Tour des Flandres : vague d'indignation au sein du peloton après la disqualification de Michael Schär pour son jet de bidon

Publié le , modifié le

Auteur·e : Hortense Leblanc
Michael Schär
Michael Schär, le coureur suisse de la formation AG2R-Citroen, a été disqualifié sur le Tour des Flandres ce dimanche 4 avril. | JOSE JORDAN / STR / AFP

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Après la disqualification de Michael Schär (AG2R-Citroën) dimanche 4 avril sur le Tour des Flandres pour son jet de bidon en dehors des zones prévues à cet effet, le monde du cyclisme a réagi, souvent avec indignation. De nombreux coureurs du peloton rappellent que les bidons sont souvent de précieux souvenirs pour les spectateurs, et en particulier les enfants.

A peine quelques secondes après avoir jeté son bidon en direction d'un groupe de spectateurs, Michael Schär s’est rendu compte de son erreur. Depuis le 1er avril, l’UCI a introduit une nouvelle interdiction à son règlement : celle de se débarrasser de son bidon en dehors des zones prévues à cet effet. Une règle oubliée le temps de quelques secondes par le coureur suisse de la formation AG2R-Citroën, qui s’est ensuite vu notifier sa disqualification immédiate, à 108 kilomètres de l’arrivée du Tour des Flandres.

D’après le nouveau règlement, tout coureur enfreignant les règles quant au jet de bidon s’expose à une amende allant jusqu’à 1000 francs suisses, une punition de maximum 15 points au classement UCI, et surtout une mise hors compétition ou disqualification. Dans les courses d'un jour comme les classiques, la sanction prévoit la mise hors course pure et simple à la première infraction. Dans les courses par étapes, la première infraction est sanctionnée de 30 secondes de pénalité, la deuxième de deux minutes et c'est finalement à la troisième qu'intervient la mise hors course.

De nouvelles mesures prises pour des raisons écologiques et pour éviter les jets dangereux qui pourraient provoquer des chutes. Michael Schär a donc fait les frais de la sanction la plus sévère, une décision qui a provoqué l’indignation de plusieurs coureurs du peloton.

"Les commissaires n’ont jamais été des gamins heureux de recevoir un bidon"

Le principal intéressé, Michael Schär, a réagit sur Instagram lundi, racontant sa venue sur le Tour de France 1997 en tant que spectateur : "A partir de ce jour là, je ne rêvais que de devenir coureur cycliste. J’ai reçu la bouteille d’un pro et ce petit morceau de plastique a rendu ma dépendance au vélo totale. De retour à la maison, ce bidon me rappelait tous les jours quel était mon rêve". Il poursuit : "Maintenant que je suis pro, pendant les moments de calme sur la course, je garde toujours mon bidon vide jusqu’au moment où j’aperçois des enfants sur le bord de la route. Je leur jette doucement là où ils peuvent l’attraper en toute sécurité. Il y a deux ans, j’ai donné ma bouteille à une jeune fille. Ses parents m’ont dit qu’elle parlait tous les jours de ce bidon. Et peut-être qu’un jour, elle deviendra aussi cycliste. Voilà les moments pour lesquels j’aime notre sport". Une publication qui a reçu le soutien de nombreux coureurs dans les commentaires et qui témoigne d'une indignation partagée quant à cette nouvelle règle.

Coéquipier de Schär, Marc Sarreau a publié sur Twitter la photo de la collection de bidons de son fils, Mathis, appelant l’UCI à revoir ses règles pour allier éco-responsabilité et passion du cyclisme. Julien Bernard, coureur français de la formation Trek-Segafredo, a lui aussi eu une pensée pour les jeunes spectateurs au bord des routes, sur Twitter : "C’est officiel les commissaires n’ont jamais été des gamins heureux de recevoir un bidon".

"Ca devient ridicule"

Le sprinteur allemand André Greipel a également réagi, toujours sur Twitter : "Ça devient ridicule. Les règles sont les règles, mais certaines choses doivent changer. Les coureurs se préparent tout l’hiver pour ces classiques, et la situation ne nécessitait clairement pas de disqualifier un coureur", s'est emporté le Gorille de Rostock, rarement avare de sorties sans langue de bois.

Devant la polémique, l’UCI s’est justifiée en expliquant que lors de la course A travers les Flandres mercredi dernier, elle avait fait de la prévention et constaté une vingtaine d’infractions. Elle avait alors seulement rappelé à l’ordre les coureurs concernés, sans les sanctionner. Michaël Schär est donc le premier à payer sur une course World Tour, l'Américain Kyle Murphy (Rally) ayant été le premier coureur à être sanctionné pour ce motif, samedi, lors du GP Indurain en Espagne.

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Hortense Leblanc hortense_lblnc