann Museeuw, vainqueur en 1996, 2000 et 2002 | AFP-Fife

Une légende se construit dans la douleur

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On ne l'appelle pas "l'Enfer du Nord" pour rien. Lorsque l'on évoque Paris-Roubaix, les images de coureurs exténués, tout enduits de boue, et parfois ensanglantés vous traversent l'esprit. Les pavés, la pluie et a fortiori les chutes, sont les trois principaux ingrédients pour composer un bon Paris-Roubaix. Car aussi cruel que cela puisse paraître, on aime Paris-Roubaix pour voir des coureurs cyclistes en baver !

"Il va faire beau, quel dommage !", pourraient se dire les organisateurs de ce Paris-Roubaix. Les prévisions météorologiques annoncent en effet un soleil radieux sur les 258 kilomètres du parcours ralliant Compiègne à Roubaix. Oui, car depuis 1968 et les pavés qui volaient dans Paris, les concurrents ne partent plus de la Porte Maillot. Ce qui n'a presque pas changé en revanche, ce sont les conditions éprouvantes d'une telle course. Il suffit de regarder quelques photos des précédentes éditions pour comprendre à quel point Paris-Roubaix peut marquer les organismes. Roger De Vlaeminck, dit "le Gitan", n'a pas conquis ses quatre sacres dans un fauteuil... Les mauvaises langues diront que la victoire un peu trop "propre" de Fabian Cancellara l'an passé a laissé comme un goût d'inachevé. Pour les puristes, "Spartacus" n'a pas donné l'impression d'avoir souffert et c'est sans doute en partie pour cette raison, que les organisateurs ont cette année insisté pour compliquer la tâche aux 200 coureurs.

Ce dimanche, les gladiateurs des pavés devront venir à bout de 31secteurs pavés, pour un peu plus de 53 kilomètres, sur les 258 km que comportent le tracé. Après Arenberg, qui a conservé un tapis herbeux -très glissants en cas de pluie- les coureurs n'auront que 4 kilomètres de répit avant de s'attaquer à l'une des grandes nouveautés de cette édition, à savoir une ligne droite pavée de 1,4 kilomètre à Millonfosse. Pour Christian Prudhomme, "la course sera plus dense avant Arenberg", là où "on continue d'y percer des boyaux, d'y briser des fourches ou même des poignets", écrit le patron du cyclisme chez ASO dans un édito sur le site officiel. Christian Prudhomme s'est dit "très satisfait" des modifications apportées à cette édition et sait ce qui fait la renommée d'une telle course. "Encaisser les chocs, se jouer des obstacles et des coups du sort, exclure le renoncement… En 2011 comme avant-guerre, Paris-Roubaix reste un concours de force réservé aux acrobates roulants. Le nec plus ultra en matière de dépassement de soi", écrit ce passionné de la petite reine.

Romain Bonte