Sandie Clair lors des JO de 2016
Sandie Clair lors des JO de 2016 | AFP

Tokyo 2020 : Le rêve olympique brisé de Sandie Clair

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Évoluant dans l'élite mondiale depuis une dizaine d'années, Sandie Clair vient de voir sa carrière de pistarde s'arrêter brutalement. Il ne s'agit pas d'une blessure, ni d'une décision personnelle, mais celle de la Fédération française de cyclisme.

"Mon rêve était de remporter une médaille aux Jeux olympiques. Je savais que ce ne serait pas facile mais aujourd'hui je sais que c'est impossible", a-t-elle écrit lundi sur les réseaux sociaux. En cause, la décision de la Fédération d'arrêter la vitesse par équipes alors que les Françaises étaient "pour le moment qualifiées" pour les JO. La sprinteuse de 31 ans se voit également privée de tenter sa chance sur les épreuves individuelles et notamment le keirin. Récemment, la pensionnaire de l'US Créteil avait terminé au pied du podium de la spécialité, lors des Jeux européens.

De la bonne gestion des athlètes

"La délégation française compte 400 athlètes aux JO, une belle quarantaine revient avec une médaille", estime celle qui fut championne d'Europe espoirs de vitesse par équipes en 2008 et vice-championne du monde du 500 mètres en 2011. "Alors si je suis la logique que l’on m’impose (…) que faisons-nous des 360 autres non médaillés ?", s'interroge-t-elle. "Comment pouvons-nous être sûrs à 100% qu’un athlète remportera une médaille."

L'athlète pointe du doigt un véritable dilemme pour les différentes fédérations olympiques, soucieuses de ramener un maximum de médailles. Et la FFC est plus particulièrement concernée après les JO ratés de Rio. En 2016, le cyclisme tricolore n'avait ramené qu'une breloque (le bronze de la vitesse par équipe masculine), soit le pire bilan depuis 1988. Face à ce triste constat, le DTN Vincent Jacquet avait promis une remise en cause rapide. "Il n'est pas question de perdre du temps", avait-il prévenu.

Une carrière relancée après Rio

A Rio, Sandie Clair avait terminé sixième de la vitesse par équipe avec Virginie Cueff. Après cet échec, la native de Toulon, qui avait entre-temps découvert le VTT, avait souhaité se relancer. Ecartée du Pôle France fin 2016, Sandie Clair avait démontré qu'elle pouvait encore avoir sa place au plus haut niveau en s'imposant dans le keirin en Coupe de France. Surtout, lors des championnats de France de 2018, elle avait devancé en finale du 500m la championne d'Europe juniors de la vitesse, Mathilde Gros. Grâce à cette performance, elle venait de récupérer un titre qu'elle avait détenu de 2007 à 2013.

La perspective de concourir pour une médaille olympique lors des Jeux de Tokyo redevenait alors possible. Mais alors qu'elle misait encore sur elle en début d'année, la Fédération a fini par revenir sur sa décision, coupant l'élan et les espoirs de cette athlète. "Je suis triste de ne plus pouvoir pratiquer ma passion à haut niveau, de ne plus représenter mon pays lors des championnats d’Europe, du Monde et des JO", a-t-elle écrit. Mais elle a également précisé que "c’est aussi un soulagement de ne plus avoir à faire à certaines personnes qui m’ont usé moralement."