Mark Cavendish
Mark Cavendish, vainqueur au sprint de l'édition 2009 | MARCO TROVATI/AP/SIPA

Milan-San Remo au bonheur des sprinteurs

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En retirant la côte de la Pompeiana du tracé de Milan-San Remo 2014, les organisateurs ont fait la joie des Cavendish, Greipel et autres Degenkolb. L’absence de cette difficulté finale, impraticable, ouvre en effet un boulevard aux meilleurs sprinteurs du circuit… comme depuis quinze bonnes années, où les puncheurs n’ont plus leur mot à dire. La Primavera serait-elle devenue monotone?

Les sprinteurs ont pris le pouvoir sur Milan - San Remo et, qu’on le veuille ou non, la tendance est à la confirmation. Il est loin, le temps où Raymond Poulidor s’adjugeait la Classicissima en solitaire (1961), celui où Laurent Fignon réalisait deux exploits individuels pour réussir un fabuleux doublé (1988, 1989), ou encore celui où le grimpeur Claudio Chiappucci s’imposait seul en accélérant dans le mythique Poggio (1991). Désormais, la plus longue course du calendrier mondial -299 kilomètres- est devenue l’apanage des sprinteurs, qui règnent sans partage sur la course depuis la fin des années 1990.

L’édition 2014 devait pourtant changer la donne, avec l’introduction de la côte de la Pompeiana à 21 kilomètres de la ligne. Censée durcir le final et maximiser les chances des puncheurs/grimpeurs, la difficulté a finalement dû être retirée en raison des mauvaises conditions météo qui ont dégradé la route. Une autre montée (le Manie), avait été prévue, mais cette dernière n’a finalement pas été rajoutée. De quoi donner des regrets aux baroudeurs, comme Bauke Mollema qui a qualifié de "malheureux" le changement de parcours.

Cancellara: "la plus longue liste de favoris de l'histoire"

A l’inverse, Mark Cavendish, qui ne s’était pas aligné, a revu ses plans et sera finalement bien de la partie pour tenter de faire le doublé, après sa victoire à San Remo en 2009. Tom Boonen, qui estimait que ce n’était "pas une course pour (lui)" au moment de l’introduction de la Pompeiana, fera finalement bien "partie des favoris". Tout comme John Degenkolb, qui a "travaillé tout l’hiver en pensant à Milan - San Remo", Yoann Offredo qui décrit la Primavera comme étant sa "course préférée", ou Peter Sagan qui avait terminé deuxième de la précédente édition… juste derrière Gerald Ciolek, un autre sprinteur.

A moins d’une grosse surprise, ce n’est donc probablement pas cette année qu’un puncheur viendra mettre un terme à la suprématie des Zabel (quatre fois vainqueur entre 1997 et 2001), Cipollini (2001), Freire (2004, 2007, 2010), Petacchi (2005) ou Goss (2011). Depuis Laurent Jalabert, victorieux en 1995, seuls Paolo Bettini (2003) et Fabian Cancellara (2008) ont réussi à bousculer la solide hiérarchie. Le Suisse, ambitieux, s’attend malgré les apparences à une course très ouverte : "la liste des favoris est longue cette année, a assuré Spartacus au Het Laatste Nieuws, probablement la plus longue de tous les temps". Pour un parcours plus sélectif, il faudra patienter jusqu’en 2015.