Greg van Avermaet pourra-t-il remporter un nouveau Monument cette année ?
Greg van Avermaet pourra-t-il remporter un nouveau Monument cette année ? | AFP

Favoris, grosses côtes, Français : le peloton à l'assaut des flandriennes

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Si le Het Nieuwsblad et Kuurne-Bruxelles-Kuurne ont déjà eu lieu début mars, c’est bien mercredi que se sont lancées les classiques flandriennes avec les Trois Jours de la Panne et la victoire de Dylan Groenewegen. Au programme : six classiques pavées en deux semaines pour aboutir à l’Enfer du Nord, Paris-Roubaix le 14 avril prochain. Favoris, outsiders et les chances françaises : bienvenue chez les flahutes.

C’est un parfum annuel presque enivrant d’herbe mouillée, de boue et de bière qui s’empare des suiveurs du cyclisme à l’aube de la période des classiques flandriennes. Entre mars et avril, les flahutes parcourent les pavés de France et de Belgique pour chasser les deux Monuments, le Tour des Flandres et Paris-Roubaix, mais pas seulement, car six courses sont au programme en moins de trois semaines. Comme chaque année, les favoris potentiels sont connus, mais l’imprévisibilité du parcours et de la météo qui fait l’essence de ces classiques rebattent souvent les cartes.

Ce tour d’horizon n’a pas vocation à nommer des favoris pour chacune des six courses, mais plutôt dégager une tendance de ceux que l’on devrait souvent voir à l’avant (et sur le podium). Les qualités requises pour gagner Gand-Wevelgem, qui sacre souvent un sprinteur puissant (Boonen, Degenkolb, Sagan) ne sont pas les mêmes que celles pour le Tour des Flandres et ses multiples monts, qui demande une puissance sur des pentes raides (Cancellara, Nuyens, Terpstra). Ni même que celles exigées pour gagner Paris-Roubaix, où l’agilité, la stratégie et la résistance font merveille (Vansummeren, Hayman, van Avermaet).

Les favoris :

  • Peter Sagan : Forcément. Un GP E3, trois Gand-Wevelgem, un Tour des Flandres et enfin Paris-Roubaix l’année dernière. La feuille de route de Sagan est absolument monstrueuse sur les classiques pavées et en fait un candidat naturel et très sérieux à la victoire. Capable de s’imposer en petit comité, en sprint massif ou en solitaire, le Slovaque est l’épouvantail que personne ne veut avoir sur son porte-bagage, même si son début de saison a été contrarié par une maladie.

  • Greg van Avermaet : Avec un profil proche de celui de Sagan, Greg van Avermaet a les caractéristiques idoines pour les flandriennes. Sa victoire à Paris-Roubaix en 2017 avait semblé créé un déclic. Mais il n'a pas levé les bras sur les flandriennes l’année passée. Avec son transfert à la CCC cette année, le Belge a néanmoins perdu en qualités d’équipiers. Ses principaux gregarii devraient cette année se nommer Michaël Schär et Guillaume van Keirsbulck.

  • Philippe Gilbert : A l’origine porté sur les Ardennaises, qui suivent les flandriennes au calendrier, Philippe Gilbert s’est reconverti avec brio comme flahute (mais pas que). Vainqueur du Tour des Flandres en 2017, le Belge visera cette année comme l’année dernière Paris-Roubaix, un des deux seuls Monuments qu’il manque à son gigantesque palmarès avec Milan-San Remo.

  • Niki Terpstra : Il a quitté le “Wolfpack” insatiable de victoires de l’équipe Deceuninck-Quick Step pour s’installer en Continental Pro chez Direct Energie. Mais Niki Terpstra, vainqueur du GP E3 et du Ronde en 2018, sera à surveiller comme le lait sur le feu. Une fois parti, la puissance de sa cuisse condamne souvent ceux derrière.

Stybar, Sagan, van Avermaet : le Koppenberg sera encore un juge de paix sur le Tour des Flandres en 2019.
Stybar, Sagan, van Avermaet : le Koppenberg sera encore un juge de paix sur le Tour des Flandres en 2019. © AFP

Les grosses côtes

  • Wout van Aert : C’est sans doute la plus grosse côte de ces classiques. Passé sur la route en 2017, le cyclo-crossman avait réalisé un top 15 sur les deux Monuments pour sa première participation en 2018. Sixième de Milan San Remo samedi dernier, il ne sera pas aussi surveillé et pourrait bien frapper un grand coup.

  • Oliver Naesen : Silvan Dillier en 2018, Oliver Naesen en 2019 ? AG2R a l’art de bien placer ses coureurs sur l’Enfer du Nord. Et vu la forme actuelle du rouleur belge, deuxième de Milan-San Remo derrière Alaphilippe, il pourrait bien être la surprise. Surtout qu’il devrait être le leader.

  • Jasper Stuyven : Il est très discret depuis le début de saison, mais Jasper Stuyven répond toujours présent sur les pavés. Trois top 10 en 2017, six en 2018. Stuyven sera là en 2019, et sans doute pas loin de la plus haute marche.

Oliver Naesen (à gauche en bleu et marron) et Wout van Aert (en jaune au fond) ont échoué derrière Julian Alaphilippe sur Milan-San Remo.
Oliver Naesen (à gauche en bleu et marron) et Wout van Aert (en jaune au fond) ont échoué derrière Julian Alaphilippe sur Milan-San Remo. © Marco BERTORELLO / AFP

Les Français :

  • Arnaud Démare : Presque toutes les chances françaises reposent encore cette année sur le Beauvaisien. Depuis sa 6e place sur le vélodrome de Roubaix en 2017, le sprinteur de la Groupama-FDJ peine à jouer avec les meilleurs. En 2019, il n'a toujours pas levé les bras à l'aube des classiques, au contraire de 2018 (1 victoire), 2017 (3 victoires) et 2016 (4 victoires). Son profil de sprinteur ne convient qu’à un scénario de course et limite forcément ses chances de victoire.

  • Florian Sénéchal : Douzième de Paris-Roubaix en 2017, Sénéchal touche les limites de ses avantages au sein de l’armada Quick-Step : il court rarement pour lui. Mais en 2019, lorsqu’il le fait, les résultats sont très probants : victoire sur le Samyn, sixième de Kuurne-Bruxelles-Kuurne. Il aura sans doute des bons de sortie et pourrait profiter de circonstances de course.

Le calendrier :

Mercredi 27 mars : Trois Jours de la Panne
Vendredi 29 mars : E3 BinckBank Classic
Dimanche 31 mars : Gand-Wevelgem
Mercredi 3 avril : À Travers la Flandre
Dimanche 7 avril : Tour des Flandres
Dimanche 14 avril : Paris-Roubaix

UCI World Tour