La formation Omega Pharma-Quick Step sur Paris-Roubaix 2014
La formation Omega Pharma-Quick Step a fait un travail phénoménal sur ce Paris-Roubaix | FRANCOIS LO PRESTI / AFP

Terpstra, une victoire d'équipe

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Outsider sérieux, Niki Terpstra a profité d’une équipe Omega Pharma-Quick Step enfin au niveau auquel on l’attendait. Parfaite tactiquement, la formation de Patrick Lefevere a pu bénéficier d’un Boonen surpuissant pour mettre son coéquipier néerlandais sur les rails de la victoire.

Non Tom Boonen n’a pas soulevé pour la cinquième fois le pavé promis au vainqueur sur le podium mais la formation Omega Pharma-Quick Step fera quand même la fête ce soir. Si Niki Terpstra est le seul coureur de l’équipe belge à être monté sur le podium, il a bénéficié d’un travail incroyable de sa formation. "On savait que si ce n’était pas lui, ce serait Stybar, si ce n’était pas Stybar, c’était Boonen. C’est le meilleur de l’équipe qui l’a emporté." a analysé Jean-François Pescheux, directeur de Paris-Roubaix pour la dernière fois cette année. Le meilleur dans la meilleure équipe, indéniablement. Si sur le Tour des Flandres, la tactique de l’équipe du vainqueur du jour a pu faire débat, ce dimanche sur le Vélodrome de Roubaix, tous les suiveurs s’accordaient à dire que Wilfried Peeters et ses hommes avaient été parfaits. Christian Prudhomme a parlé de "loi du surnombre". Ce même surnombre qui n’avait été d’aucune utilité la semaine dernière sur le Tour des Flandres.

« Pas le plus frais mais le plus malin »

Sur le Vélodrome de Roubaix, c’est un Patrick Lefevere souriant et détendu qui s’est présenté devant la presse. Habitué des victoires sur L’Enfer du Nord, le manager belge est revenu sur les circonstances de course qui n’étaient, selon lui, "pas bonnes pour Omega" dans un premier temps. Ça c’était avant que "Tom Boonen ne prenne les choses en mains" toujours selon lui. Il est vrai qu’aujourd’hui, l’acteur majeur de la course a été le quadruple vainqueur de l’épreuve. Surpuissant, Tom Boonen n’a pas hésité à attaquer à plus de 60 kilomètres de l’arrivée. Le recordman de victoires sur l'Enfer du Nord mérite son surnom de "Tornado Tom". Mieux, il mérite sa légende. Patrick Lefevere n’est pas apparu surpris à l’évocation de cette offensive. Indice supplémentaire qui laisse penser qu’elle était préméditée. Une attaque qui aurait pu être décisive selon le vainqueur du jour, Niki Terpstra : "C’était une attaque très intelligente, au bon moment. Elle aurait pu aller au bout mais malheureusement BMC a réagi".

Une fois le regroupement général opéré, la formation Omega Pharma-Quick Step était alors en position de force. La tactique a alors été claire : attaquer. C’est ce qu’a dit Wilfried Peeters après la course :"Nous avons discuté tous les trois et nous savions que nous devions bouger. Zdenek (Stybar) était fort mais c’est Niki (Terpstra) qui a fait la bonne attaque". Même son de cloche chez le coureur néerlandais : "Les directeurs sportifs nous ont dit, à Zdenek (Stybar) et à moi, qu’on devait attaquer, c’est ce que j’ai fait".

Lefevere, sorcier de Paris-Roubaix

Une seule attaque qui s’est avérée décisive. Terpstra a aussi profité de la présence de John Degenkolb, dont la vitesse faisait peur à tout le monde. Et pour cause, l’Allemand a réglé tout le monde pour le gain de la deuxième place. Tout au long de la course, la formation belge a été actrice plutôt que spectactrice. Boonen et ses coéquipiers n’ont jamais laissé Cancellara respirer. Le Suisse s’est incliné face à un tel travail : "Niki (Terpstra) a attaqué seulement une seule fois et il a pris de l’avance. C’est la course. Ce sont les tactiques de la course. Moi je n’avais pas de solutions. Je n’avais pas la possibilité d’attaquer" a analysé Spartacus que l'on a rarement vu aussi défait. Face au coureur le plus en forme, Omega Pharma-Quick Step a joué la carte du collectif. De manière brillante.

Le mot de la fin revient à Patrick Lefevere, véritable sorcier de Paris-Roubaix : « J’ai perdu le compte mais je crois que je suis à 12 victoires ici ». Phénoménal. Si Terpstra a gagné, il le doit à la stratégie d’équipe. Quelque chose nous dit que Patrick Lefevere n’y était pas étranger.