Christian Prudhomme
Christian Prudhomme, patron du Tour de France | AFP

Christian Prudhomme: "un plateau de coureurs exceptionnel"

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Le patron du Tour de France Christian Prudhomme estime que la 102e édition de la Grande Boucle (du 4 au 26 juillet) bénéficie d'un niveau particulièrement relevé. Outre la présence de Vincenzo Nibali, Christopher Froome, Alberto Contador et Nairo Quintana, qu'il qualifie de "quatre fantastiques", Christian Prudhomme assure que les Français auront comme l'an passé un coup à jouer.

Peut-on espérer voir de nouveau des Français sur le podium ?
Christian Prudhomme:
Ce dont je suis convaincu, c'est que Jean-Christophe Péraud et Thibaut Pinot n'ont pas été deuxième et troisième du Tour de l'an passé par hasard. Ils sont très bons. On avait quatre Français dans les 11 premiers l'année dernière. Bardet, sixième l'an passé, vient de gagner une étape sur le Dauphiné. Pinot est excellent sur le Tour de Suisse. Barguil va débuter dans le Tour, et je mettrai aussi Rolland car c'est un homme du Tour, il est très bon en troisième semaine et il sera moins surveillé que les autres. Donc, sait-on jamais ! On a cinq Français qui peuvent potentiellement jouer dans les dix premiers du Tour. On a une très très belle génération, ils sont bons.

Même si les Français sont bons, d'autres coureurs seront redoutables…
C.P.:
Cette année encore, nous avons un plateau extraordinaire avec "les quatre fantastiques" (Nibali, Froome, Contador et Quintana), nous avons les deux derniers vainqueurs avec Nibali et Froome, un autre vainqueur avec Contador, et puis la petite merveille colombienne, Quintana. Toute la Colombie se dit d'ailleurs qu'il va gagner le Tour de France ! Il faut bien voir que Quintana, a fait deuxième pour son premier Grand Tour pour la 100e édition de la Grande Boucle. Il a terminé avec le maillot à pois, le blanc du meilleur jeune. Ensuite, il a gagné le Tour d'Italie, et dans son dernier grand Tour, il était en tête de la Vuelta lorsqu'il est tombé…

La France attend maintenant depuis 30 ans une victoire tricolore…
C.P.:
Cela ferait tellement plaisir à Bernard Hinault de ne plus être le dernier… Il y a un an à la même époque, à cette sempiternelle question de savoir si un Français allait gagner, je répondais non, maintenant, avec ce qui s'est passé, je ne vais pas répondre non. Bien évidemment qu'il reste les "quatre fantastiques" devant, mais rien n'est acquis d'avance. Qui aurait imaginé que Contador et Froome tomberaient l'année dernière ? Ca fait partie de la course ! Et puis ils peuvent aussi être battus d'homme à homme, les défaillances existent. Regardez le Dauphiné qui est une sorte de grande répétition du Tour de France, avec le nombre de surprises, cinq changements de maillots en une semaine, quatre leaders différents, tous les soirs on était surpris.

Quels espoirs fondez-vous sur cette édition ?
C.P.:
Je rêve d'une course à handicap, c'est-à-dire de voir les meilleurs distancés dès les premiers jours, que ce soit sur les pavés ou dans le vent. Qu'ils soient contraints de se découvrir et d'attaquer à partir des Pyrénées, ce qui donnerait une course étincelante. Mais on l'a vu sur le Dauphiné, et d'autres courses, l'aspect tactique va être prédominant. Et pour la première fois depuis longtemps, j'ai le sentiment que certains ont compris que sans attaque, point de salut. Si c'était une prophétie et pas seulement un espoir, je serai heureux !

Romain Bonte