Paris-Nice
Sur ce tracé, "tout peut se jouer partout" selon Christian Prudhomme | JEFF PACHOUD/AFP

Un Paris-Nice loin des stéréotypes

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Le tracé de l’édition 2014 de Paris-Nice, qui débute dimanche dans les Yvelines, est pour le moins surprenant. Sans prologue, ni contre-la-montre, ni même grande difficulté sur les arrivées, il promet une Course au Soleil inédite, très ouverte, qui fera la part belle aux audacieux.

C’est un parcours qui a de quoi déstabiliser plus d’un coureur. Les grimpeurs, qui espéraient profiter d’une ascension sélective pour créer un écart définitif. Les rouleurs, qui misaient sur un contre-la-montre pour se faire la malle. Tous ceux-là ont dû en faire, une tête, en découvrant que Paris-Nice 2014 ne proposait pas d’arrivée au sommet, pas de chrono, mais un parcours très long (1447 km, un total que l’on avait plus vu depuis 1968 sur la Course au Soleil) avec des difficultés bien réelles mais très dispersées.

Lors de l’étape de Belleville (201,5km), le peloton devra ainsi franchir la côte du Mont Brouilly et ses redoutables pentes, qui offrent des passages à 25%. Entre la 6e étape (221,5 km) et le final sur la Baie des Anges, ce ne sont pas moins de onze montées de deuxième et première catégories (dont le col d’Eze à 14 kilomètres de l’arrivée) qui s’enchaînent. "Nous voulons sortir des courses stéréotypées, s’était justifié le directeur de course François Lemarchand au moment de dévoiler le tracé de la 72e édition, début février. Chacun a sa chance sur ce type de parcours". Les sprinteurs, lors des trois premières étapes, puis les baroudeurs qui auront l’occasion de s’en donner à cœur joie sur ce que Lemarchand décrit comme des "routes flandriennes".

"Ca va se jouer à la seconde"

"Il n’est pas nécessaire de faire chaque année la même chose, renchérit le directeur du Tour Christian Prudhomme. Les contre-la-montre peuvent parfois figer les positions : là, tout peut se jouer partout. La course s’ouvre à toute une catégorie de coureurs qui peuvent se retrouver aux premières loges". Les aficionados des terrains escarpés s’en donneront à cœur joie, à l’image de Romain Bardet (AG2R) qui estime pouvoir "gratter des places et des secondes tous les jours (…), tenter des choses".  Une mentalité que loue Prudhomme, lequel estime que sur un tel parcours, "tout est fait pour que les coureurs osent".  

Chaque bonification s’annonce décisive, car à l’issue d’un tel tracé, le général pourrait se décider sur des détails. "C’est un Paris-Nice qui va se jouer à la seconde, sur des bordures au début, ou sur des chutes", nous confiait récemment Maxime Bouet (AG2R).  Pour succéder à Richie Porte à Nice, le 16 mars prochain, il faudra donc faire preuve d’audace, mais aussi d’opportunisme. A parcours innovant, vainqueur inédit ?