Sep Vanmarcke, l'héritier

Sep Vanmarcke, l'héritier

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Troisième du Tour des Flandres dimanche dernier, Sep Vanmarcke confirme de courses en courses qu’il est un « Flandrien » de tout premier ordre. Déjà sur le podium à Roubaix l’an dernier, le Belge de 25 ans veut croire que demain, c’est déjà aujourd’hui pour lui.

Hier De Vlaeminck, Merckx, Museeuw, aujourd’hui Tom Boonen, et demain ? La Belgique, terre de classiques, a, de tout temps, eu un fer de lance sur les Flandriennes. Un leader, une locomotive. Les quatre coureurs cités comptent 22 Tour des Flandres et Paris-Roubaix cumulés. Le seul encore en activité, Tom Boonen, affiche aujourd’hui 33 printemps et semble en cruelle perte de vitesse. La place de locomotive belge va bientôt être vacante. Aujourd’hui, l’hériter est tout trouvé : Sep Vanmarcke. Venu d’une famille de cycliste, le natif de Courtrai est passé professionnel en 2009 au sein de l’équipe belge Topsport Vlanderen-Mercator. Il se révèle très rapidement en prenant la 2e place de Gand-Wevelgem en 2010. Bluffant pour un quasi néo pro et un débutant sur une flandrienne. Battu au sprint seulement par Bernard Eisel, Vanmarcke prend déjà date. Seulement, ils sont nombreux à avoir fait des promesses sur la dernière décennie : Leif Hoste, Andreas Klier ou encore Greg Van Avermaet qui s’est rappelé au bon souvenir de tout le monde en prenant la 2e place du Ronde dimanche mais qui reste un espoir déçu. Sep Vanmarcke, lui, a confirmé.

Cancellara, le cauchemar

Le jour de la confirmation au lieu de 25 février 2012. Le jour où Vanmarcke a commis le crime de lèse-majesté de battre, en Belgique, le grand Tom Boonen. Nous sommes alors sur le Het Nieuwsblad (ex Het Volk), habituelle rentrée des classes en Belgique. Alors dans un groupe de cinq, le coureur de la Garmin accélère dans le dernier secteur pavé de la course et emmène dans ses bagages, Boonen et Flecha. On pense alors que « Tommeke » va régler  tout ce petit monde au sprint mais stupeur, c’est bien son cadet qui lève les bras. Transparent sur les Flandres et Roubaix, Vanmarcke revient plus fort en 2013 et explose clairement à la face du monde en tenant tête au grand Fabian Cancellara. Le Suisse le bat pour la première fois avant la deuxième à Audenarde dimanche dernier. Sans « Spartacus », Vanmarcke aurait un Paris-Roubaix à son palmarès et aurait couru différemment le Ronde cette année. Dans le final, Vanmarcke n’a cessé de surveiller son adversaire suisse. Au point d’en oublier son sprint ? Peut-être. Cancellara semble posséder un avantage psychologique sur le Belge.

Cette force mentale, cette assurance, Sep Vanmarcke ne la possède pas encore. Le monde des classiques est un océan de requins où la faiblesse, ne serait-ce que sur une seconde, n’a pas sa place. Battu par deux fois sur les trois dernières classiques flandriennes alors qu’il pouvait l’emporter, Vanmarcke ne doit pas faire de complexe d’infériorité. Dimanche, il a fait preuve d’une puissance phénoménale et s’est même permis le luxe d’attaquer son rival. Alors que l’on attendait, Sagan, c’est bel et bien lui qui a été le plus dangereux adversaire pour Fabian Cancellara.

Paris-Roubaix, la première ?

Eddy Merckx avait 23 ans quand il a décroché son premier Paris-Roubaix, Roger De Vlaeminck en avait 25 pour son Paris-Roubaix en 1972, Johan Museeuw affichait 28 printemps pour sa victoire sur le « Ronde » en 1993 et Tom Boonen en avait 25 pour sa première victoire sur Paris-Roubaix. Si Eddy Merckx est intouchable, Sep Vanmarcke. affiche le même âge que De Vlaeminck et Boonen pour leur premier succès sur un monument. Le coureur de la Belkin est-il capable de lever les bras sur le Vélodrome de Roubaix dimanche ? Indéniablement la réponse est oui. Il apparaît même comme le seul à être capable de battre Cancellara à la régulière. Puissant, intelligent, rapide au sprint, Vanmarcke possède toutes les qualités pour réaliser son premier grand exploit. Dimanche, il participera à son quatrième « Enfer du Nord ». Sur une course qui nécessite une connaissance parfaite du terrain, l’expérience acquise ne sera pas superflue. Avec une équipe solide autour de lui, Vanmarcke a toutes les cartes en main. Ne lui reste plus qu’à les abattre au bon moment. Pour ouvrir un palmarès qui grossira forcément dans les années à venir.

Christophe Gaudot @ChrisGaudot

UCI World Tour