Julian Alaphilippe va souffrir aujourd'hui sur les pentes du Col de la Couillole
Julian Alaphilippe va souffrir aujourd'hui sur les pentes du Col de la Couillole | Philippe LOPEZ / AFP

Paris-Nice : Julian Alaphilippe peut-il triompher 20 ans après Laurent Jalabert ?

Publié le , modifié le

Trente-trois secondes d'avance sur Tony Gallopin, quarante-six sur Sergio Henao, Julian Alaphilippe peut-il conserver ce matelas d'avance sur ses deux principaux adversaires au classement général ? C'est toute la question du dernier week-end de Paris-Nice.

Depuis mercredi et sa prise de pouvoir au Mont Brouilly, en force et au bout de l'effort, la question brûle les lèvres des suiveurs de Paris-Nice : Julian Alaphilippe est-il capable de remporter cette fameuse "Course au soleil" qui a retrouvé la chaleur depuis vendredi et l'arrivée si difficile à Fayence ? Chacun y va de son analyse mais un nom revient dans chaque discussion : Couillole. Le plus haut col jamais escaladé par Paris-Nice (1 678 mètres) est au programme de l'étape de ce samedi et ses 15,7 kilomètres d'ascension à 7,1% de moyenne font craindre une chute du coureur de Montluçon.

"Plutôt un grimpeur" dit son entraîneur

"Moi je pense qu’il peut devenir un très bon coureur de courses à étapes. Il a une très bonne récupération, il est assez complet, voilà ce que nous disait Franck Alaphilippe son entraîneur et cousin lors du dernier Tour de France qui avait révélé le leader de Paris-Nice au très grand public. Je le mets dans la catégorie des grimpeurs. La haute montagne, il ne connaît pas encore, c’est autre chose mais pour moi il est grimpeur." Si son entraîneur le dit... La haute montagne, Alaphilippe l'a découverte lors de la dernière Grande Boucle achevée à la 41e place. Il n'empêche qu'Alaphilippe s'est montré dans la haute montagne et a prouvé qu'il avait des qualités de grimpeur. On se souvient de son numéro entre Bourg-en-Bresse et Culoz lors de la très difficile 15e étape pour une cinquième place finale, la faute en partie à un saut de chaîne.

"La clé de la course ? Savoir si et quand Alaphilippe va craquer ?"

"En réalité, la clé de cette course, c'est de savoir si et quand Alaphilippe va craquer ?, détaillait vendredi matin Alain Gallopin, le directeur sportif d'Alberto Contador, pour le site officiel de la cour. Demain (aujourd'hui, ndlr), ce sera une étape dure de montagne mais je me rappelle qu'il avait fini 6e du Dauphiné l'année dernière, et qu'à Abu Dhabi il n'y a pas si longtemps, sur une montée de 12 kilomètres il a terminé avec les meilleurs grimpeurs". Tous ces témoignages laissent croire que oui Julian Alaphilippe sera encore en jaune dimanche soir à Nice. Vendredi, Sergio Henao a profité de l'arrivée au Mur de Fayence pour reprendre 19 secondes. Il est sans contestation possible l'adversaire numéro un de Julian Alaphilippe.

Mais si la pression faisait perdre une partie de ses moyens au toujours souriant coureur de Quick-Step Floors ? Allongé sur sa table de massage  entre les mains expertes de Molly, son soigneur, mercredi soir, Alaphilippe a reconnu que pour l'une des premières fois de sa carrière, il avait ressenti un peu de pression le matin même. L'idée d'endosser le maillot jaune lui a fait perdre un peu de sa gouaille naturelle. Comment réagira-t-il si Sergio Henao et consorts mettent le feu à la course ? Là est une partie de la solution de l'équation.