Dan Martin (à gauche) Alberto Contador (au centre), deux des prétendants à Paris-Nice
Dan Martin (à gauche) Alberto Contador (au centre), deux des prétendants à Paris-Nice | Philippe LOPEZ / AFP

Paris-Nice : Porte, Contador, Alaphilippe, où en sont les favoris ?

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Romain Bardet dehors, Richie Porte largué au général, il ne reste qu'Alberto Contador à pouvoir gagner Paris-Nice dans le trio des favoris au départ. Mais l'Espagnol est lui-même repoussé à plusieurs dizaines de secondes de coureurs comme Julian Alaphilippe ou Sergio Henao. Revue d'effectifs et des forces en présence avant le contre-la-montre du Mont Brouilly.

►Ils ont déjà perdu Paris-Nice

Il était le plus attendu, la déception est d'autant plus grande, Romain Bardet n'a passé que quelques heures sur la 75e édition de Paris-Nice. La faute à une chute, à une légère panique et à une faute collective de la part d'Ag2r-La Mondiale. A voir l'activité, sur place et via communiqué, du service communication de la formation française dimanche à Bois d'Arcy, on comprenait que l'épisode était loin d'être anecdotique. Loin d'être anecdotique aussi, la lente chute de Richie Porte depuis trois jours. Souriant et sûr de son fait comme toujours dimanche au départ, l'Australien a perdu de sa superbe se réfugiant rapidement dans le bus de sa formation BMC après l'étape dantesque de lundi qui l'a vu perdre plus d'un quart d'heure au général. Au moment de son passage sur la ligne à Amilly, Arnaud Démare endossait son second maillot jaune sur le podium. L'image était forte. Venus avec des ambitions, Jakob Fuglsang (+17'04'' au général), Pierre Latour (+37'26'') ou même Lilian Calmejane (+37'31'') ont eux aussi abandonné tout espoir de bien figurer au général.

►Ils peuvent encore y croire

Question : repoussé à 1'18'' d'Arnaud Démare au général et donc à 1'02'' d'Alaphilippe et à 59 secondes d'Henao et de Martin, Alberto Contador peut-il encore briguer un troisième succès sur la "Course au Soleil" ? La réponse est évidemment oui. Oui car El Pistolero est un coureur exceptionnel, oui car le Col de la Couillole et ses 1700 mètres d'altitude samedi l'avantageront, lui le pur grimpeur, et oui car il peut surprendre tout le monde à tout moment. Il n'empêche que l'Espagnol est apparu marqué ce mercredi soir après deux étapes dans des conditions difficiles et une nouvelle dans le froid hier, lui qui aime par dessus tout la chaleur.

Ce Paris-Nice exceptionnel ayant créé des écarts monstres au général (le 31e, John Degenkolb est déjà à neuf minutes), ils ne sont plus beaucoup à pouvoir y croire. Le Français Warren Barguil en fait partie. Sans faire de bruit, le Breton est encore dans les clous (17e à 1'17''). Au départ de la 3e étape, il a longuement discuté avec Bernard Hinault près du podium. Et si le "Blaireau" lui avait donné de bons conseils ? Au dessus de la minute, il reste aussi Ilnur Zakarin (14e à 1'01''). Vainqueur d'une étape du Tour 2016, le Russe est redoutable quand la pente se fait dure.

►Ils sont très bien placés pour remporter Paris-Nice​

Vainqueur du Tour de Californie la saison dernière, Julian Alaphilippe est capable de remporter une course par étapes de huit jours. Et s'il succédait à Laurent Jalabert (dernier vainqueur français en 1997) à qui il ressemble dans le profil de coureur ? Puncheur-grimpeur, l'homme de Quick Step-Floors est en forme sur ce Paris-Nice, comme l'a prouvé sa deuxième place dimanche derrière Démare. Il est d'ailleurs le dauphin du Picard au général et possède 17 secondes d'avance sur un duo composé de son coéquipier Dan Martin et de Sergio Henao.

Chez Quick Step, on pourra jouer sur deux tableaux à partir de vendredi avec le discret mais toujours présent Martin et le spectaculaire Alaphilippe. Mais les deux compères devront se méfier de celui qui apparaît comme le favori numéro un désormais : Sergio Henao. Dans la longue lignée des coureurs Sky, le Colombien ne fait pas tâche, à la seule différence que son talent n'a d'égal que sa discrétion. Sans maillot de champion national de Colombie, on le remarquerait à peine. Dimanche à Nice, il pourrait pourtant remporter la plus belle course de sa carrière.