Nick Nuyens sur le Mur de Grammont en 2011
Nick Nuyens (Saxo Bank) sur le Mur de Grammont en 2011 | JOHN THYS / BELGA MAG / BELGA/AFP

Tour des Flandres :Toujours en mouvement

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Dimanche aura lieu le Tour de Flandres, un monument de la saison cycliste, peut-être la plus belle course de l’année. A travers les monts flandriens pavés et pentus, Cancellara, Boonen et consorts s’échineront à faire du "Ronde" un spectacle sur un parcours que les organisateurs réinventent chaque année ou presque.

Quelle course peut se permettre d’ôter de son parcours son plus célèbre passage sans perdre un gramme de prestige ? Depuis 2012, le Tour des Flandres réussit ce pari un peu fou. Auparavant jugée à Meerbeke, l’arrivée a été déplacée à Audenarde depuis deux ans. Conséquence immédiate, le célèbre Mur de Grammont, symbole du "Ronde" et lieu mythique du cyclisme a disparu du parcours. Choix périlleux des organisateurs s’il en est tant la légende du vélo s’est écrite sur le kilomètre de ce mont légendaire. Museeuw, Magni et plus récemment Boonen ou Cancellara, tous ont forgé leur victoire sur les pavés inégaux de la deuxième partie du mur. Des images spectaculaires pour les spectateurs massés sur le bord de la route et pour les téléspectateurs qui se régalent de ces empoignades qui restent dans les mémoires.

Personne n’a oublié les accélérations du "Lion des Flandres", Johan Museeuw après le village de Geraardsbergen (Gramont en néerlandais). Tout le monde se souvient de la passe d’armes entre Cancellara et Boonen en 2010 et de la polémique sur le moteur présumé installé sur le vélo de "Spartacus". Le Muur Kapelmuur (en néerlandais toujours) était à la fois somptueux et cruel. Somptueux car il a magnifié des Champions, cruel car il n’a aucune pitié pour les moins forts. C’est désormais de loin que le mur de Grammont regarde les Champions se disputer la victoire finale. Qu’à cela ne tienne, le Tour des Flandres n’a pas pris une ride. Quel est le secret des organisateurs ?

Le Paterberg promu

Pour l’édition 2014, ce ne seront pas moins de 17 monts que les coureurs vont devoir escalader. Une vraie galère pour les moins forts. Andrea Tafi, vainqueur en 2002, disait du Tour des Flandres que "seul les coureurs en forme peuvent dire que ce n’est pas une course difficile, pour les autres c’est un vrai chemin de croix".  Il ne croit pas si bien dire Tafi. En fait de monts il n’y en a que 14 puisque le Vieux Quaremont est escaladé trois fois et que le Paterberg l’est deux fois. Si l’on ajoute, le Koppenberg, on tient les trois monts les plus difficiles de la journée. Auparavant en milieu de parcours, le Paterberg a connu une promotion puisqu’il est désormais le juge de paix de la course. Pas très long (moins de 400m) mais effrayant (12,9% de moyenne et une pointe à 20%), le Paterberg est rendu plus difficile par le virage à angle droit qui permet d’y accéder. Nul doute que le plus fort se révélera sur ces pentes dimanche. Mieux, il intervient juste après l’ascension du Vieux Quaremont, autre mont mythique des Flandres. Moins pentu que ses compagnons (4% de moyenne), ce dernier est beaucoup plus long (plus de deux kilomètres). Quiconque sera en difficulté au sommet ne pourra pas se refaire la cerise puisque moins de trois kilomètres plus tard, le terrible Paterberg se profilera.

Là voilà la trouvaille des organisateurs : remplacer le Mur de Grammont, non pas par un mont aussi dur mais plutôt pas un enchaînement de deux ascensions délicates. La répétition des efforts fera mal à tout le monde. Car il ne fait aucun doute que ce sera le plus fort qui lèvera les bras à Audenarde. Le Tour des Flandres ne sacre que les plus grands.