Démare
Arnaud Démare lors du Tour des Flandres. | DIRK WAEM / Belga / AFP

Derrière Démare, les Français ont du mal

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Derrière Arnaud Démare (FDJ), incontestable leader tricolore sur les classiques pavées de février et mars, aucun Français ne parvient à peser cette année. Au point que les meilleurs outsiders français sont à trouver parmi les jeunes, comme Florian Sénéchal (Quick-Step Floors) ou Christophe Laporte (Cofidis). Paris-Roubaix, qui arrive dimanche, est la dernière chance pour sauver une saison de classiques en demi-teinte.

Paris-Roubaix 2012. Sébastien Turgot vient prendre une improbable et magnifique deuxième place sur le vélodrome de Roubaix entre l'intouchable Boonen et Alessandro Ballan. Derrière lui, huit Français rentrent dans le Top 30 de l'épreuve (Ladagnous, Chainel, Casper, Engoulvent, Gaudin, Chavanel, Petit, Paiani). Un gigantesque tir groupé. Année faste pour le cyclisme tricolore sur les pavés. Six ans plus tard, la donne a bien changé. Seuls Gaudin, Chavanel et Petit sont encore là sur les pavés à en découdre avec Sagan et Van Avermaet, qui ont remplacé Boonen et Cancellara. Autour d'eux, un seul nom se dégage parmi les Français : Arnaud Démare

Démare le porte-étendard

Et heureusement que le Picard est là. Sprinteur de plus en plus classicman, le double champion de France ne cesse de progresser sur les pavés. 12e de Paris-Roubaix en 2014, le vainqueur de Milan-San Remo 2016 a vécu sa plus belle saison sur les pavés l'année dernière : 6e de Kuurne-Brussels-Kuurne et de Paris-Roubaix, avant de remporter le GP de Denain. En 2018, le coureur de la FDJ (26 ans) arrive dans la fleur de l'âge, et s'impose comme le seul Français à même de remporter un monument pavé. 9e sur l'Omloop Het Nieuwsblad, 2e à Kuurne, 3e à Gent-Wevelgem, le Beauvaisien tourne autour.

Dimanche, sur Paris-Roubaix, il jettera sa dernière cartouche sur la flandrienne qu'il affectionne le plus : Paris-Roubaix. Avec moins de monts pavés et plus de portions roulantes que le Tour des Flandres, l'Enfer du Nord correspond idéalement à ses qualités. La France attend un vainqueur tricolore depuis Frédéric Guesdon, en 1997. C'est dire la pression qui pèse aujourd'hui sur le Picard. Un poids accentué par la timidité des autres coureurs français dans cet exercice.

Laporte et Sénéchal montent en grade

Sylvain Chavanel (38 ans) est inoxydable mais n'a plus ses jambes de son époque Quick-Step (2009-2013), où il aurait pu remporter un monument. Adrien Petit (27 ans) est toujours placé mais est toujours trop juste pour jouer avec les favoris. Un trou s'est creusé entre Démare et les autres. Logique alors de voir arriver de nouvelles têtes. Florian Sénéchal (24 ans), débarqué cet été chez Quick-Step Floors, semble enfin prêt à confirmer les qualités entrevues chez Cofidis. 12e de Paris-Roubaix l'année dernière, il a terminé 2e d'A Travers la Flandre et 16e du GP E3 en 2018.

Chez Cofidis justement, la formation nordiste se cherchait un nouveau leader. Elle semble l'avoir trouvé tant Christophe Laporte apporte satisfaction cette année. Avec déjà trois victoires en 2018, le Varois (25 ans) a surpris son monde en prenant une excellente 4e place sur Gent-Wevelgem. Rassurant pour Cofidis alors que Nacer Bouhanni semble en grande difficulté cette année.

Hofstetter frappe à la porte

Et si la vraie surprise, c'était lui ? Hugo Hofstetter (24 ans) s'est fait un nom en 2018. Déjà perçu comme un classicman (11e du Samyn en 2017), le coureur de Cofidis a confirmé ses bonnes dispositions cette année en prenant la 2e place du GP de Denain et la 8e place des 3 Jours de la Panne. Derrière un contingent français qui a besoin d'un nouveau souffle, et qui se cherche de nouveaux héros dans la boue des courses du Nord, son nom pourrait revenir avec insistance ces prochaines années. 

Théo Gicquel @@theoogicquel

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