Thomas Boudat
Thomas Boudat, sur la piste. "Son premier amour" selon ses dires. | Eric Feferberg / AFP

Thomas Boudat, sur la route en attendant Rio

Publié le , modifié le

Francetv sport revient toute la semaine sur la jeune génération française, qui est amenée derrière les Bardet, Pinot, à briller les prochaines années. Quatrième épisode de cette série : Thomas Boudat, 22 ans, a déjà connu la joie que peut procurer une victoire dans un championnat du monde. C’était sur piste, en 2014. Qualifié pour Rio, le jeune coureur de Direct Energie doit en attendant se concentrer sur la route, où il affiche une belle pointe de vitesse, et forcément des ambitions.

Difficile d’imaginer que derrière ce visage poupin se cache l’avenir de l’omnium français. Thomas Boudat, tout juste 22 ans, compte déjà un titre de champion du monde sur piste dans la musette. Une sacrée performance, réalisée à l’aube de son vingtième anniversaire dans le vélodrome de Cali (Colombie). Mais le jeune homme n’est pas qu’un pistard redoutable ; ses dents, il les affûte également sur route sous les couleurs de Direct Energie.

Le jeune Aquitain est tout juste rentré de Londres et des Mondiaux sur piste, où il a terminé à la neuvième place. "On ne peut pas se satisfaire de cette place, mais mon objectif cette année c’est vraiment Rio. J’y pense depuis longtemps déjà". La qualification pour ses premiers Jeux d’ores et déjà en poche, le jeune pensionnaire de l’équipe de Jean-René Bernaudeau aimerait réaliser une performance du même acabit que son coéquipier Bryan Coquard. Ce dernier avait en effet ramené l’argent de l’omnium à Londres, mais se consacre aujourd’hui à la route.

Déjà vainqueur chez les pros

Thomas Boudat lui, n’a pas encore fait son choix. Il partage son temps entre la piste et la route. En semaine, le jeune homme se rend une à deux fois par semaine au vélodrome. « Mais quand j’ai des objectifs à préparer, j’y passe beaucoup plus de temps, aux dépens de la route. Ça devient de plus en plus difficile de concilier les deux », prévient-il. Allier la piste à la route ne présente pas que des inconvénients. Grâce à l’omnium, "La Boud’" comme il est surnommé a des atouts peu communs pour son âge. "Forcément, la piste me permet d’être meilleur en tactique, en placement… Et je suis habitué à participer à de grands événements dans cette discipline. Je gère mieux mon stress, j’apprends à mieux relativiser les choses, à prendre du recul. C’est important", confie-t-il.

L’an passé, il a réussi à remporter sa première victoire chez les professionnels : la Classica Corsica. Cette saison, en plus de Rio, l’ancien coureur de Vendée U compte bien ajouter quelques lignes supplémentaires à son palmarès, même s’il reconnaît volontiers que le niveau est "dense sur toutes les courses. Il n’y a pas de petite épreuve, il faut se battre sur toutes les courses pour être dans les premières positions". Le passage chez les professionnels a demandé une adaptation, qui a pris du temps : "ça change beaucoup. Quand tu es amateur, si tu fais attention la semaine et que tu t’entraînes bien, tu peux être devant tous les week-ends. Chez les pros, à part Sagan et Valverde, qui peut le faire ? Pas grand-monde".

"J'ai commencé à me dire que c'était possible"​

Thomas Boudat fait du vélo depuis l’âge de cinq ans. Comme tous les jeunes de son âge, il a bien sûr rêvé qu’un jour il ferait de sa passion son métier. Ça, ou travailler avec ses parents dans leur vignoble. Mais ce n’est qu’à l’adolescence que ce sprinteur y a vraiment cru : "dès que je suis rentré au Pôle de Talence, j’ai commencé à me dire que c’était possible, qu’un jour je pourrais passer professionnel". Après un hiver passé à travailler dur en vue des Jeux Olympiques, ainsi qu’un début de saison sur route enchaîné à des Mondiaux sur piste, le jeune homme aspire à un peu de repos. Pour lui, la reprise des courses se fera début avril. En attendant Rio.