Julian Alaphilippe
Julian Alaphilippe (Quick-Step Floors) peut-il faire tomber Alejandro Valverde? | LUC CLAESSEN / BELGA MAG / BELGA

Alaphilippe, pour cocher la Flèche

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Mercredi, Julian Alaphilippe ira défier le Mur de Huy sur la Flèche Wallonne. Le coureur de Quick-Step Floors tentera d'obtenir enfin une grande victoire sur une classique ardennaise qui se refuse à lui depuis deux ans. Mais il devra surmonter l'épouvantail de la course, l'Espagnol Alejandro Valverde, quadruple vainqueur en titre de l'épreuve. Proche de la victoire sur l'Amstel Gold Race dimanche, Alaphilippe utilisera sa deuxième cartouche sur les 26 % du Mur, avant de défier dimanche Liège-Bastogne-Liège, la Doyenne des classiques.

20 avril 2016. Il frappe son cadre de vélo, secoue la tête vers le bas de dépit et de rage. Obligé d'expulser la frustration de franchir encore une fois la ligne d'arrivée de la Flèche Wallonne derrière un intemporel Alejandro Valverde

Julian Alaphilippe, double dauphin du Murcian sur le Mur de Huy en 2015 et 2016 en a marre. Comment battre celui qu'on surnomme "l'Imbattable" ? Plus endurant, plus puissant, le coureur de la Movistar écoeure à chaque fois le natif de Saint-Amand Montrond. Mercredi, le Français tentera de décrocher enfin sa première grande victoire de puncheur en haut des 26% du Mur de Huy. Il devra encore et toujours se défaire du dossard bleu ciel floqué du grand "M" de la Movistar. 

L'ombre de Valverde... et de Gilbert

Il devra aussi montrer à ses coéquipiers qu'il peut être le leader. Qu'il doit être le leader. Philippe Gilbert, vainqueur en 2011, sait comment gagner une Ardennaise. Plus à la peine que le Français sur l'Amstel Gold Race, le Wallon sera cette fois sur ses terres.  

Pour cocher sa première Flèche Wallonne et rentrer définitivement dans le caste des plus grands puncheurs de la planète, Alaphilippe doit gagner. La manière importe peu. Elle sera belle quoiqu'il arrive  : rarement une course ne se règle plus à la pédale que la Flèche. 

Dans les rues étroites de Huy, le placement en bas des pentes vertigineuses sera comme chaque année primordial. Alaphilippe pourra compter sur Pieter Serry, Enric Mas, 6e au tour du Pays Basque, ou encore Bob Jungels. De solides équipiers à même de mettre "Alaf" sur orbite avant d'exploser.

Pour ne plus dire "Il y était presque" mais "il sait comment la gagner", Alaphilippe devra sans doute se battre autant contre lui-même que contre ses rivaux. Car, la victoire il l'a dans les jambes.  S'imposant des énormes sessions de "lactique" (pour l'acide lactique, acide organique qui fatigue les jambes après un effort très intense), le 7e de l'Amstel Gold Race a le punch pour tenir et dominer les meilleurs du monde. Sauf un.

S'il échoue, il n'y aura pourtant pas péril en la demeure. A 25 ans, il compte déjà trois podiums sur les Ardennaises. Beaucoup en rêvent toute leur carrière. Alaphilippe est déjà en avance sur beaucoup de temps de passage. Et sinon, il y aura toujours Liège-Bastogne-Liège dimanche pour en claquer une en 2018. Il y avait terminé 2e en 2015. Derrière qui ? Alejandro Valverde, encore et toujours.

Théo Gicquel @@theoogicquel

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