Barguil
Warren Barguil (Team Fortuneo-Samsic). | Artur Widak / NurPhoto

Warren Barguil : « Je ne peux pas marcher toute l’année, j’en suis conscient »

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Double vainqueur d’étape et maillot à pois du Tour de France 2017, Warren Barguil est entré dans une autre dimension grâce à ses performances en juillet. Dans la foulée, le Breton a changé de formation pour intégrer une équipe française… et même bretonne, dans laquelle il est l’unique leader, Fortuneo-Samsic. Huitième en 2017 sur Paris-Nice, le Morbihannais attend beaucoup de sa première course World Tour de l'année.

Warren Barguil, vous entamez en ce moment une année charnière dans votre carrière, comment se passe votre nouvelle vie ?

Le début de saison est un peu poussif, comme d’habitude. J’ai changé d’équipe, de vélo, de chaussures… j’ai tout changé ! Ce n’est pas facile du tout, mais maintenant la saison est vraiment lancée et je suis sur de bons rails : j’ai passé un bon week-end en Ardèche où les deux courses ont été très dures. Ça m’a permis de progresser et je sais que ça va continuer au fil des courses.

Quels enseignements tirez-vous de vos premières sorties en compétition avec le maillot de Fortuneo Samsic ?

J’ai pris des repères, je me suis habitué à courir avec de nouveaux collègues. Ça change, puisque désormais on parle français dans les oreillettes ! Maintenant le bon boulot de l’hiver a été effectué et j’attends que les beaux jours reviennent pour pouvoir m’exprimer. L’avantage de revenir en France est très appréciable. Par exemple, pouvoir me rendre au service course facilement en voiture, c’est une différence qui compte.

Après le Tour de France que vous avez vécu, vous serez particulièrement attendu sur tous vos rendez-vous...

En fait je m’attends surtout moi-même. Je ne suis pas spécialement un coureur de début de saison, c’est un peu dommage parce que Paris-Nice est une course qui peut très bien me convenir, mais peut-être davantage dans l’avenir. J’aborde cet hiver avec une nouvelle façon de m’entraîner. Par exemple j’ai pris un peu plus de repos pour pouvoir arriver en meilleure forme sur les Ardennaises. Ce que j’ai fait l’an passé c’est très bien, mais j’ai surtout envie d’écrire de belles choses pour les prochaines saisons. Je regarde devant moi et plus tellement ces deux superbes victoires sur le Tour.

« Il me faut cette couche de gras sur Paris-Nice, pour éviter de tomber malade »

Ce changement de statut vous incite-t-il à viser le classement général sur Paris-Nice ?

Oui et non. Je sais que je ne peux pas marcher toute l’année, j’en suis conscient. Sur Paris-Nice je pars avec l’idée de viser dans les quinze premiers. Je n’ai pas une super condition, mais je vais m’accrocher mentalement. On ne sait jamais, il peut arriver que les jambes se débloquent, ça s’est produit l’an dernier et sur la fin j’ai bien performé. Je n’oublie pas que j’ai les Ardennaises en point de mire, c’est un gros objectif sur lequel je ne veux pas me louper. Je ne veux pas y arriver fatigué.

Vous êtes donc en retrait par rapport aux grimpeurs avec qui il faudra batailler pendant le week-end final ?

En ce moment, j’ai deux kilos de plus par rapport à mon poids du Tour, parce qu’il me faut cette couche de gras sur Paris-Nice, pour éviter de tomber malade. Or certains arrivent déjà à faire des ascensions au même niveau de puissance en watts/kilo que sur le Tour, mais c’est difficile pour moi à ce stade de l’année. J’ai certainement une réflexion différente sur mes objectifs. En même temps, je devrais aussi progresser au fil des jours pendant la semaine.

Plus généralement, quel regard portez-vous sur le parcours ?

C’est un super parcours, aller chercher des routes de ce genre-là, c’est exceptionnel. Commencer par cette étape, ça change de l’ancienne tradition des prologues. Je me souviens que l’année dernière la première étape avait fait des dégâts, et les bordures m’avaient finalement avantagé. Dans ces conditions extrêmes, ma p’tite couche de gras m’avait bien aidé. Je n’ai pas reconnu la montée à La Colmiane, mais je suis allé sur celle de Nice. Avec toutes ces bosses qui s’enchaînent, j’ai l’impression que c’est celle qui me correspond le mieux.

Au cas où vous seriez en position pour viser une place sur le podium, avez-vous l’effectif pour rivaliser en montagne ?

Je me sens bien entouré, j’ai des gens de confiance qui se donneront à 100 % pour moi. Ce sera un premier grand test pour l’équipe puisque c’est notre première course World Tour tous ensemble. Le fait que nous ne soyons plus que 7 peut aussi changer les stratégies.

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