Geraint Thomas
Geraint Thomas, coureur de Team Ineos. | AFP

Tour de Suisse : Geraint Thomas, la pression du résultat

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Dernier gros test pour le Team Ineos avant le Tour de France. Geraint Thomas, le vainqueur de la dernière édition, est très attendu sur le Tour de Suisse, dont il prend le départ samedi. Après l'abandon déjà annoncé de Chris Froome pour la Grande Boucle, c'est à lui que reviennent les clés de la formation britannique. Mais s'il ne convainc pas cette semaine, son leadership pourrait être questionné et remis au jeune Egan Bernal.

Le vainqueur du dernier Tour de France entre dans la phase finale de sa préparation. Avant de remettre son titre en jeu, Geraint Thomas est au départ du Tour de Suisse samedi. Alors que le gros du contingent des favoris de la Grande Boucle s'écharpe sur les routes du Dauphiné, le Gallois a préféré jouer la carte de la discrétion. Peut-être cherchait-il à se mettre à l'abri des regards pour continuer à avancer caché ? C'est raté.

Le paratonnerre Froome en moins...

Dans une situation d'outsider l'été dernier, il avait réussi à tirer son épingle du jeu parce que la pression était sur les épaules de son leader Chris Froome, pressenti pour un cinquième sacre en France. Même lorsqu'il avait assommé la concurrence sur le Dauphiné, juste avant le départ du Tour, Thomas pouvait s'abriter dans l'ombre de son coéquipier. Cette année, il se trouve dans la position inverse. Attendu parmi les favoris, le coureur de 33 ans ne pourra pas compter sur Froome pour jouer les aimants à pression. Sévèrement blessé en reconnaissance du chrono de Roanne sur le Dauphiné mercredi, le "Kenyan Blanc" ne sera pas revu cette année tant ses blessures sont sérieuses.

Les projecteurs sont désormais tournés vers Geraint Thomas, leader désigné du Team Ineos (feu Sky), imbattable sur la Grande Boucle depuis 2015. Mais le Gallois n'a pas du tout été tonitruant en 2019. 44e du général sur le Tour de la Communauté valencienne, il a ensuite abandonné sur Tirreno-Adriatico, avant de terminer le Tour du Pays-Basque à une fade 40e place.Il a fallu attendre début mai et le Tour de Romandie pour le voir se mêler dans la lutte pour le général d'une épreuve d'une semaine. S'il s'est rassuré à Genève avec une troisième place, le Britannique était encore loin de son pic de forme. Battu de 23 secondes par un coureur comme Rui Costa, il s'était montré meilleur que Steven Kruijswijk et Emanuel Buchmann, deux adversaires qu'il retrouvera sur les routes du Tour en juillet.

... le souffle de Bernal dans la nuque

Mais il faudra faire encore mieux sur le Tour de Suisse dès samedi, car dans sa nuque se fait sentir le souffle de son coéquipier Egan Bernal. Lui aussi aligné sur l'épreuve, le Colombien pourrait mettre la pression sur Thomas. Du haut de ses 22 ans, Bernal a clairement été le plus fort et le plus régulier des leaders du Team Ineos cette saison. En forme dès sa première sortie en Colombie (4e du général), il a ensuite remporté Paris-Nice avant de s'offrir un podium sur le Tour de Catalogne (3e).

Alors qu'il devait être leader sur le Tour d'Italie, une blessure à la clavicule a interrompu sa préparation. Le Tour de Suisse est sa course de reprise et s'il se montre plus fort que Geraint Thomas, c'est peut-être lui qui récupérera le leadership sur le Tour de France. Car, en face, le Gallois n'a pas d'excuse. Face à une concurrence assez réduite (Enric Mas, Hugh Carthy, Simon Spilak...) et sur un parcours qui l'avantage (deux chronos), Thomas n'a pas le droit de montrer le moindre signe de défaillance.