Froome Romandie Tour de France
Christopher Froome sur le podium du Tour de Romandie | FABRICE COFFRINI / AFP

Froome, une prescription en question

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Le Journal du Dimanche affirme dans son édition du jour que l'Union cycliste internationale (UCI) aurait autorisé Chris Froome (Sky) à utiliser un corticoïde par voie orale pour se soigner d'un refroidissement, fin avril. Selon le Dr Gérard Guillaume, cité en tant qu'expert par le journal, cette pratique est interdite sauf en cas d'état de santé le nécessitant, ce qui induit que "en théorie (...) il n'est évidemment pas capable de prendre le départ". Or, le Britannique a ensuite remporté le Tour de Romandie. Selon l'hebdomadaire, l'Agence mondiale antidopage (AMA) se serait saisie du dossier.

Cette affaire arrive au plus mauvais moment. A trois semaines du départ du Tour de France, et le matin de la dernière étape du Critérium du Dauphiné où il espère reprendre le maillot de leader à son rival Alberto Contador, Chris Froome est mis en accusation. C'est le JDD qui affirme que le coureur britannique a bénéficié d'un traitement interdit mais autorisé par l'UCI dans son cas, juste avant de remporter le Tour de Romandie. Cette affaire, si elle se révèle exacte, ne serait pas sans rappeler le cas de Lance Armstrong, longtemps couvert dans ses pratiques par la Fédération internationale. Mais on n'en est pas encore là.

Simple erreur administrative ?

Selon le JDD, le vainqueur du Tour de France 2013 aurait souffert d'un refroidissement, lors du Tour de Romandie. Le médecin de l'équipe Sky, le Dr Allan Farrell, a donc demandé une Autorisation à usage thérapeutique (AUT) auprès de l'UCI pour utiliser par voie orale de la prednisolone, un corticoïde. Cette demande aurait été accordée par le directeur médical de l'UCI, le Suisse Mario Zorzoli. Or, le Dr Gérard Guillaume, cité par le Journal du Dimanche en tant qu'expert, relève que "selon le règlement, les corticoïdes par voie orale sont interdits en compétition. Si un sportif présente un état de santé nécessitant l'usage  d'un tel traitement, c'est en théorie qu'il n'est évidemment pas capable de  prendre le départ. Enfin l'octroi d'une AUT de ce genre ne peut être étudié que par  un groupe d'experts." Et c'est ce deuxième point qui pourrait valoir de gros ennuis à tous les protagonistes.

Forfait pour Liège-Bastogne-Liège le 27 avril, Froome avait pris le départ du Tour de Romandie deux jours après, pour s'y imposer à la suite de sa victoire dans la dernière étape, un contre-la-montre. Selon le journal, "le département médical de l'Agence mondiale antidopage (AMA) s'est saisi du dossier". Victime de la suspicion, d'une erreur administratrive ou bénéficiaire d'une pratique qu'on croyait révolu ? En tout cas, Chris Froome se serait bien passé de ces révélations après avoir perdu son maillot jaune de leader hier au bénéficie d'Alberto Contador, sur les routes du Critérium.