Tom Boonen
Tom Boonen lors de l'édition 2012 de Milan - San Remo | BELGA PHOTO DIRK WAEM/AFP

Milan-San Remo : Tout pour le Poggio

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Longue de près de 300 kilomètres, Milan-San Remo, qui se déroulera dimanche, met à rude épreuve l'endurance des coureurs. Monotone sur près de 280 kilomètres, la course prend une autre dimension dans le final. Avec la Cipressa, mais surtout le Poggio, quelques-uns des favoris trouvent un terrain d'expression parfait pour dynamiter la course.

Milan-San Remo est la course la plus longue du calendrier mondial. 299 kilomètres à parcourir pour quiconque veut lever les bras sur la Via Roma de San Remo. La longueur du parcours fait de la Primavera l’une des classiques les plus difficiles de la saison. Ce n’est pas tant la difficulté du parcours en lui-même que sa longueur qui a fait la renommée de la course italienne. Sylvain Chavanel reconnaît que cette longueur l’a longtemps rebuté : "Au début, je détestais parce que ça me paraissait ennuyeux, faire 300  bornes, rester dans les roues et rouler à 50 à l'heure sans que ça 'pète'". Véritable morceau de bravoure, Milan-San Remo devient carrément une aventure quand la météo s’en mêle comme l’an dernier où la course a été interrompue en raison de chute de neiges. Gerald Ciolek s’était alors imposé au terme d’une édition légendaire. Pensé en trois parties, l’une avant le Col du Turchino en milieu de parcours, une autre jusqu’à la Cipressa et enfin le final, Milan-San Remo monte petit à petit en pression comme le dit le coureur de l’équipe IAM Cycling : "Il y a une montée en pression pendant la course, avant la Cipressa et le Poggio. C'est super bon, cette excitation,  c'est même... génial".

La Cipressa et le Poggio, juges de paix

Car si la Classissima fait 300 bornes, jamais l’issue de la course ne se décide avant les vingt derniers kilomètres. Après avoir avalé les Capi, ces petites côtes courtes à une cinquantaine de kilomètres de l’arrivée, le peloton se tend à l’amorce du final. Plus longue que le Poggio, la Cipressa fait six kilomètres mais est aussi plus facile à passer pour les sprinters. Le problème de cette première montée est la distance qui la sépare du Poggio. Souvent, les puncheurs hésitent à dynamiter la course si tôt de peur de se faire rejoindre dans la dizaine de kilomètres de plat qui sépare la Cipressa du Poggio. Ce qui fait souvent de cette dernière difficulté, le moment clé de la course.

Quatre kilomètres, une pente moyenne de 3,7% et un sommet à six kilomètres de la ligne d’arrivée, le Poggio n’a pas allure de difficulté insurmontable pour un cycliste professionnel. Et pourtant il est l’arme principale des puncheurs dans leur lutte face aux sprinters sur Milan-San Remo. Si la Cipressa est bien souvent escamotée, le Poggio lui ne l’est jamais. Les Cancellara, Gilbert ou encore Sagan tenteront forcément leur chances sur cette montée mythique. Plus encore que la montée, c’est peut être la descente qui s’avère décisive. Si un petit groupe venait à se former à l’avant, l’entente deviendrait alors primordiale alors que la descente s’achève tout près de la flamme rouge. Chasse gardée, ou presque des sprinters, depuis une bonne quinzaine d’années, Milan-San Remo sourit surtout aux audacieux. Bettini, Cancellara ou encore Pozatto l’ont prouvé. Ces audacieux auront rendez-vous sur les pentes du Poggio. Au sommet, Milan-San Remo aura peut-être basculé.