Fabian Cancellara Paris-Roubaix
Fabian Cancellara s'impose pour la troisième fois de sa carrière sur Paris-Roubaix. | EPA/MAXPPP

Paris-Roubaix sous le joug de Cancellara

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La 111e édition de Paris-Roubaix a été remportée par Fabian Cancellara (Radioshack Leopard). Le Suisse, auteur d’un très grand numéro, s’est imposé au sprint devant Sep Vanmarcke (Blanco) pour enlever la Reine des classiques pour la 3e fois après 2006 et 2010. Il réalise un doublé retentissant après son succès au Tour des Flandres. La 78e victoire de sa carrière. Terpstra a pris la 3e place, Gaudin la 5e et Turgot la 10e.

Impressionnant ! Fabian Cancellara a réalisé une vraie démonstration de force pour mater la concurrence et s’adjuger la plus atypique des classiques. Ses derniers challengers (Stybar, Vandenberg, Gaudin, Chavanel) ont tous sauté un par un, incapables de résister aux coups de boutoir de « Spartacus ». Seul Sep Vanmarcke a pu accrocher la roue de l'Helvète presque jusqu'au bout, ratant l'exploit pour quelques centimètres.

La course est partie de Compiègne sous un beau soleil. La première échappée de la journée a concerné 13 coureurs : Siskevicius (Sojasun), Boivin (Cannondale), Thurau (Europcar), Jungels (RadioShack), Veuchelen (Vacansoleil), Smukulis (Katusha) Steegmans (Omega Pharma), Rathe (Garmin), Debuschere (Lotto), Morkov (Saxo Bank), Teruel (Movistar), Koretsky et Lemontagner (Bretagne Séché). Elle n’a pas dépassé le km 75.

Offredo chute

Arnaud Démare (FDJ) a été victime de la première crevaison et Ian Stannard (Sky) de la première chute, sans conséquence. Pavés de bonnes intentions, les Français ont pourtant rapidement déchanté, à l’image de Jimmy Engoulvent (Sojasun) ou Sébastien Chavanel (Europcar), largués loin du peloton de tête à 130 km de l’arrivée, ou de Yoann Offredo, victime d’une chute d’inattention spectaculaire (le Français de la FDJ regardait derrière lui quand il a heurté un îlot directionnel, avant d’abandonner, touché au menton).

A l’avant, les manœuvres commençaient : Edvald Boasson Hagen (Sky), Geraint Thomas (Sky) et Taylor Phinney (BMC) obligeaient la formation Omega Pharma-Quick Step à s’employer. Un groupe de quatre coureurs réussissait à prendre la poudre d’escampette : Gert Steegmans (Omega), Stuart O’Grady (Orica-GreenEdge), Mathew Hayman (Sky) et le jeune Tricolore Clément Koretzky (Bretagne-Séché) s’octroyaient rapidement deux minutes d’avance. Mais les Saxo-Bank se portaient en tête du peloton pour réduire l’écart pendant que Thor Hushovd (BMC) tentait de revenir d’une crevaison.

Ladagnous à terre

Les coureurs traversaient alors la célèbre trouée d’Arenberg, portés par les clameurs de la foule. Au sortir de la principale difficulté du jour, l’avance des fuyards s’était réduite à 40 secondes sur un peloton comprenant une cinquantaine d’hommes. A 73 km de l’arrivée, Filippo Pozzato (Lampre) et Geraint Thomas (Sky) étaient pris dans une chute. Mathieu Ladagnous, placé derrière, perdait également du temps (il sera victime d’une chute un peu plus tard et se tiendra le genou). 

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A l’avant, le duo Steegmans-Hayman conservait la tête devant un groupe de trois composé de Michael Schar (BMC), O’Grady et Koretzky. Le Belge et l’Australien (10e en 2011 et 8e en 2012) se relayaient parfaitement. Ils attaquaient le secteur pavé numéro 12 avec 1’12 sur le peloton des favoris juste avant d’être rejoints par Schar. Derrière eux, Damien Gaudin (Europcar) partait en contre et parvenait à rattraper le trio.

Cancellara durcit la course

Fabian Cancellara profitait de ce moment pour placer une énorme accélération, à 50 km de l’arrivée. Sylvain Chavanel (Omega) prenait sa roue. L’avance du quatuor de tête fondait comme neige au soleil. La jonction s’opérait à 47,5 km de l’arrivée et un groupe de 13 se propulsait devant avec notamment Cancellara –esseulé-, mais aussi Chavanel, Terpstra, Vandenbergh, Van Avermaet, Paolini, Eisel, Flecha, Gaudin, Langeveld, Vanmarcke, Stybar ou Turgot qui crevait malheureusement quelques kilomètres plus loin.

Rapidement, quatre hommes se détachaient (Gaudin, Vanmarcke, Langeveld et Vandenbergh), suivis d’un autre quatuor (Stybar, Van Avermaet, Paolini et Flecha) à quelques secondes, puis du groupe Cancellara, Boom, Eisel, Terpstra, et enfin du groupe Chavanel, le tout en moins de 50 secondes. Spartacus accélérait encore pour revenir seul sur le premier groupe de poursuivants, à 29 km de la ligne. Puis Vandenbergh (Omega) et Vanmarcke (Blanco) s’enfuyaient pour prendre 45 secondes d’avance à 24 km de l’arrivée.

Spartacus conclut en beauté

Cancellara en remettait une couche et seul le Tchèque Stybar (Omega) parvenait à rester dans son sillage, à 25 secondes des deux Belges. Le Suisse produisait un effort hallucinant pour recoller à 20 km, à l’entrée du secteur pavé de Camphin-en-Pévèle. Très fatigué, Vandenberg chutait à 16 km de l'arrivée, après avoir touché un spectateur. Puis Stybar, à son tour victime d’un spectateur, était contraint de déchausser, laissant partir le duo Cancellara-Vanmarcke. Le Suisse et le Belge collaboraient parfaitement dans les ultimes kilomètres pour accroître leurs distances et se disputer la victoire à la loyale.

Cancellara attaquait son rival à 4 km du but mais Vanmarcke résistait brillamment à l'assaut du maître. Spartacus s'imposait finalement en pistard d'une toute petite longueur d'avance, à l'issue d'un dernier tour extraordinaire de puissance et de maîtrise.

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