John Degenkolb, Zdenek Stybar et Greg Van Avermaet
John Degenkolb, Zdenek Stybar et Greg Van Avermaet | FRANCOIS LO PRESTI / AFP

Degenkolb a été parfait pour remporter son premier Paris-Roubaix

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Après une course très ouverte, John Degenkolb s'impose sur la 113e édition de Paris-Roubaix. Le sprinteur allemand a réussi le coup parfait pour s'imposer au sprint sur le vélodrome de Roubaix devant Stybar et Van Avermaet. Il remporte le deuxième Monument de sa saison après Milan-San Remo.

Roubaix, dix heures du matin. Les coureurs n’ont pas pris le départ de Compiègne quand les fans allemands de John Degenkolb jouent de la bombe de peinture pour taguer l’ultime secteur pavé de ce Paris-Roubaix. Ces « Go go go Dege », le sprinteur de la Giant ne les a sans doute pas vu sous sa roue quand il se dirigeait vers la première victoire de sa carrière sur Paris-Roubaix. L’Allemand a réussi le coup parfait en sortant du groupe des costauds à moins de dix kilomètres de l’arrivée puis de se jouer facilement de ses derniers adversaires.

Neuf coureurs ont décidé de prendre la poudre d’escampette de bonne heure dans cette 113e édition de Paris-Roubaix. Gregory Rast (Trek), Adam Blythe (Orica), Alexis Gougeard (AG2R), Sean De Bie (Lotto-Soudal), Aleksejs Saramotins (IAM), Pierre-Luc Périchon (Bretagne), Tim Declercq (Topsport), Frederik Backaert (Wanty) et Ralf Matzka (Bora). Partis dès les premiers kilomètres, les fuyards ont passé la majeure partie de la journée en tête, s’offrant un bon moment à l’avant.

Un TGV pertube la course​

Derrière, les chutes se multiplient dans la première heure disputée à plus de 50 km/h. Avant la Tranchée d’Arenberg, le peloton est relativement calme. Sur ce passage mythique, les BMC prennent les devants mais c’est un peloton fort d’une cinquantaine d’hommes qui sort de la forêt. Les conditions climatiques n’aident pas à faire des différences.

Vidéo : le peloton stoppé à un passage à niveau 

Il était écrit que cette 113e édition ne serait pas comme les autres. A 85 kilomètres de l’arrivée, un passage à niveaux s’abaisse en plein milieu du peloton. Arnaud Démare est tout près de la chute, des coureurs bravent l’interdit et traversent avant le passage du TGV. Les commissaires neutralisent l’avant du paquet pour permettre aux piégés de revenir. Plus de peur que de mal et des images spectaculaires. Toujours est-il que les favoris poursuivent leur round d’observation. En surnombre, la formation Etixx-Quick Step décide de secouer le cocotier sur le secteur 14. Un temps, on se dit que la course peut basculer. Si Vanmarcke, Stybar, Terpstra et Sagan sont là, ce n’est pas le cas d’Arnaud Démare, de Greg Van Avermaet mais surtout d’Alexander Kristoff, piégés ! Simple rappel à l’ordre pour tout le monde. Une première escarmouche.

La poisse de la FDJ​

Sans Cancellara et Boonen, la course change de visage. A 50 kilomètres de l’arrivée, le peloton des favoris est toujours groupé malgré des tentatives de Terpstra et de Sagan. Même le secteur ultra-difficile de Mons-en-Pévèle ne change rien ou presque. Stijn Vandenbergh part seul à la force des jarrets et creuse quelques hectomètres d’écart. Un coureur pris en chasse... une quinzaine de kilomètres plus loin par Bradley Wiggins ! Jusqu’ici très discret, le Britannique se montre enfin et emmène le Champion de Belgique, Jens Debusschere et le Champion de République Tchèque, Stybar pour former un joli groupe dans lequel les Etixx sont en force. Ce coup est vite ramené à la raison par les Katusha d’un Kristoff vigilant.

Degenkolb le plus fort​

Les pétards mouillés se multiplient. Sep Vanmarcke tente sa chance et condamne les quatre derniers rescapés de l’échappée du jour. Alexis Gougeard relance alors l’allure et est seul en tête pendant quelques hectomètres. Symbole d’une fabuleuse journée pour le jeune coureur de la formation AG2R-La Mondiale. Ce Paris-Roubaix 2015 ne s’offre pas facilement Jurgen Roelandts croit avoir flairé le bon coup mais il est rejoint à 13 kilomètres du vélodrome.

Il faut en fait attendre l’attaque d’Yves Lampaert et de Greg Van Avermaet pour que la situation se décante. Pas pris au sérieux, les deux hommes créent un bel écart et pensaient se jouer la victoire. C’était avant que John Degenkolb ne revienne dans leurs roues. Deuxième l’an dernier, vainqueur de Milan San-Remo cette saison, l’Allemand lève pour la première fois les bras en devançant sur le Vélodrome Zdenek Stybar et Greg Van Avermaet. Seul Sean Kelly avait réussi le doublé San-Remo et Roubaix la même année ces cinquante dernières années. D'un coup d'un seul, John Degenkolb rentre dans l'histoire du cyclisme.

Vidéo : l'arrivée au sprint de John Degenkolb 

Vidéo: La réaction de John Degenkolb 

Christophe Gaudot @ChrisGaudot

UCI World Tour