Paris-Roubaix: Sans Cancellara et Boonen, une page se tourne ?

Paris-Roubaix: Sans Cancellara et Boonen, une page se tourne ?

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Pour la première fois depuis 2001, ni Tom Boonen, ni Fabian Cancellara ne seront au départ de la "reine des classiques". Et si c’était la fin d’une ère et le début d’une nouvelle ?

Pas une seule fois en dix ans, Tom Boonen et Fabian Cancellara n’ont pas été cités parmi les favoris de Paris-Roubaix. Depuis la première victoire de Tom Boonen en 2005, ils ne sont que trois (O’Grady en 2007, Vansummeren en 2011 et Terpstra en 2014) à avoir soulevé le pavé promis au vainqueur sur le Vélodrome de Roubaix. Une seule fois ils ont été absents du podium en même temps (2007). Au même titre que le Tour des Flandres, la rivalité Boonen-Cancellara symbolise Paris-Roubaix autant que ce dernier symbolise cette rivalité. 

« Tornado Tom » ne souffle plus 

A 34 ans tous les deux, "Tommeke" et "Spartacus" ne sont plus tout à fait des coureurs de l’avenir. Sont-ils seulement encore des coureurs du présent ? La dernière victoire du Belge sur une classique du nord date de 2012 et sa saison formidable (E3, Wevelgem, Ronde et Roubaix). Pour le Suisse, c’est mieux avec un succès arraché au forceps et à l’expérience dans le Tour des Flandres 2014. Cancellara paraît encore capable de rivaliser avec la nouvelle génération, celle des Sagan, Kristoff, Vanmarcke, Stybar ou Thomas. Pour Boonen c’est beaucoup moins sûr.

Déjà en 2010-2011, on avait cru le quadruple vainqueur de Paris-Roubaix « fini ». En deux saisons, le Belge n’avait remporté « que » Gand-Wevelgem. En 2013, il frôle l’amputation du bras gauche après l’infection d’une plaie. Le corps de Boonen lui rappelle qu’il n’est plus le jeune fringant qui prenait la troisième place de Paris-Roubaix pour sa première participation en 2002.

Cancellara, 2016 puis la fin ?​​

L’année 2014 doit lui permettre de revenir au premier plan. Pas blessé, mais perturbé sans sa préparation Boonen ne brille guère sur les classiques malgré une belle activité sur Paris-Roubaix. La victoire de Terpstra à Roubaix prouve qu’il n’est plus le seul maître à bord. 

Pour Cancellara, la situation est autre. Sa victoire sur le Ronde en 2014 rappelle qu’il est encore fringant. Sa chute sur le Grand Prix E3 a aussi rappelé que la fin de carrière approche. En début de saison, il avait annoncé ne pas vouloir pousser plus loin que 2016, soit la fin de son contrat actuel.C’est dire qu’il ne reste qu’une chance à « Spartacus » pour se rebeller face à la jeune génération. Ensuite, il faudra tourner la page.

Christophe Gaudot @ChrisGaudot

UCI World Tour