Tour de France : Thibaut Pinot a retenu les leçons du passé et ne s'est pas fait piéger par les bordures

Publié le , modifié le

Auteur·e : Emmanuel Rupied
Pinot Gaudu

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Au terme d'un 7e étape du Tour de France haletante remportée par Wout Van Aert et marquée par de nombreux coups de force à tous les niveaux, Thibaut Pinot ne s'est pas fait avoir. A l'inversé du passé, le Français s'est montré impressionnant de maîtrise avec ses coéquipiers pour éviter les coups de bordure et prendre du temps sur certains rivaux au général.

Quand Thibaut Pinot regardera dans son rétroviseur ce vendredi soir, il pourra juger le chemin parcouru dans sa quête du Graal sur la Grande Boucle. Lors de la dixième étape de la cuvée 2019, le Français s'était fait piéger dans une bordure peu avant Albi, perdant un peu moins de deux minutes au général après avoir réalisé un début de Tour presque parfait. Un rond point pris du côté le moins roulant, cette bévue avait longtemps accompagné la rage du Franc-Comtois dans ce Tour 2019. Une erreur tactique, une faute d'expérience, qui lui avait coûté cher et obligé à cravacher pour rattraper son retard par la suite avant d'abandonner sur blessure.

La force de l'expérience

Plus d'un an est passé mais le spectre d'Albi était encore vivace ce vendredi au moment de s'élancer pour une 7e étape ouverte au vent au sein de la Groupama-FDJ. En homme d'expérience, Matthieu Ladagnous avait cependant prévenu : "Il faut éviter les pièges et mener au mieux Thibaut. Si t'es mal placé au mauvais moment, tu peux te faire piéger".  Le rouleur de 35 ans de l'équipe tricolore le sait mieux que quiconque : avant de se gagner en montagne, un Tour peut se perdre dans les plaines. Son leader a payé pour le savoir. "Au briefing ce matin, c'était grosse ambiance, personne ne rigolait : on s'est motivés comme si on partait à la guerre", avouait Valentin Madouas à l'arrivée.

Et si la journée pouvait laisser présager que les sprinteurs seraient les principaux acteurs de l'arrivée à Lavaur, il n'en a rien été. Entre coups tactiques et bordures, les turbulences ont eu lieu à tous les niveaux. C'est Peter Sagan et son pack de la Bora-Hansgrohe qui a fait un premier tri dans le peloton pour permettre à son leader de récupérer son maillot vert. "Quand Bora-Hansgrohe a mis en route, j'ai dit aux gars : faut s'accrocher, ça va pas s'arrêter, on ira comme ça jusqu'au bout", déclarait Stefan Kung, le rouleur de l'équipe spécialiste du contre-la-montre.

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Et puis c'est Julian Alaphilippe, bien aidé des Ineos-Grenadiers, qui a dynamité une bonne partie du peloton restant à une trentaine de kilomètres de l'arrivée.

Pinot mène le cours, Pogacar apprend

Principale victime, Tadej Pogacar (UAE Team Emirates), l'un des favoris pour la victoire finale, s'est fait piéger et a dû concéder un peu plus d'une minute au général sur ses rivaux. Le leader de UAE Emirates, qui participe à son premier Tour de France, a pu mesurer le chemin qu'il lui reste à parcourir pour rivaliser avec le gratin sur trois semaines.

De leur côté, les hommes de Groupama-FDJ ont bien retenu la leçon. Car cette fois, c'est pas moins de quatre coureurs de l'équipe tricolore qui se sont rapidement retrouvés en tête durant la bordure (Matthieu LadagnousValentin MadouasStefan Küng et Rudy Molard), afin d'entourer au mieux leur leader et sécuriser une fin de course compliquée. Sentant la bonne affaire, ils ont même roulé pour prêter main forte aux Ineos et offrir quelques secondes de plus à l'arrivée à leur leader aux dépens d'autres favoris. En bon garde du corps, Matthieu Ladagnous a pu savourer après la course et donner le sentiment général au sein de l'équipe : "On ne va pas se faire avoir tous les ans. On s'est fait avoir une fois, pas deux".

Alors que le début de cette cuvée 2020 du Tour de France avait commencé de la plus mauvaise de manière pour Pinot avec une chute dans les premières étapes, le spectre du passé et l'étiquette de loser magnifique ne semblent, pour le moment, plus trouver d'attache sur le dos du tricolore. Le Français a retenu la leçon. Prochain court dès ce samedi dans les Pyrénées avec deux étapes de montagne, la discipline préférée du professeur Pinot.