Nacer Bouhanni (Cofidis)
Nacer Bouhanni | Equipe Cofidis

Nacer Bouhanni: "L'impression d'être plus fort"

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Arrivé chez Cofidis à l'intersaison après quatre années fructueuses chez la FDJ, Nacer Bouhanni entame la deuxième étape de sa jeune carrière. La formation française ayant tout misé, ou presque, sur le champion de France 2012, le Vosgien se sait attendu mais assure que ça ne change rien pour lui. Nacer Bouhanni a "l'impression d'être plus fort". Il faudra vite le prouver pour être prêt pour son premier grand rendez-vous, Milan-San Remo.

La page FDJ est définitivement tournée ? 

Nacer Bouhanni: "On est en 2015, je suis chez Cofidis donc elle est tournée oui. J’ai hâte que la saison commence maintenant. J’ai deux grosses périodes d’objectifs on va dire : Paris-Nice, Milan-San Remo et Gand-Wevelgem puis le Tour de France. J’ai pu avoir des bonnes conditions d’entraînement à Nice où j’ai été reconnaître Milan-San Remo. Je suis prêt."

Première fois que vous changez d’équipe professionnelle, c’est la saison la plus importante de votre carrière…

N.B.: "Oui forcément. C’est un changement, une nouvelle équipe. J’ai passé 4 ans au sein de l’équipe FDJ. J’ai signé pour deux ans avec Cofidis. J’ai des nouveaux objectifs, de nouveaux coéquipiers. Pour le moment l’intégration se passe bien. J’ai pu faire un premier stage lors duquel on a accumulé les kilomètres pour être ensemble. Je pars demain (jeudi) sur le dernier stage avant le début de saison. On va affiner les réglages et travailler surtout mon train pour les sprints."

Au niveau de la préparation, que va vous apporter Apurna (avec qui Nacer Bouhanni vient de signer un partenariat) ?

N.B.: "C’est surtout au niveau de la récupération. On sait que c’est très important pour nous les cyclistes. Et puis, il y a aussi des choses pour travailler le muscle. Surtout, Apurna est certifié conforme sur la lutte antidopage, c’était très important pour moi."

Avez-vous changé quelque chose en particulier dans votre préparation en arrivant chez Cofidis ?

N.B.: "Je travaille toujours de la même façon. J’ai fait essentiellement de la boxe anglaise et de la musculation pendant l’hiver. A partir du stage début décembre, je suis remonté sur le vélo pour faire des kilomètres et je me suis concentré essentiellement sur les entraînements et les heures sur la selle." 

C’était important pour vous de conserver votre entraîneur Jacques Décrion auprès de vous ?

N.B.: "C’était très important pour moi d’avoir Jacques Décrion à mes côtés. C’est quelqu’un en qui j’ai confiance, avec qui j’ai une bonne affinité, le courant passe très bien. C’était primordial pour moi de l’avoir à mes côtés au sein de l’équipe Cofidis pour la suite de ma carrière." 

Parlez-nous de votre train pour les sprints…

N.B.: "J’ai quatre personnes pour me lancer idéalement dans les sprints. Travailler avec le même groupe de personnes, c’est très important pour moi. Il y a aura Dominique Rollin (sorti de sa retraite pour signer avec Nacer Bouhanni) avec qui je m’entends très bien, Jonas Ahlstrand (transfuge de Giant-Shimano à l’intersaison), Adrien Petit, qui est excellent pour emmener, et Geoffrey Soupe (parti de chez FDJ en même temps que lui) que je connais très bien." 

Estimez-vous ce train au niveau des meilleurs trains du monde ?

N.B.: "On le saura très vite, dès le début de saison. Il y aura Majorque, Qatar et Oman pour affiner le train et ensuite à Paris-Nice, on entrera dans mes objectifs de début de saison avec le triptyque Paris-Nice, Milan-San Remo, Gand-Wevelgem. L’idée est d’être au top sur ces courses-là. Mais je pense qu’on a très bon train. C’est réellement à Paris-Nice qu’il faudra être au top pour au moins remporter une victoire d’étape." 

Si aujourd’hui, on vous dit que Marcel Kittel est le seul sprinteur meilleur que vous, ça vous inspire quoi ?

N.B.: "Je ne suis pas là pour me comparer avec les autres sprinteurs. Il y a des très bons sprinteurs au niveau mondial, il n’y a pas que Kittel, il y a aussi Cavendish, Greipel, Degenkolb, Sagan. Je me concentre sur ma carrière, mes objectifs. Je ne me compare pas." 

En 2014, on vous a vu briller sur des arrivées difficiles (Route du Sud, Vuelta, Championnat monde), c’est une progression logique ou ça résulte d’un entraînement particulier ?

N.B: "Je me durci au fur et à mesure des années. Je passe de mieux en mieux sur les parcours qui sont un peu accidentés. J’ai l’impression d’être plus fort. C’est de bon augure pour le Championnat du monde (à Richmond aux Etats-Unis) cette année qui sera difficile. A Ponferrada avec 4000m de dénivelé, j’étais présent à l’arrivée…" 

Votre Championnat du monde a surpris beaucoup de monde, vous aussi ?

N.B.: " Non je m’étais entraîné pour ça. L’objectif était au moins de remporter une médaille, malheureusement on fait 6 et 10 (avec Tony Gallopin et Nacer Bouhanni lui-même). Pour les années futures, c’est prometteur."

Cofidis a misé gros sur vous, vous ressentez cette pression ?

N.B.: "Forcément, j’aurai les responsabilités mais comme j’ai dit, la pression j’ai l’habitude de courir avec. Depuis tout petit, je me mets la pression. En fait, je n’attends pas qu’on me mette la pression, que ce soit les journalistes ou les gens autour de moi. Mon seul objectif sera de gagner des courses." 

Sur le Tour de France, vous aurez les coudées franches chez Cofidis ?

N.B.: "J’aurai un train exclusif pour les sprints avec les quatre coureurs que j’ai déjà cité. Il y aura peut-être Dani Navarro pour le général mais sur les sprints je serai le leader." 

Vous fixez-vous un nombre minimal  de victoires à atteindre ?

N.B.: "Non, je ne suis pas à me dire « Il faut que je remporte tant de victoires ». En 2013 j’ai remporté 11 victoires sur la saison, l’année dernière j’ai fait 11 aussi. Si j’en remporte huit avec une étape du Tour de France ou Milan-San Remo, je signe tout de suite. Ce n’est pas la quantité qui compte, c’est la qualité des victoires."

Le maillot de Champion de France, vous y pensez ?

N.B.: "Le parcours va être assez accidenté à Chantonnay. Si je suis en forme c’est un parcours qui peut me convenir mais ce n’est pas le gros objectif de l’année. Avec la forme que je devrais avoir en vue du Tour de France, pourquoi pas mais ce n’est pas un objectif en soi." 

Si vous ne deviez gagner qu’une seule course cette saison, ce serait laquelle ?

N.B.: "C’est dur de faire un choix entre une étape du Tour, Milan-San Remo et les Championnats du monde. Décrocher une victoire parmi les trois voudrait dire que j’ai réussi ma saison. En épingler une sur ces trois grandes courses est quelque chose d’énorme."