Cancellara, Vanmarcke et Boonen sur le Tour des Flandres
Cancellara, Vanmarcke et Boonen sur le Tour des Flandres | KRISTOF VAN ACCOM / BELGA MAG / BELGA/AFP

Paris-Roubaix:Jeu de dupes entre favoris

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Cancellara, Vanmarcke, Boonen et Sagan se sont renvoyé la balle lors de la présentation des équipes juste avant l'Enfer du Nord. Si les trois derniers désignent le Suisse comme immense favori, ce dernier a rappelé que ce n’était pas à lui de faire la course.

Quelle tactique adopter pour battre un Cancellara aussi fort qu’en ce moment ? C’est la question à laquelle doivent répondre ses principaux adversaires, au premier rang desquels on retrouve évidemment Sep Vanmarcke mais aussi Peter Sagan et Tom Boonen. Ce dernier est le seul de la bande des quatre à ne pas avoir parlé de ses adversaires ou presque. Interrogé sur la nouvelle génération, le Belge est apparu plus prolixe qu’il y a encore quelques semaines : « C’est la première fois que je vois vraiment une nouvelle génération pointer le bout de son nez » analyse « Tommeke » qui disait encore il y a peu que les jeunes n’étaient "pas à son niveau ou celui de Cancellara".

Mais plus encore que la jeune garde surprise, le coureur d’Omega Pharma-Quick Step a souhaité rappeler que d’autres pouvaient faire la course. Un moyen de se dédouaner alors que son équipe est sans doute la plus solide ? Sans doute mais Boonen a mis en avant la belle forme de Van Avermaet ou les qualités de Sagan : « Il y a des coureurs moins jeunes qui appréhendent un nouveau rôle, comme Van Avermaet qui marche fort. Nous devons aussi surveiller ce que Sagan est capable de faire ». Souriant, Boonen n’a pas fait tâche dans un étalage de confiance un poil exagéré.

Vanmarcke n’est pas à l’aise avec son statut

Premier de la bande à se présenter devant le public, puis la presse, Sep Vanmarcke est aussi le premier à avoir pointé du doigt le favori ultime : " Cancellara est favori après ce qu’il a fait la semaine dernière." Limpide et surtout imparable. Plus en difficulté quand il a s’agit de parler de lui et de son statut, le coureur de la Belkin s’en est d’abord sorti par une pirouette en évoquant sa condition : "Je me sens bien, la semaine a été bonne. J’ai prouvé que je pouvais me battre avec les meilleurs" avant de devoir se livrer : "Pour moi, c’est toujours bizarre d’être dans la position de favori mais c’est normal vu mes résultats sur les dernières classiques." Adversaire principal de Fabian Cancellara, le Belge a du écouter avec attention les conseils de « Spartacus ».

Moins enclin à échanger avec les journalistes, le coureur de Trek a tout de même livré son sentiment sur la course de demain : "Je suis relax. Je n’ai rien à perdre. Avoir déjà gagné des courses comme ça est une force que je peux utiliser dans la course. Ce sont les autres qui doivent abattre leurs cartes, moi je vais pouvoir attendre le dernier moment ". Fin psychologue, Cancellara sait évidemment qu’il va attaquer. Il l’a déjà fait très loin de l’arrivée et pourrait le refaire dimanche s’il se sent menacé.

Sagan égal à lui-même

Le seul qui a semblé en dehors de ces considérations est Peter Sagan. D’une humeur taquine, pour ne pas dire plus, Sagan a fait du Sagan. Lunette de soleil sur les yeux, sourire narquois en coin, le Slovaque a répondu comme il voulait répondre aux questions des journalistes. Il a d’abord balayé d’un revers de la main son échec sur le Tour des Flandres la semaine dernière : "Toutes les courses sont différents et chaque année l’est aussi. Demain, je pense que je serai bien et j’essayerai de faire de mon mieux " avant de faire ce qu’il sait faire le mieux : le show. Interrogé sur ses réelles chances de victoire sur le Vélodrome de Roubaix, le Slovaque a feint d’être agacé : « Pourquoi je ne pourrai pas gagner cette course ? Si je suis là c’est que je pense pouvoir la gagner. Vous croyez quoi ? Que je suis là pour les vacances ? ». Voilà pour la presse. Décontracté, le récent vainqueur de la première étape des Trois jours de La Panne est au moins en adéquation totale avec ses paroles : la pression il ne connaît pas.

Aujourd’hui souriants, demain guerriers, les favoris du 112e Paris-Roubaix avaient encore tout loisir de se cacher ce samedi. Dimanche sur les 51 kilomètres de pavés, il sera alors temps de dévoiler son jeu.