Un Tour des Flandres centenaire et copieux
L'échappée victorieuse du Tour des Flandres 2012 | KRISTOF VAN ACCOM / BELGA MAG / BELGA/AFP

Un Tour des Flandres centenaire et copieux

Publié le , modifié le

La grande fête du cyclisme belge est arrivée. Né en 1913, le périlleux Tour des Flandres marquera dimanche (à 15h20 sur France 3) le premier des deux monuments pavés et boueux de l’année, avant Paris-Roubaix le 7 avril. La Petite Reine semble profilée pour les coureurs en forme du moment (Sagan, Cancellara) mais sera comme toujours très indécise. L’occasion pour un Français de créer la surprise ?

La Belgique fait carton plein

De Paul Deman en 1913 (en douze heures et trois minutes, sur un interminable parcours long de 324 kilomètres) jusqu’à Tom Boonen l’an passé, la course est indéniablement, et ce depuis son lancement, l’apanage des coureurs belges. Devant leur public, les locaux ont levé les bras 68 fois en 97 éditions, soit plus de deux fois sur trois. Un ratio impressionnant qui ne laisse que très peu de place aux coureurs « étrangers » : trois tricolores à peine ont remporté l’épreuve pavée en un siècle. Depuis Louison Bobet et Jean Forestier (1955, 1956), seul Jacky Durand, victorieux en solitaire (1992) a permis à la France de figurer au palmarès du Tour des Flandres.

Cancellara favori, Sagan en grande forme, mais…

« Il est vraiment unique, imbattable en ce moment ». Le compliment est de Mark Cavendish, battu mardi sur la première étape des 3 jours de la Panne, et s’adresse à Peter Sagan (Cannondale). Et pour cause : le Slovaque réalise un début de saison tonitruant. Deux victoires d’étapes sur le Tour d’Oman, autant sur Tirreno-Adriatico, deux podiums (GP E3, Milan-San Remo) et un succès de prestige (Gand-Wevelgem) : autant de performances qui le placent en sérieux prétendant, dimanche à Bruges. « Il s’amuse avec les autres », résume Patrick Lefevre, manager de l’équipe Omega Pharma - Quick Step.

Son principal concurrent, le grandissime favori Fabian Cancellara (Radio Shack), retourne ce weekend en Belgique après y avoir fait sensation sur le Grand Prix E3 la semaine dernière. Parti seul à 35 kilomètres de la ligne, il a maintenu l’écart sur ses poursuivants pour s’imposer en patron. En ce moment, « il est fantastique » prévient son directeur sportif Dirk Demol, conscient que le coureur suisse aura à cœur d’oublier le précédent Tour des Flandres (quadruple fracture de clavicule après une chute), mais qu’il sera aussi l’homme à battre sur les deux prochaines classiques.

Boonen en difficulté, Chavanel en leader

S’il s’est voulu rassurant sur son état de forme, Tom Boonen – victorieux au Tour des Flandres en 2005, 2006 et 2012 – ne semble toujours pas revenu à son meilleur niveau. Affaibli par une préparation hivernale chaotique, blessé au coude en début d’année, touché au genou après une chute à Gand-Wevelgem le weekend dernier, il  peinera à rouler au même niveau que Sagan ou Cancellara. Le Belge a d’ailleurs tiré un trait sur la dernière étape des 3 jours de la Panne pour se reposer en vue du grand rendez-vous. «  Il sera bien là sur le Tour des Flandres, mais pas au top de sa forme », confirme Patrick Lefevre.

« Par contre, ajoute t-il, nous pourrons jouer sur plusieurs tableaux, car Sylvain Chavanel et Niki Terptra ont la forme ! ». Il est vrai que le coureur français semble plus que jamais capable de surprendre les grands noms, et ce notamment sur le Tour des Flandres qui lui convient tout particulièrement (10e l’an passé, 2e en 2011). Bien placé sur chacune des courses dans lesquelles il s’est engagé en ce début d’année (vainqueur des 3 jours de la Panne jeudi, dans le top 5 de Milan-San Remo et de Paris-Nice), Chavanel pourrait bien profiter du coup de moins bien de son coéquipier belge pour se voir propulsé leader de la formation en Flandre. Être enfin protégé, passer avant Boonen… et avoir toutes les cartes en mains pour remporter la première grande classique de sa carrière.