Tom Boonen félicite Anthony Geslin (3e) après son titre de champion du monde en 2005
Tom Boonen félicite Anthony Geslin (3e) après son titre de champion du monde en 2005 | JAVIER SORIANO / AFP

Une course à nulle autre pareille

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La course en ligne des Mondiaux, épreuve reine de la semaine, se tient dimanche à Valkenburg, aux Pays-Bas. L'occasion de revenir sur ce qui fait le charme de cette compétition qui a consacré des stars confirmées comme des seconds couteaux: les spécificités d'une course inclassable qui illumine souvent la fin de saison, à l'heure où l'automne vient tranquillement chasser l'été.

Le maillot arc-en-ciel

Il s'agit probablement du plus beau maillot du peloton. Le paletot arc-en-ciel, communément appelé comme cela alors qu'il compte seulement cinq lignes de couleurs sur fond blanc (bleu, rouge, noir, jaune et vert), attire les regards et suscite les convoitises. Pendant le Tour de France, il reste le maillot le plus recherché avec les maillots distinctifs. Et toute l'année, celui qui en est paré dégage une aura très forte, provoquant le respect de ses pairs et du public massé sur les routes.

En circuit

La course se déroule sur circuit depuis la première édition disputée en 1927 au Nürburgring, l'antre du sport auto allemand. Ca peut être intégralement ou sur une bonne partie de la totalité du tracé. Depuis quelques années, les coureurs démarrent d'une ville et rejoignent au bout d'une cinquantaine de kilomètres le parcours proprement dit, en circuit. Ils exécutent entre 12 et 17 tours de circuit selon le nombre de kms. L'Italie accueillera pour la 13e fois le Mondial en 2013 (dont 6 fois depuis 1985). La France a été pays organisateur à 9 reprises, comme la Belgique. Ces derniers temps, les parcours trop tendres n'ont pas manqué, facilitant les succès de sprinteurs (Cipollini, Freire, Boonen, Cavendish) au détriment des coureurs de grands tours (rouleurs et grimpeurs) qui peuvent souvent s'estimer lésés.

Sélections nationales

Contrairement à la quasi-totalité des courses, le championnat du monde sur route s'effectue par équipes nationales, pas par équipes de marque. Cela donne un charme suranné qui replonge les plus vieux dans le Tour de France des années 50 et 60, lorsque Louison Bobet et Jacques Anquetil défendaient les couleurs de l'équipe de France. Ca peut aussi compliquer la donne des sélectionneurs qui retiennent parfois des coureurs qui ne s'apprécient guère, à l'image de la rivalité Moser-Saronni au début des années 80, de celle plus lointaine entre Coppi et Bartali, ou de celle entre Merckx et ses rivaux jaloux dans les seventies qui détestaient que le Cannibale bénéficie des "pleins pouvoirs".

La Belgique et l'Italie loin devant

Belgique (25) et Italie (19) dominent le palmarès au nombre de victoires. Les autres, dont la France (3e avec 8 titres), sont loin derrière (Pays-Bas 7, Espagne 5, Suisse et Etats-Unis 3, Allemagne et Grande-Bretagne 2, Irlande, Australie, Lettonie et Norvège 1 avec respectivement Stephen Roche, Cadel Evans, Roman Vainsteins et Thor Hushovd.
Freire pour rentrer dans l'histoire

Freire dans l'histoire

Oscar Freire pourrait devenir dimanche le premier coureur à remporter quatre fois la course en ligne des Mondiaux. L'Espagnol s'est déjà imposé trois fois (1999, 2001, 2004) comme l'Italien Afredo Binda et les Belges Rik Van Steenbergen et Eddy Merckx. A deux victoires, on retrouve qutre autres coureurs belges (Georges Ronsse, Albéric Schotte, Rik Van Looy et Freddy Maertens, sans oublier les Italiens Gianni Bugno et Paolo Bettini, et l'Américazin Greg LeMond.

Hétérogénéité des lauréats

Du champion classique à la révélation en passant par le gregario imprévu, de nombreux profils différents ont rayonné au Mondial. D'Afredo Binda entre les deux guerres à Mark Cavendish, en passant par Van Steenbergen, Van Looy, Stablinski, Altig, Kiuper, Maertens, Moser, Raas, Argentin, Fondriest, Museeuw et Boonen, les spécialistes des classiques se sont octroyés la part du lion. Les grands champions ont également su la conquérir (Kübler, Coppi, Bobet, Janssen, Merckx, Gimondi, Hinault, LeMond –qui avait crevé l'écran en 1983- ou le controversé Armstrong. Et quelques sans-grades ont trouvé la faille: les Belges Jean-Pierre Monséré (1970) et Rudy Dhaenens (1990) en sont deux exemples frappants. Enfin, comment ne pas souligner l'opiniâtreté de Joop Zoetemelk, victorieux en 1985 à presque 39 ans.

Les grands absents du palmarès

Gino Bartali, Jacques Anquetil, Raymond Poulidor, Laurent Fignon (qui ramène Greg LeMond sur Thierry Claveyrolat, pourtant idéalement placé pour la gagne, en 1989 à Chambéry), Miguel Indurain (2e en 1993 derrière Lance Armstrong et en 1995 derrière Abraham Olano, 3e en 1991 derrière Gianni Bugno et Steven Rooks) et d'autres grand coureurs comme Hugo Koblet, Fiorenzio Magni, Roger De Vlaeminck, Sean Kelly, Mikele Bartoli ou Erik Zabel n'ont jamais été sacrés sur cette course où le premier n'est pas toujours le meilleur.