Thibaut Pinot : “Le Tour de France reste l'objectif numéro un”

Publié le , modifié le

Auteur·e : Théo Gicquel
Thibaut Pinot (Groupama-FDJ)
Thibaut Pinot (Groupama-FDJ) | AFP

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Dans une longue interview sur le site de son équipe Groupama-FDJ, Thibaut Pinot est sorti de son silence pour évoquer le bouleversement du calendrier, la perspective d’un Tour de France particulier et sa gestion de de la situation actuelle. Le Franc-Comtois voit même dans ce Tour remodelé en septembre une chance supplémentaire de prendre sa revanche après son abandon en 2019.

La dernière fois que Thibaut Pinot (Groupama-FDJ) s’est montré à nous, c’était au sommet du col de la Colmiane, sur l’ultime étape de Paris-Nice, le 14 mars dernier. Devancé par Nairo Quintana (Arkéa-Samsic) et Tiesj Benoot (Team Sunweb), il avait conclu cette dernière étape sur le podium, arrachant un top 5 au général sur sa course de rentrée la plus importante. Après une pause de plus de six mois, son retour progressif a été brutalement stoppé quelques jours plus tard. Confiné comme tout le peloton professionnel, le Franc-Comtois a alors disparu des radars.

Dans une interview accordée à son équipe Groupama-FDJ, celui qui avait fugacement tutoyé les cimes en juillet dernier, se livre un mois après avoir dû poser son vélo. "Je revenais tout juste après une longue pause de six mois, ce qui est beaucoup. Une pause, c’est déjà énorme. J’ai eu du mal à revenir au niveau et j’ai peur de devoir cravacher encore plus après ce nouvel arrêt. Est-ce que les trois petits mois que j’aurai pour préparer le Tour seront suffisants ? Je l’espère, en tout cas. Pour moi, c’est certainement plus embêtant que pour les autres coureurs, car c’est ma deuxième longue pause en six mois.", explique Pinot.

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Le Tour sinon rien

Lui qui avait souhaité se retirer du monde du vélo après son abandon déchirant lors de la 19e étape du Tour avait amorcé 2020 dans des temps de passage intéressants (un top 10 au général sur chacune de ses trois courses). "Même si ça allait de mieux en mieux, notamment sur la fin de Paris-Nice, je n’étais pas à mon niveau. Je le sentais. Certes, j’arrive à faire troisième le dernier jour au sommet, mais en termes de sensations, ce n’était pas ça du tout. Il m’aurait sans doute fallu encore un petit bloc de travail avec le Tour de Catalogne voire celui du Pays-Basque pour me remettre à niveau complètement".

Le Tour de France, Pinot a dû suivre de près les fluctuations sur sa tenue. Avant la délivrance d’une nouvelle date, du 20 août au 20 septembre prochain. "Moi, j’espérais seulement qu’il puisse se dérouler avant la fin de saison, c’est tout. Fin mai, je pense qu’on saura définitivement si le Tour a lieu ou non. Je ne suis ni inquiet ni pessimiste, mais on verra simplement comment cela évolue. En tous cas, je ne pense pas que le Tour sera à nouveau décalé. S’il ne peut pas être organisé à ces dates-là, il sera purement annulé, probablement comme le reste de la saison, puisque cela signifierait que la crise n’est pas passée.", anticipe-t-il.

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Le risque que 2020 soit la première année (hors guerres mondiales) vierge de Tour de France est réel. Mais s’il a lieu, Thibaut Pinot y sera pour terminer un travail si proche d’être achevé. "Le Tour reste pour moi l’objectif numéro 1. Tous les meilleurs coureurs seront au départ du Tour de France, c’est une quasi-certitude. Je ne sais pas s’il sera pour autant plus dur qu’il ne l’aurait été en juillet. Cela dépendra de la gestion de cette crise par chacun." D’autant que l’été indien de septembre lui sera sans doute bien plus favorable que les vagues de chaleur de juillet. "Même s’il peut encore y avoir quelques chaleurs à cette période de l’année, ça n’a rien à voir avec juillet, et ce n’est pas pour me déplaire. C’est une contrainte en moins à gérer.", continue-t-il.

"Ça me permet de penser à autre chose"

Reculé à son domicile en Haute-Saône, Pinot a retrouvé le quotidien de la fin de saison, lorsque les coureurs retrouvent leur vie en dehors des circuits. "Je fais mon entraînement sur home trainer tous les jours, je m’occupe de ma maison, de ma petite ferme, je prends le temps de nourrir mes animaux. Ce que je faisais habituellement en octobre, je le fais en ce moment. Surtout, ça me permet de penser à autre chose. Au final, les journées sont bien pleines, et depuis un mois, je ne me suis pas ennuyé une minute. Je n’ai pas ce compte à rebours avant le prochain départ en course, qui se déclenchait automatiquement quand je revenais à la maison. " Pinot a néanmoins dû composer avec la maladie, puisque ses deux parents ont été touchés par le Covid-19. "Mon père l’est toujours, 25 jours après avoir été testé positif. Il y a eu des hauts et des bas. Ce n’est pas simple. Je prenais des nouvelles tous les jours, mais c’est un virus très violent, plus qu’on ne le disait au départ."

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Toujours lucide, le vainqueur du Tour de Lombardie 2018 n’angoisse pas plus que de raison sur une situation incontrôlable pour tous, où les perspectives d’un calendrier cycliste limpide restent encore brumeuses. Là où certains trépignent d’impatience de retrouver le macadam, Pinot profite simplement d’un temps rare pour les cyclistes. " J’ai encore du mal à me projeter. Nous traversons une période assez difficile, et c’est le cas aussi pour ma famille. J’ai encore du mal à parler du Tour de France ou de vélo de manière générale. Je pense que c’est la même chose pour mes coéquipiers. On aura encore le temps de se stimuler pour le Tour. Je ne m’en fais pas pour ça. D’ailleurs, quand on sera sur le Tour en septembre, on saura simplement qu’on est sur le Tour, pas qu’on est en septembre."