Richie Porte vainqueur de Paris-Nice 2013
Richie Porte remportera-t-il Paris-Nice pour la seconde année consécutive Paris-Nice ? | JEFF PACOUD - AFP

Paris-Nice: Ouvert comme jamais

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Boudée par les stars du peloton comme Froome ou Contador, Paris-Nice présente un plateau de prétendants assez large. De Betancur, l’homme en forme, à Porte le tenant du titre en passant par le Champion du monde Rui Costa ou l’Italien Vincenzo Nibali.

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Parfois linéaire, Paris-Nice a décidé de sortir des sentiers battus pour cette 72e édition. Au point de faire fuir les grands noms du cyclisme ? On peut le penser même si la tendance d’un Tirreno-Adriatico de plus en plus prestigieux est en vogue depuis quelques années maintenant. Toujours est-il que le plateau qu’offre le Paris-Nice 2014 est un plateau, si ce n’est de seconde zone, en tout cas en dessous des standards d’une épreuve World Tour. Bilan, la course devrait être ouverte et pourrait sacrer facilement une dizaine de coureurs.

Si ASO et Christian Prud’homme promettent un scénario débridé, on veut bien les croire. Le cercle des « favoris » pourrait se résumer en trois noms : Richie Porte, tenant du titre, Carlos Betancur, aérien au Tour du Haut-Var et Vincenzo Nibali qui disputera Paris-Nice pour la première fois. Derrière ce trio, une flopée d’outsiders tentera de se faire une place au soleil. Pêle-mêle, on peut citer Simon Gerrans, l’expérimenté australien, Tejay Van Garderen, l’Américain de la BMC, Rui Costa, le Champion du monde, dont le profil colle parfaitement à une course comme Paris-Nice, Lieuwe Westra, deuxième à 8 secondes de Wiggins en 2012, les frères Schleck, revanchards ou encore pourquoi pas Romain Bardet et Tony Gallopin, les deux meilleurs chances françaises.

Porte, la passe de deux ?

Vainqueur l’année dernière, Richie Porte est en lice pour réaliser un doublé qu’aucun coureur n’a réussi depuis Alexandre Vinokourov en 2002 et 2003. L’année dernière, il avait profité d’un Paris-Nice moins nerveux et surtout d’une équipe Sky dominatrice comme à son habitude. Pourra-t-il rééditer la performance ? Rien n’est moins sûr. Pour plusieurs raisons. Premièrement l’absence de contre-la-montre va pénaliser le rouleur australien même si l’an dernier il n’avait pas attendu le Col d’Eze pour prendre la tête du classement. Deuxièmement le profil des étapes est à l’opposée de ce qu'il aime. Plus rouleur que grimpeur pur, l’Australien aborde les cols en puissance, restant assis sur sa selle. Ce manque d’explosivité devrait lui jouer des tours sur les arrivées prévues sur ce Paris-Nice. Face à un Carlos Betancur, on ne donne même pas très cher de sa peau.

Le grimpeur de l’équipe AG2R-La Mondiale révélé sur les routes du Giro en 2013, ferait presque figure d’épouvantail. A l’aise sur les côtes très pentues, Betancur est dans une forme étincelante. Au Tour du Haut-Var, le Colombien a littéralement écrasé la concurrence sur l’étape arrivant à la Croix-Valmer, s’imposant au nez et à la barbe des sprinteurs Degenkolb et Dumoulin. Autre coureur à suivre et non des moindres : Vincenzo Nibali. Le « Requin de Messine » arrive sur la pointe des pieds au départ de Mantes-la-Jolie. Plus adepte des routes italiennes, Nibali n’a jamais disputé Paris-Nice. Un manque d’expérience qui pourrait compter sur une épreuve se jouant souvent sur des détails. Néanmoins, le palmarès parle pour l’homme vainqueur du Giro en 2013 et de la Vuelta en 2010.

Et les Français ?

La France attend un successeur à Laurent Jalabert depuis 1997 sur la « Course au soleil ». Souvent à l’aise sur les premiers jours, Sylvain Chavanel a toujours buté sur les limites de ses capacités sur la fin de semaine. Troisième en 2009, « Chacha » n’a jamais pu faire mieux. Troisième, c’était aussi le classement final de Jean-Christophe Péraud la saison dernière. Mais l’ancien vététiste a choisi Tirreno-Adriatico cette année, laissant le champ libre à son jeune coéquipier Romain Bardet sur les routes françaises. Bardet sera co-leader de la formation AG2R à côté de Carlos Betancur mais si d’aventure le Colombien prenait rapidement les devants, on se doute que Bardet devrait se ranger dans un rôle d’équipier.

Un rôle que Tony Gallopin ne devrait pas connaître. Au sein d’une équipe Lotto-Belisol homogène (avec Vandendert et Monfort notamment), le vainqueur de la Clasica San-Sebastian en août dernier pourrait avoir les coudées franches. Sur un parcours qui sied à ses qualités, Gallopin peut réaliser un joli coup et prendre une autre dimension à l’approche des Flandriennes, son premier grand objectif de la saison.

Pour le reste, on surveillera Thomas Voeckler. L’ancien maillot jaune du tour se remet d’une fracture de la clavicule et devrait apparaître un peu en retard sur sa préparation. Malgré tout, un exploit n’est jamais à exclure avec Voeckler.