Joaquim Rodriguez Katusha
Joaquim Rodriguez (Katusha) | LUK BENIES / AFP

La vengeance de Rodriguez

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Battu d'un boyau lors des championnats du monde la semaine dernière, Joaquim Rodriguez a pris une magnifique revanche, sur le sort et sur ses adversaires, en remportant le Tour de Lombardie devant son "meilleur ennemi", son compatriote Alejandro Valverde et le Polonais Rafal Majka. L'Espagnol de la Katusha, déjà vainqueur l'an passé, fait coup double puisque grâce à ce succès, il s'assure de la place de n°1 mondial à la fin de la saison.

Les feuilles mortes, surnom du Tour de Lombardie, se ramassent à la pelle. Mais pas les regrets. Oubliées les larmes des Mondiaux de Florence, Joaquim Rodriguez peut à nouveau sourire après une victoire somptueuse sur les routes détrempées de la dernière grande épreuve de la saison. Battu d'un souffle par le Portugais Rui Costa il y a une semaine, l'Espagnol a su mettre sa rancoeur de côté pour placer une attaque dont il a le secret à 10 kilomètres de l'arrivée. Plus personne n'a pu le suivre, et surtout pas Alejandro Valverde. "Purito" était très remonté contre le coureur de la Movistar après les derniers championnats du monde, accusant son compatriote d'avoir laissé Rui Costa revenir sur lui alors qu'il semblait avoir course gagnée.

Voeckler a tout tenté

Cette fois, Rodriguez a mis assez de marge entre lui et ses poursuivants pour pouvoir lever les bras en toute sécurité après 242 kilomètres. Il était favori à sa propre succession sur les routes lombardes et il n'a pas failli. En dépit de la présence de presque tous les grands noms du peloton au départ (Contador, Gilbert, Quintana, Rui Costa, Martin, Sagan, Nibali), Rodriguez était bien le plus fort. Pourtant, certains, comme Thomas Voeckler, ont tenté de déjouer les pronostics. Parti à 60 kilomètres de l'arrivée, le Français a résisté comme un beau diable, comptant à un moment plus de trois minutes d'avance, mais il a été finalement repris à 10 bornes de l'arrivée par le groupe des favoris. Dans sa foulée, Thibault Pinot a placé un contre avant de se faire cueillir par l'attaque décisive de Rodriguez. Il n'y avait rien à faire contre un coureur aussi remonté. 

Déclarations : 

Joaquim Rodriguez (ESP/Katusha),  vainqueur: "Le Mondial, je ne l'oublierai jamais. Mais c'est important de  penser à l'avenir, de passer à autre chose, de montrer que je peux gagner.  Valverde ? Il m'a expliqué la course qu'il a faite, qu'il a vue. Chacun a son  point de vue. Je respecte. Aujourd'hui, je préfère parler du Tour de Lombardie.  Je savais que si je voulais gagner, je devais attaquer à un endroit précis. Les  autres aussi le savaient. C'est une course très dure, à cause de la distance,  de la pluie, de la fin de saison. La fatigue se fait sentir. Voeckler a fait un  numéro. C'est un coureur très dangereux. Il avait trois minutes (d'avance), il  a fallu travailler dur derrière lui. Ce qu'il a fait, c'est très beau. Ma  saison ? j'ai eu un peu de malchance. L'an dernier, tout s'était bien passé.  Cette fois, je n'ai pas gagné autant. J'ai perdu le Tour de Catalogne et  Liège-Bastogne-Liège contre Daniel Martin, je n'étais pas à cent pour cent au  Tour de France. Mais, quand la victoire arrive, elle est encore plus belle. Et  puis ma place de numéro un montre aussi ma régularité."

Alejandro Valverde (ESP/Movistar),  2e: "C'est une victoire méritée pour Purito. Il a attaqué fort et je n'ai pas  réussi à le suivre. J'ai fait de mon mieux, je suis content. Oui, nous nous  sommes parlés après le Mondial. Nous avons de bons rapports. Il faut admettre  que l'on peut se tromper en course, qu'après sept heures de course on manque de  forces. Je pensais que nous ferions premier et troisième au championnat du  monde mais ça ne s'est pas passé comme ça. C'est dommage."
   
Rafal Majka (POL/Saxo), 3e: "Dans la dernière montée, Purito était vraiment  fort. J'ai tenté de garder le contact mais je suis resté 'planté'. Prendre la  troisième place derrière deux champions tels que Rodriguez et Valverde, ça a  une grande valeur pour moi."
   
Thomas Voeckler (FRA/Europcar), 34e: "J'aime attaquer, vous me connaissez.  Je savais que je n'aurai aucune chance si j'attendais le final. J'ai préféré  partir de loin même si je me doutais que ce serait difficile. Passer en tête le  Ghisallo, ça représente beaucoup. Je connais l'histoire du cyclisme. Je sais  qu'il y a 70 ans, les coureurs passaient déjà là. C'est un mythe, comme Liège  ou l'Alpe d'Huez. Je suis heureux d'avoir fait ça."

Le classement :

1. Joaquim Rodriguez (ESP/KAT), les 242 km en 6 h 10:18.
    (moyenne: 39,211 km/h)
    2. Alejandro Valverde (ESP/MOV) à 17.
    3. Rafal Majka (POL/SAX) 23.
    4. Daniel Martin (IRL/GRM) 45.
    5. Enrico Gasparotto (ITA/AST) 45.
    6. Daniel Moreno (ESP/KAT) 55.
    7. Pieter Serry (BEL/OPQ) 55.
    8. Franco Pellizotti (ITA/AND) 55.
    9. Ivan Santaromita (ITA/BMC) 55.
    10. Robert Gesink (NED/RAB) 55.
    11. Ivan Basso (ITA/CAN) 55.
    12. Thibaut Pinot (fRA/FDJ) 55.
    13. Juan Antonio Flecha (ESP/VAC) 55.
    14. Ben Hermans (BEL/RSH) 55.
    15. Domenico Pozzovivo (ITA/ALM) 55.
    16. Nairo Quintana (COL/MOV) 55.
    17. Cyril Gautier (FRA/EUC) 1:07.
    18. Tom Dumoulin (NED/ARG) 1:07.
    19. Greg Van Avermaet (BEL/BMC) 1:07.
    20. Philippe Gilbert (BEL/BMC) 1:07.
    21. Mikel Landa (ESP/EUS) 1:07.
    22. Dario Cataldo (ITA/SKY) 1:33.
    23. Darwin Atapuma (COL/COL) 1:33.
    24. Bartosz Huzarski (POL/NET) 1:33.
    25. Kristjan Durasek (CRO/LAM) 1:33.
    ...
    28. Diego Ulissi (ITA/LAM) 2:46.
    31. Carlos Betancur (COL/ALM) 3:38.
    34. Thomas Voeckler (FRA/EUC) 4:08.
    35. Jelle Vanendert (BEL/LTB) 5:31.
    38. Rui Costa (POR/MOV) 8:35.
    46. Tom-Jelte Slagter (NED/BEL) 11:50.
    50. Marco Marcato (ITA/VAC) 11:53.
    195 coureurs au départ, 53 classés.

Julien Lamotte