Cancellara
Fabian Cancellara | ERIC LALMAND / BELGA MAG / BELGA/AFP

Cancellara seul contre tous

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Malgré ses deux chutes lors des reconnaissances, Fabian Cancellara demeure le grand favori de l’édition 2013 de Paris-Roubaix qui s’élance ce dimanche de Compiègne. Surtout en l’absence de Tom Boonen, quadruple vainqueur et tenant du "titre". Les Français (Chavanel, Ladagnous, Turgot) tenteront de tirer leur épingle du jeu.

Deux fois 2e et double lauréat de la Reine des classiques (2006, 2010), Fabian Cancellara devrait en toute logique réussir la passe de trois sur le vélodrome de Roubaix. Victorieux de son deuxième Tour des Flandres dimanche dernier, Spartacus arrive avec la pancarte sur la course aux célèbres pavés, prêt à rééditer son doublé de 2010.

La pancarte sur Spartacus

Le leader de la formation RadioShack-Léopard devra toutefois déjouer les pièges qui s’annoncent, à commencer par la concurrence, bien décidée à se liguer contre le Suisse pour l’obliger à puiser dans ses réserves bien avant l’emballage final. Absent l’an passé –à cause de sa terrible chute sur le Ronde, fracture de la clavicule, Cancellara sait qu’il ne devra compter que sur ses coéquipiers et lui-même pour mater les nombreux outsiders ou les possibles sous-fifres opportunistes qui se dressent sur sa route.

Vansumerren a donné des idées

Dans la première catégorie émargent des baroudeurs comme le Belge Jurgen Roelandts (Lotto-Belisol), l’Italien Filippo Pozzato (Lampre-Merida), les Australiens Heinrich Haussler (IAM) et Stuart O’Grady (Orica-GreenEdge), l’Espagnol Juean-Antonio Flecha (Vacansoleil-DCM), le Norvégien Edvald Boasson Hagen (Sky) voire le Néerlandais Lars Boom (Blanco).
Dans la seconde figurent des hommes comme le Belge Johan Vansumerren, vainqueur surprise en 2011 comme avant lui le Batave Servais Knaven (2001) ou le Suédois Magnus Backstedt (2004). Des coureurs comme le Belge Greg Van Avermaert (BMC), censé rouler pour son leader Thor Hushovd, comme le Hollandais Niki Terpstra (Omega Pharma-Quick Step) ou encore le Flahute Stjin Devolder, lieutenant a priori dévoué de Cancellara, semblent parfaitement capables de créer l’exploit.

Chavanel en leader

Quant aux Français, ils n’ont jamais semblé si nombreux à postuler pour le Graal jamais entrevu depuis le sacre de Frédéric Guesdon en 1997 : la FDJ présente ainsi trois coureurs aux profils distincts pour dynamiter la course (Arnaud Démare, Yoann Offredo et surtout Matthieu Ladagnous, 5e du Tour des Flandres), Europcar mise sur son duo Damien Gaudin – Sébastien Turgot (2e l’an dernier), et Sylvain Chavanel sera le leader incontesté du team Omega en l’absence du co-recordman des succès dans l’Enfer du Nord, Tom Boonen. Si l’on ajoute le vétéran Sébastien Hinault (IAM) et l’ambitieux Steve Chainel (AG2R-La Mondiale), les chances françaises sont réelles sur cette 111e édition de la plus atypique des classiques.

"Personne n’est à l’abri"

Reste que Cancellara semble très difficile à battre s’il maintient l’état de forme qui est le sien depuis un mois (victoires au GP E3 puis aux Flandres). L’Helvète n’a pas d’égal lorsqu’il se met à accélérer progressivement sur les pavés jusqu’à faire exploser ses adversaires un à un. Peter Sagan, impuissant la semaine dernière et absent ce dimanche, peut en témoigner. Tous sont admiratifs devant la maîtrise et la puissance du natif du Bernois. Impressionnés mais pas résignés. Selon Fred Guesdon, directeur sportif de la FDJ pour ce Paris-Roubaix 2013, "personne n’est à l’abri" sur les pavés. Même Spartacus.